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Raymond Aron en 1983
Épisode 3 :

Peut-on arrêter le progrès ?

58 min

La pensée de Raymond Aron est-elle avant tout une philosophie de l'histoire ? Comment connaître l'histoire ? Comment et en quoi Aron pense-t-il qu’il peut y avoir un progrès dans celle-ci ? Et quel rôle y joue l'individu ?

Raymond Aron
Raymond Aron Crédits : Jean-Pierre Bloc - Getty

Au début des années 30, en Allemagne et face à la montée du nazisme, Raymond Aron a une révélation : comment saisir ce qui est en train de se produire ? Comment, moi, pris dans le mouvement de l'histoire, puis-je savoir ce qui se passe ? Et y a-t-il un sens à tout cela ?
C'est là l'acte de naissance philosophique de Raymond Aron, de sa pensée de l'histoire, de son sens et du progrès, avec cette question qui résonne en chacun de nous : comment comprendre son époque sans être enchaîné dans son avancée folle ?

L'invitée du jour :

Perrine Simon-Nahum, directrice de recherches au CNRS, professeure attachée au département de philosophie de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, directrice de collection chez Odile Jacob 

Penseur ou philosophe de l'histoire ?

Aron est avant tout un penseur de l'histoire. Pourquoi est-ce que j'emploie le terme penseur et non pas philosophe ? Parce que ce qu'on désigne comme des philosophies de l'histoire ce sont des systèmes de pensée dans lesquels l'histoire a un sens prédéterminé, ce qu'on appelle une orientation téléologique de l'histoire. Or Aron n'aura cessé toute sa vie de lutter précisément contre ces systèmes qui fixent un sens à l'histoire. En revanche, dire que Aron est un penseur de l'histoire me paraît tout à fait vrai, parce que ça permet de reconstituer l'unité d'une œuvre dont on a souvent dit qu'elle se fragmentait dans des domaines aussi différents que ceux de la sociologie, de la politique, et même de l'économie ou des relations internationales.            
Perrine Simon-Nahum

Comment définir une philosophie de la liberté

L'idée de sens qu'il refuse, c'est l'idée d'un déterminisme de l'histoire, que l'histoire aurait un sens qui serait déterminé à l'avance. Dire cela, comme le fait par exemple le marxisme, mais comme le font également un certain nombre de religions, qu'elles soient sacrées ou séculières (et Raymond Aron avait identifié, à travers le marxisme, une forme de religion séculière), c'est dire en réalité que l'homme n'a pas part à l'histoire, que nous sommes entièrement déterminés. Or Raymond Aron dit bien que son effort porte sur la nécessité de définir une philosophie de la liberté. Ça ne veut pas dire que l'homme soit complètement libre. Il est évident que nous sommes soumis à des contraintes extérieures qui sont celles de notre milieu, de notre histoire, de notre environnement et même des événements qui nous échappent. Mais ce que Raymond Aron essaie de faire, c'est de penser l'action de l'homme dans l'histoire, c'est à dire de penser l'homme comme un individu historique qui aurait une part de liberté à la fois dans sa vie individuelle, la plus quotidienne, mais aussi dans le sens qu'il projette à sa vie.        
Perrine Simon-Nahum

Textes lus par François Raison :

  • Raymond Aron, Mémoires, édition intégrale, éditions Robert Laffont, pages 83-84
  • Raymond Aron, Le Spectateur engagé, 1981, entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, éditions Le Livre de Poche, 2005, pages 441-443 (avec une musique de YOM, Naftule attitude)

Sons diffusés :

  • Mix de début d'émission par Louise André avec : une archive de Raymond Aron, Radio Sorbonne, 20 avril 1964 ; archive de Raymond Aron, dans l'émission Radioscopie, France Inter, 1er octobre 1976 ; extrait du film Voici venir l’orage... de Nina Companeez, 2007 ; Chanson des Pink Floyd, Time
  • Archive de Raymond Aron, dans Les Chemins de la connaissance, France Culture, 24 avril 1968
  • Archive de Maurice Merleau-Ponty, Entretiens avec Georges Charbonnier, France Culture, 12 juin 1959
  • Archive de Raymond Aron, dans l'émission Radioscopie, France Inter, 23 juin 1969
  • Géraldine Mosna-Savoye lit un extrait de Raymond Aron, Les désillusions du progrès : essai sur la dialectique de la modernité, 1969, éditions Gallimard, collection Tel, pages 284-285 (avec une musique de AIR, Space Maker)
  • Chanson de Paul & Barry Ryan, Progress
  • Chanson de fin : Bob Dylan, The Times They Are A-Changin’
Chroniques
10H52
3 min
Le Pourquoi du comment : Philo
"L’Être et le néant" peut-il se lire comme un roman ?
Intervenants
  • philosophe, directrice de recherches au CNRS, professeure attachée au département de philosophie de l’Ecole normale supérieure (ENS), directrice de collection aux éditions Odile Jacob
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