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“La normalité est une expérience plus extrême que ce que les gens veulent communément admettre.”
Épisode 2 :

eXistenZ, le jeu ou la vie ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Pour jouer à eXistenZ, c’est simple : il suffit de brancher un cordon dans le bas du dos et la réalité s’adapte d’elle-même. En 1999, le film eXistenZ nous mène dans un monde où un jeu sans début ni fin trouble les limites du réel et du virtuel : quand pénètre-t-on vraiment dans un autre monde ?

"eXistenZ" de David Cronenberg, 1999
"eXistenZ" de David Cronenberg, 1999 Crédits : UFD distribution

L’un des thèmes du film est la relativité de la morale et à un certain niveau, ce film est de la propagande existentialiste ! Il dit que nous créons notre propre morale, il n’y a pas de morale absolue qui viendrait de Dieu ou des extraterrestres, c’est nous qui l’inventons et la réinventons sans cesse au fur et à mesure que la culture, la technologie et notre compréhension de la nature humaine change. Nos valeurs évoluent en même temps et en tant que cinéaste je suis aussi un relativiste moral, je ne peux pas juger de ce qui est bien ou mal mais seulement sentir les choses et vous les montrer…        
David Cronenberg

Contemporain du film Matrix des sœurs Wachowski, eXistenZ sort en 1999 et questionne lui aussi les limites du réel, Cronenberg y interroge le lien entre technologie et existence et opère une véritable mise en abyme du jeu, du cinéma et de sa propre œuvre cinématographique.
Inspiré par la philosophie existentialiste, il mène une réflexion incarnée dans les personnages sur la différence entre le réalisme et le fantastique…
 

L'invité du jour : 

Mehdi Belhaj Kacem, philosophe et écrivain
Auteur de eXistenZ, lecture d’un film aux éditions Tristram

Les mises en abyme dans eXistenZ

Philip K. Dick, William S. Burroughs et Cronenberg ont interrogé le lien entre technologie et existence. Du début à la fin du film "eXistenZ", on ne sait même pas si on est entrés dans le jeu… En tout cas j’ai longtemps eu un doute.      
Il y a un côté très baroque dans le film où le cinéma y est mis en abyme par la forme du jeu vidéo. Mais il y a aussi une mise en abyme par Cronenberg de son propre cinéma : il récapitule ses films comme "Vidéodrome", "Crash", "Faux-semblants"... ça me fait penser à une phrase de Jeunet : "Certains génies après avoir eu du génie ont quelque chose de plus, ils savent se moquer de leur propre génie".      
Mehdi Belhaj Kacem

eXistenZ, un film existentialiste ?

À l'époque du film, Cronenberg citait beaucoup les philosophes et notamment la philosophie existentialiste. Dans son film il arrive à faire de l’angoisse un affect très différent des films de suspense ou d’horreur. Le film ne fait pas peur, c’est comme si l’angoisse était saisie par elle-même, il y a là pour moi un geste philosophique très fort très proche des réflexions de Kierkegaard et Heidegger.      
Mehdi Belhaj Kacem

Sons diffusés :

  • Extrait du filmeXistenZ de Cronenberg, 1999, sur la définition du jeu, dialogue entre le personnage d'Allegra et Jude Law
  • Archive de Cronenberg sur la relativité de la morale, France Inter, 1999
  • Extrait du film eXistenZ, discours d'Allegra
  • Extrait du film eXistenZ, dialogue entre le personnage de Ted Pikul et Gus le mécano
  • Lecture d'un texte de Roger Caillois, Les jeux et les hommes, 1958
    sur une musique extraite de la bande originale d'eXistenZ
  • Extrait du film eXistenZ, dialogue entre Allegra et Ted Pikul, l'entrée dans le jeu et le baiser
  • Extrait du film eXistenZ, dialogue entre Allegra et Ted Pikul au restaurant chinois
  • Chanson de fin : Saigon, Get busy

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