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“La normalité est une expérience plus extrême que ce que les gens veulent communément admettre.”
Épisode 3 :

A History of Violence, généalogie du meurtre

58 min
À retrouver dans l'émission

Dans son cinéma, Cronenberg n’hésite pas à filmer la violence, mais s’il la met en scène ce n’est pas pour l’esthétiser mais pour la questionner. Derrière la famille idéale dépeinte dans A History of Violence, la violence perce et traverse les personnages. Une question se pose : d’où vient le mal ?

"A History of Violence" de David Cronenberg, 2005
"A History of Violence" de David Cronenberg, 2005 Crédits : Metropolitan FilmExport

Je crois qu’on perd facilement de vue ce qu’est réellement un meurtre. On lit des statistiques mais ça reste des chiffres… Derrière, il y a la réalité d’un corps humain, un corps unique… Je suis athée, je ne crois pas en la vie après la mort. Si vous m’assassinez je n’irai pas au Paradis. Tuer quelqu’un c’est un acte très physique qui n’a nul autre pareil.        
Quand je montre un crime je dois montrer la réalité de tout cela. Je ne suis pas en train de faire une déclaration esthétique, je veux que le public ressente ce qu’est un corps mort.        
David Cronenberg, 2007

Après la première scène du film A History of Violence (2005), d’une violence inouïe, qui nous met face à l’assassinat d’une petite fille, Cronenberg dépeint un couple qui s’aime, des enfants épanouis, une famille heureuse absolument sans problème jusqu’à ce qu’on réalise que le personnage principal, Tom Stall incarné par Viggo Mortensen, n’est pas seulement un père doux et aimant, son passé le poursuit, celui d’un meurtrier.

Derrière les images sublimes du diptyque A History of Violence et Les Promesses de l’ombre (2007), Cronenberg questionne alors le meurtre, mais aussi le mal : un homme ou une femme peuvent-ils soudainement commettre un crime après une vie de vertu, ou bien le mal se répand-il comme par contagion de génération en génération, de corps en corps ?

L'invité du jour :

Ollivier Pourriol, philosophe et écrivain
Auteur de Cinéphilo aux éditions Fayard.

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A History of Violence, intime et épique

"A History of Violence" est un grand film d’amour, un beau film sur la famille, un film exceptionnel sur la violence, pour moi c’est le chef d’œuvre de David Cronenberg qui regroupe son amour des films de genres, qui se croisent, tout cela traité au niveau le plus intime et en même temps au niveau le plus épique. Le film raconte l’histoire d’un homme qui doit quitter sa famille pour la retrouver et la trajectoire est extraordinaire.    
Ollivier Pourriol

Cinéma et philosophie, un lien naturel

David Cronenberg construit un cinéma éthique parce que le film de genre permet de sentir ce qu’est un corps et ce qu’est la destruction d’un corps. L’utilisation du film de genre lui permet de dire des choses philosophiques très profondes sur ce qu’est un corps, une famille, la violence, le mensonge. Il y a pour moi une articulation très stricte : les films sont des fictions, des inventions qui permettent ensuite de juger sa propre vie, les films nous accompagnent et la philosophie transforme aussi la vie, le lien est simple et naturel entre les deux arts.    
Ollivier Pourriol

A History of Violence ou la transmission de la violence

"A History of Violence" et son film jumeau sorti deux ans plus tard, "Les Promesses de l’ombre", répondent à la question que posait Francis Ford Coppola dans "Le Parrain" (1972) où on ne voyait pas simplement la fabrication de la violence mais aussi sa transmission par la vengeance, un problème familial.    
Avec ce diptyque, Cronenberg montre comment la violence se transmet dans une famille, comment la famille essaie de s'isoler une bulle contre un monde extérieur violent et essaie de résoudre la question qui chez Coppola se terminait très mal, dans le Parrain on n’échappait pas à la violence et si on voulait protéger sa famille, on était obligé de devenir violent...    
Ollivier Pourriol

Sons diffusés :

  • Archive de David Cronenberg sur la destruction des corps par le crime, France Inter, 2007
    suivi de Run, Howard Shore, issu de la bande originale de A History of Violence
  • Extrait de A History of Violence : "les monstres n'existent pas"
  • Extrait de A History of Violence : célébration du héros américain et de la violence
  • Extrait de A History of Violence : chaque être contient la possibilité de la violence
  • Extrait de A History of Violence : duplicité de l'identité
  • Archive de David Cronenberg sur la violence, France Inter, 2005
  • Chanson de fin : Johnny Cash, God is gonna cut you down
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