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Qu'est-ce que l'excès ?
Épisode 3 :

Francis Bacon, un peintre de la démesure ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Francis Bacon est un peintre inclassable, une personnalité complexe à l’œuvre hors norme, tourmentée, violente, brisée, absolue. Ses toiles, aux forces contradictoires, nous placent face au mystère, elles brusquent les visages, les corps, et tordent la réalité pour la redécouvrir dans son excès.

Francis Bacon en 1987
Francis Bacon en 1987 Crédits : Raphael GAILLARDE/Gamma-Rapho - Getty

L'excès n'est pas que dans la forme, la drogue, le ton. L'excès, c'est la limite franchie par la vie quand elle sort de la mesure illusoire qu'on aime lui prêter.
L'excès comme toile de fond dionysiaque et violente derrière le voile pudique que l'on recouvre pour mieux tenir bon, l'excès comme l'existence qui choque, et que le peintre Francis Bacon essaie de reproduire sur la toile...

L'invité du jour :

Yves Peyré, écrivain, poète et essayiste

Retrouvez les oeuvres de Francis Bacon dans l'exposition Bacon en toutes lettres, au musée national d'art moderne Centre Pompidou à Paris jusqu'au 20 janvier 2020.

Une énigme à venir

Je pense qu’avant de faire un tableau, malgré l’esquisse vague que Bacon traçait, il ne savait pas trop où il allait, il était face à une énigme à venir, un mystère qu’il devait cerner. Conduire l’œuvre vers elle-même ou à elle-même c’est trouver ce mystère, c’est être face à lui définitivement. Le problème de Bacon était que souvent, ayant trouvé le mystère, il voulait aller encore plus loin et parfois il gâtait son œuvre, il pouvait détruire un chef-d’œuvre. C’est en ce sens que l’excès était à ce moment-là négatif.    
Yves Peyré 

Il ne veut rien dire mais il avoue 

Bacon est toujours fait de tensions, de forces très contradictoires. Par exemple, il ne veut rien dire mais il avoue…    
Yves Peyré 

La réalité nue 

Il faut faire surgir dans l’univers quotidien quelque chose qui est inattendu et c’est ça l’idée de Bacon, même plus que son idée c’est sa pratique. Il tord les visages, il brutalise les corps, c’est en ce sens qu’il est réaliste et qu’il échappe à tout réalisme. Il est dans une ellipse du fait pour atteindre la brutalité du fait. Il n’est pas du tout abstrait mais il n’est pas du tout un figuratif simple. Il est quelqu’un qui tord la réalité pour la redécouvrir dans sa nudité, dans sa profondeur, dans son excès.    
Yves Peyré

Textes lus par Daniel Mesguich :

  • Extrait de L'Héautontimorouménos, de Charles Baudelaire, dans Les Fleurs du mal, Spleen et idéal, 1857
  • Extrait de La Naissance de la tragédie, de Nietzsche, 1872, dans les Oeuvres complètes, éditions Gallimard bibliothèque de la Pléiade, traduction de Philippe Lacoue-Labarthe

Sons diffusés :

  • Chanson de Boris Vian, Les joyeux bouchers
  • Archives radio de Francis Bacon, le 09/07/1975 et 21/01/1977 et une archive de l'émission Les arts et les gens du 19/10/1987
  • Archive de Michel Leiris, France Culture, 24/01/1968
  • Lecture d'Adèle Van Reeth d'un extrait de L'Erotisme, de Georges Bataille, avec une musique de Pheeroan AkLaff, 3 in 1
  • Chanson de fin : The Rolling Stones, It's all over now

Chroniques

10H55
5 min

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