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Des Dervich tourneurs à Konya lors de la commémoration du 744ème anniversaire de la mort de Rûmî (9/12/2017)
Épisode 2 :

La poésie amoureuse, une anti-philosophie

59 min
À retrouver dans l'émission

"Dans l'amour, le vaillant, c'est celui qui lorsque l'amour l'attaque, capitule." Djalil al Dîn Rûmî.

Des Dervich tourneurs à Konya lors de la commémoration du 744ème anniversaire de la mort de Rûmî (9/12/2017)
Des Dervich tourneurs à Konya lors de la commémoration du 744ème anniversaire de la mort de Rûmî (9/12/2017) Crédits : MURAT ONER TAS / ANADOLU AGENCY - AFP

1ère diffusion le mardi 12 décembre 2017

L'amour mérite-t-il tous les sacrifices ? Faut-il aimer à perdre la raison ? A en croire la poésie persane, l'amour est une expérience mystique... Irrationnel ? hérétique ? Qu'est-ce que le soufisme ?

Leili Anvar, traductrice, auteur d'une précieuse introduction à l’œuvre de Rûmî, nous envoute par sa lecture des premiers poètes soufis, de Farid Eddin 'Attar au disciple de Shams. 

Le texte du jour

Éloigné de Leyli, Majnûn souffrait tellement

Que son corps brusquement tomba malade

Tout son sang bouillonnait dans le feu du désir

Ainsi, ce pauvre fou en eut une diphtérie

Un médecin vint le voir pour trouver un remède

Et il lui prescrivit aussitôt une saignée : (…)

Mais en voyant cela, l’amoureux s’écria :

« Prends tes gages et va-t-en ! Cesse cette saignée !

Et si je meurs, qu’importe, que la tombe me prenne ! »

« Mais de quoi as-tu peur, lui répondit l’expert

Toi qui ne crains pas même le lion dans les grands bois ?

[...] Et Majnûn répondit : « Je ne crains pas ta lame

J’ai plus de résistance que le roc des montagnes

Comme amant, je recueille en mon sein les souffrances

Je suis indifférent et toujours en errance

Et il faut à mon corps les coups et les blessures

Mais voilà, de Leyli, tout mon être est rempli

Ma coquille recèle les beautés de cette perle

Et j’ai peur, ô saigneur, qu’en faisant ta saignée

Tu ne viennes à blesser Leyli avec ta lame

La raison, celle qui sait et illumine le cœur 

Sait bien qu’entre elle est moi, il n’est pas de distance.

Rûmî, Masnavi, V, 2001-2022, traduit par Leili Anvar dans Rûmi ou la religion de l’Amour, Seuil

Lectures

Attar, Le cantique des oiseaux, traduction de Leili Anvar, éd. Diane de Selliers

Rûmî, Divan de Shams, Ghazal 101, trad. Leïli Anvar, dans Rûmi, Entrelacs

Rûmî, Masnavi, V, 2001-2022, traduit par Leili Anvar dans Rûmi ou la religion de l’Amour, Seuil

Rûmî, Quatrains : Le Citoyen de l’Universel

Extrait

Archive Henry Corbin : Pierre Sipriot interroge Henry Corbin

Références musicales

"Dar acheghi - L'amour", poème de Rûmî, mis en musique par Ali Reza Ghorbani

Kassayi, Dastgah of homayoun

Djamchid Chemirani, Improvisation à 6 temps (zarb)

Ali Reza Ghorbani, La fée lumière, Poème de Rumi 

Retrouver 3 ouvrages de Leili Anvar et Frédéric Lenoir dans la collection Les Racines du Ciel – France Culture / Albin Michel:

Oser l'émerveillement

Voix d'espérances

Sagesses pour notre temps

Bibliographie

Intervenants
  • maître de conférences à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, et chroniqueuse au Monde des Religions
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