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Elisabeth de Fontenay en 2016
Épisode 25 :

Élisabeth de Fontenay, philosophe de la cause animale

58 min
À retrouver dans l'émission

Portrait d'Élisabeth de Fontenay, philosophe, dont l'oeuvre est traversée par des questionnements sur la condition animale, la mémoire de la Shoah et récemment le handicap de son frère : comment est-elle venue à cette philosophie de la marginalité ? Quels rôles y ont joué ses amitiés, son héritage ?

Elisabeth de Fontenay en 2016
Elisabeth de Fontenay en 2016 Crédits : Robert DEYRAIL - Getty

Les Chemins de la philosophie du vendredi vous emmènent chaque  semaine à la rencontre de ceux qui ont fait de la philosophie leur métier.

La philosophie est-elle une vocation ? Comment viennent les  idées ? Comment se fabrique un concept ? À quoi ressemble l'atelier du  philosophe ? Et quel rôle le philosophe doit-il jouer dans la cité ?

L'invité du jour :

Élisabeth de Fontenay, maître de conférences émérite de philosophie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Élisabeth de Fontenay naît en 1934 dans une famille catholique, d’un père résistant de la première heure et d’une mère juive convertie au catholicisme. Baptisée à ses 5 ans, elle se convertit au judaïsme à ses 22 ans et en retranscrit l’expérience dans son livre Actes de naissance paru en 2011.
En 1959, elle obtient l'agrégation de philosophie. Elle enseigne au lycée puis devient l'assistante de Vladimir Jankélévitch.
1998 marque l'année de la parution du Silence des bêtes : la philosophie à l'épreuve de l'animalité, une oeuvre qui porte les problématiques d'une vie, inspirée par les philosophes de l’Ecole de Francfort.

Travailler sur la question animale

Il y a un psychisme animal et un psychisme humain. Le psychisme est ce qui veut dire en grec « l’âme ». Le concept de psychisme existe chez Aristote, chez Leibnitz et dans les leçons au Collège de France de Merleau-Ponty. Le concept ici c’est le psychisme, c’est ce qui peut faire le lien entre les animaux et les hommes. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas une coupure, je ne suis pas antispéciste. Je pense qu’il y a une singularité humaine, que le langage articulé en est la marque, la responsabilité. Je suis darwinienne, je suis évolutionniste, je suis pour la continuité. Mais j’avais le sentiment que la chose à faire pour être bien dans les interstices, pour être bien dans les marges, c’était de travailler sur la question animale. Pas spécialement sur la question des femmes, mais sur la question animale !  
Élisabeth de Fontenay

Rester en marge

Je suis une sang-mêlée, avec un père normand et une mère juive-russe. Cela créé un tas de contradictions, d’étincelles, ça rend plutôt intelligent que pas, et cela donne envie de ne pas être dans le droit fil de la tradition, à aucun point de vu. Cela a été une grande joie, une façon de n’être jamais là où l’on me mettait, et en même temps certainement une difficulté sociale.  
Élisabeth de Fontenay

Ne pas faire des « hémorragies de sens »

Je ne suis pas pour le « tout » et l'infini en philosophie. J’essaie justement de fracturer. Je suis matérialiste, j’essaie de l’être, c’est très difficile. Ça signifie de ne pas croire au sens, de ne pas faire des « hémorragies de sens » comme dit Nietzsche. Je ne suis pas du tout pour un matérialisme positiviste, réductionniste, j’ai horreur de ça. Le matérialisme, c’est refuser le sens, refuser l’interprétation. Et la philosophie consiste à veiller sur cette résistance. Chez moi c’est une résistance car tout me porte à trouver du sens. Sauf que n’ayant pas de religion, pensant qu’il n’y a rien après la mort, c’est une manière d’être matérialiste. Je m’accorde parfois le droit de céder, comme en écrivant « Gaspard de la nuit » parce qu’il fallait que je survive.  
Élisabeth de Fontenay

Sons diffusés :

  • Question de Jankélévitch : à quoi sert la philosophie ?
  • Dernier lied des Quatre derniers lieder de Richard Strauss, interprété par Elisabeth Schwartzkopf
  • Extrait du film Koko, le gorille qui parle de Barbet Schroeder, 1978
  • Générique de l'émission Répliques d'Alain Finkielkraut sur France Culture
  • Lecture d'un texte de Victor Hugo dédié à son frère Eugène V. Hugo décédé en 1837
  • Musique de Lambert, Sweet Apocalypse
  • Chanson de fin de Poom, Il n'y a pas d'amour heureux

Rediffusion de l'émission du 26 octobre 2018

Chroniques
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5 min
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