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Claudine Tiercelin
Épisode 10 :

Claudine Tiercelin, philosophe de l'abstraction

58 min
À retrouver dans l'émission

Portrait de Claudine Tiercelin, passionnée par la théorie et l’abstraction, fidèle à la pensée de Jacques Bouveresse et qui pense le métier de philosophe comme une forme d’ascétisme et son enseignement, avec gravité et autorité.

Claudine Tiercelin
Claudine Tiercelin Crédits : Pauline Darvey - Radio France

Les Chemins de la philosophie du vendredi vous emmènent chaque  semaine à la rencontre de ceux qui ont fait de la philosophie leur métier.

La philosophie est-elle une vocation ? Comment viennent les  idées ? Comment se fabrique un concept ? À quoi ressemble l'atelier du  philosophe ? Et quel rôle le philosophe doit-il jouer dans la cité ?

L'invitée du jour :

Claudine Tiercelin, philosophe, professeure au Collège de France, membre de l’Institut, Académie des sciences morales et politiques.

Philosophe, un métier d'ascète

Quand on enseigne la philosophie, on doit le faire avec une certaine gravité et une certaine autorité aussi. On ne doit pas avancer masqué. Cela suppose, pour être sûr des choses que l’on veut transmettre, un minimum de compétence, de passer un temps certain à se rendre apte à ce métier. Il faut y consacrer beaucoup de temps, d’énergie, je ne suis pas opposée à l’idée d’une forme d’ascétisme du métier de philosophe.      
Claudine Tiercelin

À 16 ans j'ai été subjuguée par ce que dit Spinoza au début de son "Traité de la réforme de l'entendement" : il avait beau savoir que c’est en réfléchissant qu'il parviendrait à un bien véritable, il avait du mal à s’y mettre. C'est comme la situation du malade obligé de trouver un remède. Pour Spinoza, toutes les autres choses auxquelles il s’intéressait n’étaient pas des vrais biens. Il se rendait compte que c’était dur de réfléchir à fond. Pourquoi alors une ascèse du philosophe ? Parce qu'il y a des moments difficiles où on sait qu’il faut réfléchir à fond, et petit à petit, au terme d’une ascèse, ces moments deviennent quelque chose de naturel.      
Claudine Tiercelin

L'attraction de la théorie et de l'abstraction

Ce qui m’a toujours passionnée dans la philosophie c’est l’impression que quand je m’attelais à une question, j’arrivais à faire des progrès minuscules dans la pensée au bout d’un moment et alors, je me situais mieux dans le monde. Je ne sais pas si on peut appeler cela la recherche de la vérité mais je n’ai pu que faire ce constat : après des moments dans le brouillard, les choses finissaient par prendre forme. Je suis attirée pathologiquement par la théorie et l’abstraction !      
Claudine Tiercelin

Les philosophes et les agriculteurs ? Ils labourent...

Pourquoi faudrait-il considérer qu’il y ait précisément des différences entre ce que fait l’agriculteur et ce que fait le philosophe ? Dans les deux cas, ils labourent... Ils labourent des territoires différents mais au fond ça revient à la question de la connaissance pratique, est-ce qu’il est aussi certain que la connaissance ce soit simplement le fait d’être en mesure d’évoquer un certain nombre de propositions vraies, de dérouler uniquement des arguments ou des raisons ou est-ce que ça ne serait pas aussi être en mesure de faire preuve de "phronesis", c'est-à-dire de prudence ou de sagacité, de discernement ?      
Claudine Tiercelin

Sons diffusés :

  • Archive de Jacques Bouveresse, Cinq colonnes à la une, 1968
  • Archive de Pierre Bourdieu, Hors Champs (France Culture), 2011
  • Musique de Haendel, Menuet en sol mineur
  • Antoine Boesset, maître musicien à la cour du roi Louis XIII, Nos esprits libres et contents, 1609

Chroniques

10H55
5 min

Le Journal de la philo

Traité anti-sentimental
Intervenants
  • philosophe, professeure au Collège de France, membre de l’Institut, Académie des sciences morales et politiques

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