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Baruch Spinoza
Épisode 3 :

"La béatitude n’est pas le prix de la vertu, mais la vertu elle-même"

58 min
À retrouver dans l'émission

Spinoza le dit dans l’Ethique : ce livre est un manuel de béatitude. À la fin, le lecteur découvre que celle-ci n’est pas une récompense, mais la vertu même… Mais qu’est-ce qu’une vertu quand le bien et le mal n’existent pas. Comment l’obtenir ? Quelle différence entre la béatitude et la joie ?

La béatitude, une joie éternelle ?
La béatitude, une joie éternelle ? Crédits : CSA images - Getty

L'invitée du jour :

Julie Henry, maîtresse de conférences en Philosophie à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, spécialiste de la philosophie spinoziste, de la relecture d'enjeux contemporains en santé depuis l'histoire de la philosophie moderne, et d'éthique des pratiques de soins et des pratiques de recherche, et membre du laboratoire Triangle (Action, Discours, Pensée politique et économique)

La fin nous inviterait-elle à continuer ?

La fin nous fait comprendre tout le chemin sur lequel nous a accompagnés Spinoza pendant les quatre premières parties de l’Ethique. La béatitude n’est pas la récompense de la vertu mais la vertu même : la fin n’est pas quelque chose qui était au loin devant nous, qu’on espérerait atteindre… mais quelque chose qui nous avait accompagnés, et c’est peut-être ça le premier lien entre la joie et la béatitude, si la joie est le passage à une perfection supérieure, justement, elle nous a accompagnés tout au long du chemin avec l’idée que la béatitude n’est pas ce dans quoi on va s’arrêter, comme si nous allions nous poser et qu’après nous serions en repos éternel, mais quelque chose qui nous avait guidés, qui nous guide encore tout au long de l’Ethique… La fin de l’Ethique c’est presque un début, qui nous invite à continuer.  
Julie Henry

Le sage et l'ignorant se valent-ils ?

Dans la fin de l’Ethique, Spinoza parle de chemin. Il ne nous montre pas ce à quoi on doit ressembler mais une forme de voie dans laquelle on peut entrer, dont il dit qu’elle est difficile, et difficile aussi pour les sages. Les sages sont aussi des hommes mais le sage et l’ignorant ne se valent quand même pas : les ignorants ne sont pas des sous-être humains mais il est vrai que c’est comme s’il nous invitait à cheminer avec lui, il nous prend comme par la main pour progresser avec lui.  
Julie Henry

Une joie éternelle

Comme la joie est le passage vers une perfection supérieure et que la béatitude c’est la perfection, c’est comme si la béatitude était une forme de joie entrée dans l’éternité, c’est une joie qui ne connaîtrait plus de variations, d’augmentations, elle serait elle-même perfection. D’où cette question : peut-on rencontrer la béatitude en ce monde ? Question qui ne peut se comprendre qu’à la condition de se dire oui, mais de la même façon qu’on rencontre l’éternité, ce n'est pas quelque chose qui se construit par degrés mais c'est de l’ordre de la rencontre…  
Julie Henry

Texte lu par Georges Claisse :

  • Extrait de l’Éthique III, de Spinoza, proposition 42 et scolie, 1677 (posthume), traduction Bernard Pautrat, Points Seuil, 1999, p. 561

Texte lu par Eric Herson-Macarel :

  • Extrait de l’Éthique III, de Spinoza, proposition 11 et scolie, 1677 (posthume), traduction de Bernard Pautrat, éditions Points Seuil, 1999, p. 231

Sons diffusés :

  • Chanson de Mark Murphy, Jump for joy
  • Chanson de Patti Labelle, Joy to have your love
  • Musique de John Dowland, Fine knacks for ladies

Chroniques

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5 min

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Intervenants
  • maîtresse de conférences en Philosophie à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, membre du laboratoire Triangle
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