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Léonard de Vinci
Épisode 2 :

"La Sainte Anne"

58 min
À retrouver dans l'émission

Le mystère de la vie est un thème cher à Léonard de Vinci, et son tableau intitulé Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant jouant avec un agneau, dite La Sainte Anne, en est une des illustrations.

"La Sainte Anne" de Léonard de Vinci
"La Sainte Anne" de Léonard de Vinci Crédits : Wikicommons

Mystère de la vie du Christ bien sûr, qui, sur la toile, est ce petit enfant qui joue à terre avec un agneau. Les mystères de la vie en général, sa continuation biologique et sa manifestation anatomique, autant de détails présents dans ce tableau. Mais le mystère de la vie, c’est d’abord celui de la vie de Léonard de Vinci…

L'invité du jour

Jacques Darriulat : ancien enseignant en philosophie en classes préparatoires au lycée Henri IV puis à la Sorbonne, auteur du site http://www.jdarriulat.net qui met à disposition, depuis 2007, trente années de cours dispensés durant sa vie aux étudiants de Paris IV ou aux étudiants des classes de terminale ou de lettres supérieures du lycée Henri IV à Paris, auteur d'un cours sur Léonard de Vinci en janvier 2005

Non finito

Cette œuvre est extraordinairement riche, il y a beaucoup d’ambiguïtés. Le charme des tableaux de Léonard c’est bien souvent leur ambivalence. Il y a eu une querelle entre les historiens d’art et un essai de Freud  sur ce tableau. Nous avons à notre disposition un carton, une esquisse qui se trouve à Londres et qui nous permet de comprendre la première composition de ce tableau qui a évolué. Les formes chez Léonard sont en perpétuelle évolution. On peut dire que Léonard ne finit jamais un tableau. C’est Valery qui demandait : Quand un tableau est-il fini ? Il n’est jamais fini en fait. C’était le style non finito, c’est-à-dire que pour finir un tableau il faut savoir ne pas le finir sinon on dissipe le charme du tableau.          
Jacques Darriulat

Le visage et son double 

Ce tableau est le fruit tardif d’une longue méditation sur la généalogie de Jésus, la grand-mère, la mère et l’enfant qui a occupé Léonard jusqu’à la fin de ses jours. Les deux silhouettes sont fusionnelles et le motif des drapés donne une espèce de tourbillon presque liquide, fluide qui permet davantage aux corps de se mêler. Dans le carton de Londres, la première esquisse de ce tableau, on a l’impression d’un tronc commun duquel ce détache deux visages, celui d’Anne et celui de la vierge qui se regardent et se font face, un peu comme un visage et son double dans un miroir, c’est un thème capital chez Léonard.          
Jacques Darriulat

L'univers est un nœud infini

Le mouvement chez Léonard c’est toujours celui du don, de l’offrande, de la même façon que le dessin apparaît à partir d’un magma de traits. C’est très frappant la première esquisse que nous ayons de ce tableau car elle est pratiquement illisible, c’est un gribouillis, c’est un nœud, il faisait des nœuds d’une science extraordinaire, il avait fait des dessins de nœuds que Dürer a copié. L’univers, la vie est un nœud infini et le dessin est une espèce d’enchevêtrement de lignes duquel va naître peu à peu la forme si bien que le mouvement c’est toujours ce mouvement chez Léonard, c’est une forme qui est comme une sorte de double spéculaire qui sort des ténèbres, c’est tout le sens du sfumato.          
Jacques Darriulat

Texte lu par Vincent Schmitt :

  • Freud, Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, Gallimard, 1909

Sons diffusés :

  • Musique de Couperin, Les Lys naissants, Pièces de clavecin livre III 13° ordre en si min, interprété par Tatiana Zelikman (Fondamenta)
  • Lecture des Carnets de Léonard de Vinci, France Culture, 1973
  • Fiction sur Léonard de Vinci, France culture, 1987
  • Chanson de Ray Charles, Mary Ann
Intervenants
  • ancien enseignant en philosophie en classes préparatoires au lycée Henri IV puis à la Sorbonne, auteur du site http://www.jdarriulat.net
L'équipe
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Avec la collaboration de
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