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Schopenhauer
Épisode 4 :

Penser par le corps

58 min
À retrouver dans l'émission

Le corps parce qu'il est au plus près de notre expérience quotidienne du monde, devient la clé de l'énigme. Grâce à lui, nous retrouvons un accès à la connaissance.

Portrait du philosophe allemand Arthur Schopenhauer (1788-1860)
Portrait du philosophe allemand Arthur Schopenhauer (1788-1860) Crédits : ©Isadora/Leemage - AFP

Selon Schopenhauer, le plus grand mérite de Kant fut de distinguer le phénomène de la chose en soi. Mais refusant l'impératif kantien d'une connaissance inaccessible, Schopenhauer en prit le contre-pied. 

Le texte du jour

« Si nous considérons le génie d’un point de vue somatique, nous le voyons conditionné par plusieurs propriétés anatomiques et physiologiques qui, isolément, sont rarement parfaites, se trouvent encore plus rarement toutes réunies, mais sont toutes absolument indispensables, raison pour laquelle le génie n’existe que comme une exception totalement isolée, voire monstrueuse. La condition fondamentale, c’est une prépondérance anormale de la sensibilité sur l’irritabilité et sur la faculté de reproduction, plus précisément, ce qui complique l’affaire, dans un corps masculin (les femmes pouvant avoir un talent considérable, mais pas de génie, car elles restent toujours dans le subjectif). De même, le système cérébral doit être entièrement séparé et parfaitement isolé du système ganglionnaire, en sorte de s’y opposer franchement, suite à quoi le cerveau sera capable de mener dans l’organisme sa vie de parasite de manière bien nette, séparée vigoureuse et indépendante. Il est vrai qu’il ne tardera pas à exercer une influence hostile sur le reste de l’organisme qu’il épuisera prématurément par sa vie intensifiée et par son activité infatigable (…). Il faut même un bon estomac en raison du consensus spécifique et étroit entre cette partie et le cerveau. Mais le cerveau doit surtout avoir un développement et une taille inhabituels, et être particulièrement large et haut ; la profondeur, par contre, sera moins importante, et le cerveau aura une prépondérance anormale sur le cervelet. Si sa forme tant globale que partielle importe sans aucun doute beaucoup, nos connaissances sont encore insuffisantes pour déterminer cette forme avec précision, bien que nous puissions reconnaître aisément la forme d’un crâne indiquant une intelligence noble et élevée. »

Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation (1819), Livre III, Chapitre 31 : Du Génie (Trad. de l'allemand par Marianne Dautre, Christian Sommer et Vincent Stanek), Folio Gallimard, 2009, p. 1772 et 1773. 

Lectures 

Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation (1819), Livre II, Paragraphe 18 : L’Objectivation de la volonté, Folio Gallimard, p. 243

Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation (1819), Livre III, Chapitre 31 : Du Génie (Trad. de l'allemand par Marianne Dautre, Christian Sommer et Vincent Stanek), Folio Gallimard, 2009, p. 1772 et 1773. 

Arthur Schopenhauer, Compléments du livre IV du Monde comme volonté et représentation (1819), Chapitre 44 : Métaphysique de l’amour sexuel, Folio, 2009, p.1982 à 1984.

Extrait

L’amour dure trois ans, film de Frédéric Beigbeder (2011) 

Référence musicale

Bloodhoung Gang, The bad touch

Chroniques

10H55
5 min

Le Journal de la philo

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Intervenants
  • professeur de philosophie en classes préparatoires (CPGE) à Paris
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