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Hitchcock, "Fenêtre sur cour", par Raoul Fladoc
Épisode 4 :

Hitchcock, "Fenêtre sur cour"

58 min
À retrouver dans l'émission

En 1955 sort au cinéma "Fenêtre sur cour" d'Alfred Hitchcock : un homme accidenté est contraint de rester chez lui, il observe depuis sa fenêtre les histoires de couple de ses voisins et toutes ces figures de l’amour. Hitchcock, au travers de son personnage, questionne le désir de regarder...

Hitchcock, "Fenêtre sur cour", par Raoul Fladoc
Hitchcock, "Fenêtre sur cour", par Raoul Fladoc Crédits : © Raoul Fladoc

Merci à Raoul Fladoc (Insta @raoulfladoc) pour son illustration pour Les Chemins de la philosophie.

De l’autre côté de la cour, vous avez chaque genre de conduite humaine, un petit catalogue des comportements.                    
Alfred Hitchcock à François Truffaut dans un livre d'entretien paru aux éditions Gallimard en 1993

Produit et réalisé par Alfred Hitchcock d’après une nouvelle de Cornell Woolrich sous le pseudonyme de William Irish, Read Window, dans son titre original, sort en 1954 aux Etats-Unis et en 1955 en France.
L. B. Jeffries, interprété par James Stewart, accidenté, se retrouve contraint à rester chez lui. De sa fenêtre, il observe ses voisins… Le décor pour ce film, réalisé par Marc Johnson, est le plus cher de son époque : Hitchcock imagine et fait créer une façade d’immeuble où tous les intérieurs des appartements voisins sont observables.
L’histoire est principalement racontée depuis le point de vue de Jeff, le spectateur se plonge dans le regard du personnage et devient lui aussi voyeur, l’immeuble voisin devenant lui-même un écran… Que s'y passe-t-il ? Que vivent les voisins de Jeffries ?

L'invitée du jour :

Carole Desbarats, ancienne directrice des études de la Fémis, l'Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son, collabore à la revue Esprit.

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La fascination pour la vie des autres, une forme de voyeurisme ?

Alfred Hitchcock est réaliste en disant que nous sommes tous des voyeurs comme le personnage du film Fenêtre sur cour, Jeffries. Chaque personnage du film est soumis au désir de voir. Il y a une perversité dans la mise en scène parce que Hitchcock fait ce qu’il appelle lui-même de la direction de spectateur : la mise en scène concerne les personnages, le décor, la musique, mais aussi nous en tant que spectateur, nous sommes menés par le bout du nez d’un espace à l’autre et on nous propose, comme aux personnes du film, de regarder, et nous ne résistons pas.
Carole Desbarats

Une perversité hitchcockienne ?

Le personnage de l’infirmière offre un exemple de la perversité hitchcockienne. Cette femme démontre d’une jugeote présentée comme du bon sens populaire dont se moque Jeffries. Elle dit que les gens devraient sortir de chez eux et se regarder eux-mêmes, ça les changerait, ça serait une bonne philosophie. Elle dit la vérité du film : que les gens sont voyeurs, que c’est puni par la loi, que tout le monde y succombe, elle porte directement la question de la loi et de la morale. Mais que fait Hitchcock une fois qu’il vous a dit l’essentiel et le cœur du film ? Il recouvre alors ce béton du bon sens populaire par une décrédibilisation : l’infirmière présente un raisonnement qui va jusqu’au complotisme ce qui permet à Hitchcock de dédouaner son récit de la loi morale qu’il a lui-même mis en place dans la bouche de l’infirmière. Pour moi c’est là qu’est la perversité.
Carole Desbarats

Observer les déboires de la vie

Hitchcock fait se poser au spectateur cette question : pourquoi suis-je émoustillé devant le fait de voir les fenêtres d’en face, pas simplement la jeune fille en bikini mais aussi Miss Lonely Heart, la pauvre célibataire qui se fait des dîners à deux avec un amoureux imaginaire, voir alors la tristesse et les déboires de ses voisins. Dans un premier temps, avant de rencontrer Hitchcock, François Truffaut avait été très dur avec "Fenêtre sur cour" qu’il trouvait très cruel parce qu’il présentait l’humanité dans des actes de déchéance.
Carole Desbarats

Sons diffusés :

  • Archive d'Alfred Hitchcock sur le voyeurisme, entretien avec François Truffaut en 1963
  • Plusieurs extraits du film Fenêtre sur cour d'Alfred Hitchcock
  • Chanson de fin : Nat King Cole, Mona Lisa

Chroniques

10H55
5 min

Le Journal de la philo

Jane Austen, philosophe du sentiment

Bibliographie

Fenêtre sur courCarlotta Films, 1955

Intervenants
  • Directrice artistique des rencontres nationales du Havre sur les séries.
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