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Ahmad Jamal, en France pour "Jazz in Marciac" en 2016

Ahmad Jamal et "Le vénérable W"

9 min
À retrouver dans l'émission

"Marseille", nouvel album du pianiste américain, légende du jazz, et le nouveau film de Barbet Schroeder.

Ahmad Jamal, en France pour "Jazz in Marciac" en 2016
Ahmad Jamal, en France pour "Jazz in Marciac" en 2016 Crédits : Rémy Gabalda - AFP

"Marseille", Ahmad Jamal

Le coup de cœur de cette semaine c’est le nouveau disque du grand pianiste de jazz Ahmad Jamal.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Ahmad Jamal est une légende du jazz. Il le sait, et le dit : « J’ai partagé la scène avec Duke Ellington à Carnegie Hall, à New York, en 1952, avec Charlie Parker, Billie Holiday, Stan Getz, Dizzy Gillespie. Je suis le seul encore en vie. Je suis un monument vivant. »

Miles Davis et Herbie Hancock se diront influencés par lui, et on dit même qu’il serait le musicien de jazz le plus samplé de l’histoire du rap, en particulier avec son célèbre morceau « Awakening ».

Avec Marseille, son dernier album sorti hier chez Pias, Ahmad Jamal a choisi de rendre hommage à la cité phocéenne, qu’il aime tout particulièrement. Le titre et le disque sont nés en août 2016, au festival Jazz in Marciac, où Ahmad Jamal est sorti de sa retraite, lui qui, à presque 87 ans, se produit extrêmement rarement sur scène, et où il a donc donné un concert exceptionnel pour un festival qu’il juge unique. C’est à cette occasion que le morceau emblématique « Marseille » a été créé, dans deux versions, l’une avec le rappeur Abd Al Malik qui était son invité surprise, l’autre avec la chanteuse de jazz Mina Agossi. Mais c’est aussi son amour pour la France qu’exprime le grand pianiste américain, la France où il vient depuis 1963 et où on le retrouvera cet été, d’abord à Marseille, évidemment, où il sera lundi et mardi à l'Opéra dans le cadre du Festival Marseille Jazz des Cinq Continents, puis le 30 juin (deux jours avant son 87e anniversaire), au Théâtre Antique de Vienne pour Jazz à Vienne. Il passera ensuite le 14 novembre à Paris, au Palais des Congrès.

"Le vénérable W"

Le vénérable W est le nouveau film de Barbet Schroeder, "W" pour Wirathu, du nom de ce moine bouddhiste qui sévit en Birmanie et dont le Time en 2013 avait fait sa Une en parlant de « The face of Buddhist Terror ». Je dis « sévit » parce que c’est bien de ça qu’il s’agit : ce moine est la figure de l’ultranationalisme raciste et du fondamentalisme en Asie, connu pour ses prêches islamophobes et ses incitations à la haine raciale qui lui ont valu huit ans d’emprisonnement. Ses ennemis principaux sont les minorités musulmanes (4% de la population) qu’il accuse de tous les maux, encourageant les populations birmanes à les chasser, ou pire, si bien que les lynchages et les incendies de villages où vit la minorité rohingya se multiplient.

Le film de Barbet Schroeder est un grand film qu’il faut absolument voir, non seulement parce qu’on y découvre des faits actuels totalement ignorés de nos contrées, mais aussi parce qu’on y voit à l’œuvre ce que les chercheurs et les artistes ont mis en lumière dans l’Allemagne nazie, au Cambodge, au Rwanda, et que Rithy Panh a appelé « la machine », à savoir l’engrenage de la haine au nom d’une idéologie, et la mise en place d’une véritable organisation au service de l’élimination d’un peuple.

Avec ce film, Barbet Schroeder s’interroge aussi de façon personnelle sur les mécanismes du mal, sur ce qui fait qu’un peuple en arrive à oublier les préceptes d’une religion comme le bouddhisme pacifique, tolérante, non-violente, et qui enseigne à vivre sans haine. Il s’en explique dans un court-métrage qu’on peut voir avant Le vénérable W et qui permet de comprendre la genèse de son film.

Et il semblerait que l'écho international de ce documentaire, qui a été présenté au dernier Festival de Cannes, a eu un impact sur la vie politique birmane, puisque trois jours après sa projection en séance spéciale, le mouvement dirigé par Wirathu a été interdit en Birmanie.

Le centre Pompidou consacre une rétrospective des films de Barbet Shroeder jusqu’à demain.

A voir également, l'article du Monde sur Ashin Wirathu et le documentaire de Barbet Shroeder.

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