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L'affiche du film "L'Opéra", de Jean-Sébastien Bron

De l’art de dire des conneries, Inna de Yard et L’Opéra

12 min
À retrouver dans l'émission

Le livre "De l'art de dire des conneries" du philosophe américain Harry Frankfurt, le dernier album du collectif Inna de Yard, et le film "L’Opéra" de Jean-Sébastien Bron.

L'affiche du film "L'Opéra", de Jean-Sébastien Bron
L'affiche du film "L'Opéra", de Jean-Sébastien Bron

De l'art de dire des conneries, de Harry Frankfurt, traduit par Didier Sénécal et publié aux éditions Mazarine

Parce qu’on est le samedi 1er avril, j’ai choisi aujourd’hui de vous parler d’un livre qui a pour titre De l’art de dire des conneries, On bullshit en anglais, langue originale de ce court essai écrit en 1985, paru en 2005 aux Presses universitaires de Princeton, qui occupa la liste des Best-sellers du New York Times pendant vingt-sept semaines, et que les éditions Mazarine viennent de rééditer avec le bandeau « Le livre culte ».

L’auteur de cet Art de dire des conneries est un philosophe américain. Son nom : Harry Frankfurt. Son propos : « L’un des traits les plus caractéristiques de notre culture est l’omniprésence du baratin ». Mais jusqu’à présent, nous ne disposions d’aucune théorie en la matière. Harry Frankfurt vient combler ce manque avec une tentative de définition et d’explication théorique du baratin.

Qu’est-ce donc qu’un baratineur ? Quelqu’un qui ne s’embarrasse ni du vrai ni du faux nous dit Frankfurt car « à l’encontre de l’honnête homme et du menteur, il n’a pas les yeux fixés sur les faits sauf s’ils peuvent l’aider à rendre son discours crédible, il se moque de savoir s’il décrit correctement la réalité, il se contente de choisir certains éléments ou d’en inventer d’autres en fonction de son objectif »...

On trouve aussi ce genre de phrase définitive : « La production de conneries est stimulée quand les occasions de s’exprimer sur une question donnée l’emportent sur la connaissance de cette question ». Alors producteurs de foutaises, et autres traqueurs de Fake news, puisque c’est dans l’air du temps, courez lire ce livre.

La chanson "Artibella", extraite du dernier album du collectif Inna de Yard

« Artibella » est une chanson de 1966 cosignée par le chanteur jamaïcain Ken Boothe et son compère Stranger Cole, et extraite du dernier album du collectif Inna de Yard (qu’on pourrait traduire par « dans la cour »).

Inna de Yard présente des chansons telles qu’elles sont nées, en toute simplicité, dans les yards et les backyards, les arrière-cours. Une voix, une guitare, parfois des percussions, parfois des chœurs, au gré des vibrations car « le yard symbolise les origines du reggae, dit le musicien Kiddus, membre du projet. C’est la cour que partagent plusieurs familles dans le ghetto, là où on se réunit, où l’on palabre. C’est la matrice de toutes les vibrations ».

De ce point de vue, The Soul of Jamaica (titre de l’album) pourrait bien jouer le même rôle que le Buena vista social club avec la musique cubaine il y a quelques années, puisque sur ce disque, outre de nouvelles voix de la musique jamaïcaine, on entend beaucoup des figures mythiques de l’île, vedettes oubliées des années 1960-70, nettement moins connues que celui qui reste le pape du reggae, Bob Marley.

C’est d’ailleurs parce que la musique jamaïcaine est trop souvent réduite à cette icône universelle que la Philharmonie de Paris a conçu l’exposition "Jamaica Jamaica" qui ouvrira ses portes mardi prochain.

Inna de Yard y sera en concert le 22 avril dans le cadre d’un week-end Jamaïque. Et aussi le 19 avril à Lille, le 29 juillet à Saint Nazaire et le 6 août à Crozon.

L'Opéra, de Jean-Sébastien Bron

L’Opéra, c’est le titre du nouveau film de Jean-Sébastien Bron, véritable plongée dans les coulisses de l’institution culturelle parisienne. Un film extrêmement réussi, à la fois description d’un microcosme social et fresque musicale et chorégraphique, même si Bron est plus du côté de la musique pour ne pas refaire ce que Frederic Wiseman avait magnifiquement fait avec la danse dans son documentaire sur le ballet de l’Opéra de Paris.

Ce qui est formidable dans le film de Jean-Sébastien Bron, c’est qu’il filme deux mondes, celui de la lumière et celui de l’ombre, les chanteurs, le chef d’orchestre, le directeur, mais aussi ceux qu’on ne voit jamais, qui œuvrent derrière le rideau, techniciens, artisans, employés qui travaillent à la bonne marche de l’opéra et à son rayonnement, qui le font avec passion et parfois, bien sûr, tensions. On y voit une collectivité à l’œuvre et des individus, comme le jeune baryton Micha Timoshenko, extraordinaire chanteur qui fait ses premiers pas à l’académie de l’opéra et baragouine quelques mots de français, et qui débarque ébahi à l’opéra. On le suit dans toutes les étapes importantes de sa formation, depuis sa visite au service couture jusqu’aux répétitions, on rit avec lui dans des séquences hilarantes, et on a le frisson quand il chante à son tour la mort de Don Quichotte, sublime morceau de Jacques Ibert.

L’Opéra de Jean-Sébastien Bron sera en salles mercredi prochain.

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