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Le film "Loving" de Jeff Nichols

L’histoire d’une chanson, l’histoire d’un film et l’histoire d’un livre

8 min
À retrouver dans l'émission

Redemption song, reprise par la chanteuse Macy Gray sur son album "Stripped", le film "Loving" de Jeff Nichols, et le "Livre de la faim et de la soif" de Camille de Toledo.

Le film "Loving" de Jeff Nichols
Le film "Loving" de Jeff Nichols

C’est l’histoire d’une chanson, créée par Bob Marley en 1980, reprise par Stevie Wonder, Johnny Cash, Beyoncé ou plus récemment par la chanteuse soul et R&B Macy Gray sur son dernier album paru il y a quelques mois, qui la reprend de sa voix suave et râpée : « Redemption Song ». Digne héritière d’Aretha Franklin et de Tina Turner, Macy Gray a choisi avec cet album une ambiance de blues et de jazz qui lui va comme un gant. D’ailleurs elle s’est entourée de pointures du jazz pour l’accompagner sur cet album comme le guitariste de Diana Krall Russell Malone, ou le trompettiste Wallace Rone qui fut un élève de Miles Davis. Ils ont enregistré en deux jours dans une église de Brooklyn, et le résultat est Stripped, qui comprend dix titres, des reprises, des chansons de son répertoire et quelques créations.

Dans « Redemption Song », il est question de liberté et d’émancipation, et certains passages avaient été inspirés à Bob Marley par un discours sur les Droits civiques prononcé par le militant noir Marcus Garvey en 1937.

Les droits civiques, on les retrouve au cœur du très beau film de Jeff Nichols, Loving, sorti cette semaine sur les écrans après avoir été présenté à Cannes l’année dernière. Un film au cœur d’une actualité qu’on croyait reléguée au passé mais qui inquiète à nouveau face à la résurgence du racisme aux Etats-Unis. Loving est basé sur une histoire vraie, qui a donné son nom à un arrêt de la cour suprême en 1967, l’arrêt « Loving vs Virginia », ça ne s’invente pas. C’est le combat de Richard et Mildred Loving, elle femme noire et lui homme blanc, tous deux vivant dans cet État du sud des États-Unis, en 1958, à une époque où les mariages dits « interraciaux » étaient interdits… Ces deux-là n’en avaient cure car ils avaient choisi de s’aimer. Ils allèrent donc clandestinement se marier à Washington, mais furent dénoncés et arrêtés à leur retour en Virginie, condamnés à un an de prison avec sursis assorti de 25 ans d’exil hors du territoire, avant que la Cour suprême décide, 9 ans plus tard, l’inconstitutionnalité des lois interdisant les unions mixtes. Le film de Jeff Nichols est un mélo classique ou néoclassique comme on voudra, qui montre l’humiliation et la façon de la surmonter par la persévérance, la résistance et la dignité, mais c’est surtout un grand film sur la peur. Car Richard et Mildred ont peur en permanence, et le spectateur est avec eux par empathie tout au long du film. On retient son souffle plusieurs fois, comme eux, et on respire une seule fois, avec eux. C’est le combat d’un couple pour le droit de s’aimer et le combat du droit pour l’obtenir, qui prouve, quand on commence à en douter, que le travail de quelques juges peut contribuer à renverser des lois iniques.

L’histoire d’une chanson, l’histoire d’un film, et pour finir l’histoire d’un livre, au cœur du dernier roman de Camille de Toledo, Le livre de la faim et de la soif qui vient de paraître chez Gallimard. Un livre comme une épopée, une course poursuite dont le livre est non seulement l’objet mais le personnage principal. Avec son narrateur- dactylographe, le héros-livre fait le tour du monde et emmène le lecteur en Russie, en Inde, à Tokyo, à Dubaï en quête de souffle et de joie, car il veut vivre le livre ! Échapper à la mélancolie, aux fantômes, aux poids de toutes ses mémoires, et même s’il en connaît des nouvelles tristes et violentes, même s’il en raconte des histoires de mort, il court pour y échapper et c’est à une véritable cavale pleine d’élan que l’auteur s’adonne ici, s’interrogeant par la même occasion sur les pouvoirs de la fiction, de l’imprimé, et de la littérature.

Si vous voulez en savoir plus, Camille de Toledo sera à 20h le 22 février à la Maison de la poésie à Paris pour présenter son roman picaresque, paru donc dans la collection blanche chez Gallimard.

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