LE DIRECT
"Napoléon Ier visitant l'escalier du Louvre sous la conduite des architectes Percier et Fontaine", d'Auguste Couder (1833)
Épisode 3 :

A chacun son universel

58 min
À retrouver dans l'émission

Comment après la défaite de Waterloo en 1815, le démantèlement du Louvre, de facto grand musée européen, a-t-il été évalué par les témoins? Bénédicte Savoy se demande si on peut distinguer alors un modèle européen d'universalisme? L'historienne souligne l'actualité de ce débat au-delà du XIXe siècle

"Napoléon Ier visitant l'escalier du Louvre sous la conduite des architectes Percier et Fontaine", d'Auguste Couder (1833)
"Napoléon Ier visitant l'escalier du Louvre sous la conduite des architectes Percier et Fontaine", d'Auguste Couder (1833) Crédits : Domaine public via Wikicommons

Bénédicte Savoy, Titulaire de la chaire internationale « Histoire culturelle des patrimoines artistiques en Europe, XVIIIe-XXesiècle », au Collège de France et Professeur à la Technische Universität de Berlin, nous entraîne, dans une grande enquête autour du moment 1815, quand après Waterloo, le Musée Napoléon, futur musée du Louvre, a dû restituer les chefs d’œuvre qu’il avait conquis. Elle analyse les débats autour des "translocations" et du retour des objets d'art, dans sa série intitulée "1815 : Année zéro. L'Europe à l'heure des restitutions d'œuvres d'art".

L'historienne rappelle que dès 1815 :

« De multiples voix en Europe s'étaient mêlées à la discussion de l'avenir des œuvres restituées par la France » 

Aujourd'hui, Bénédicte Savoy s'interroge sur :

"la manière dont les témoins européens, réunis à Paris en 1814 et 1815, ont évalué le démantèlement du Louvre avec un va-et-vient entre le sentiment qu'un monument européen sans pareille allait être détruit, d'une part, et que c'était une perte pour l'histoire de l'art notamment, mais que le prix qu'avait coûté la réunion de tous ces trésors à Paris était trop important et qu'il fallait, semble-t-il, à certains restituer."

Depuis son cours d'introduction, Bénédicte Savoy rappelle ce que représente la réunion des oeuvres d'art pour les nombreux visiteurs de toutes nationalités qui viennent admirer tableaux et sculptures qui ont acquis au Louvre une nouvelle visibilité, voire une notoriété. Amateurs et artistes viennent dessiner au musée.

"Une galerie au musée", par le peintre Hubert Robert (1789), qui a participé à la réalisation du projet du futur musée du Louvre, qui a ouvert, le 10 août 1793, sous le nom de Muséum central des arts.
"Une galerie au musée", par le peintre Hubert Robert (1789), qui a participé à la réalisation du projet du futur musée du Louvre, qui a ouvert, le 10 août 1793, sous le nom de Muséum central des arts. Crédits : H; Robert / Musée du Louvre

"Se pose alors  la question de l'universel, note-t-elle, des l'universel au pluriel et de la possibilité de créer un musée ou des musées universels qui dépasseraient cette contradiction d'une concentration à Paris des chefs d'œuvre." 

Mais ce terme d’universel si souvent employé à l'heure actuelle, d’où vient-il ? Est-il connu en 1815 ?

Pour ouvrir cette question de l’universel et celle d'un Paris partagé par les visiteurs européens, Bénédicte Savoy nous présente aujourd’hui une aquarelle de Georg Emmanuel Opitz, artiste allemand, qui lors de son séjour à Paris en 1814 a peint une série de scènes représentant les cosaques déambulant dans la capitale française et européenne. Elle s'attache en particulier à une séquence où les soldats russes visitent un musée. 

Scènes parisiennes, les cosaques visitant Paris en 1814, vus par Georg Emanuel Opiz
Scènes parisiennes, les cosaques visitant Paris en 1814, vus par Georg Emanuel Opiz Crédits : Georg Emanuel Opiz/Musée d'Histoire de Moscou

Nous gagnons le Collège de France, le 8 mars 2019 pour le cours de Bénédicte Savoy, aujourd’hui "A chacun son universel".

Pour prolonger :

Sa Leçon inaugurale a été publiée chez Fayard en 2014, sous le titre, Objets du désir, désir d’objets

Bénédicte Savoy a aussi publié Patrimoine annexé. Les biens culturels saisis par la France en Allemagne autour de 1800, aux Éd.de la maison des sciences de l’homme, en 2003.

A propos des cosaques à Paris et autour des aquarelles de Georg Emmanuel Opitz, voir sur le site de la "Napoleonic society", "Les cosaques russes à Paris en 1814", par Liudmila Sakharova.

Références musicales :

Générique de fin  : Yokota Susumu, "Flaming love and destiny", extrait de l'album Symbol (Lo Recording, 2004). 

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......