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Berlin, le musée royal, "Altes Museum" par Friedrich Thiele 1830 (eau-forte)
Épisode 8 :

Le temps des musées

58 min
À retrouver dans l'émission

Comment Berlin s’est-elle inscrite enfin en 1830 sur la carte des villes touristiques européennes avec son musée royal, visité par tous, des voyageurs américains au peintre Turner? Bénédicte Savoy analyse le retour des œuvres spoliées dans leur pays, quel accueil & comment financer leur installation

Berlin, le musée royal, "Altes Museum" par Friedrich Thiele 1830 (eau-forte)
Berlin, le musée royal, "Altes Museum" par Friedrich Thiele 1830 (eau-forte) Crédits : Friedrich Thiele / Wikicommons

Bénédicte Savoy, Titulaire de la chaire internationale « Histoire culturelle des patrimoines artistiques en Europe, XVIIIe-XXe siècle », au Collège de France et Professeur à l’Université technique de Berlin, nous entraîne, dans une grande enquête intitulée "1815 : Année zéro. L'Europe à l'heure des restitutions d'œuvres d'art", quand le Musée Napoléon, futur musée du Louvre, a dû restituer les chefs d’œuvre qu’il avait conquis à partir des guerres révolutionnaires. Aujourd’hui elle poursuit  ses réflexions qui entourent les œuvres à restituer, alors que 20 ans se sont parfois écoulés depuis le départ des œuvres et que leur valeur a pu se modifier dans un paysage géopolitique lui-même fortement bouleversé en 1815.

« Nous avons suivi les œuvres dans leur région d'origine, nous dit-elle, dans les régions et les villes où elles ont été restituées, avec la grande question qui était liée à leur retour, "A qui les rendre ?" lorsque les frontières ont changé, quand les concepts patrimoniaux ont changé et que les souverains, parfois, ont changé. Les structures d'accueil se sont modifiées aussi, ont disparu, ont été supprimées »

Du fait des changements de statut des œuvres, des changements de frontières, ses changements, de toute sorte, les instituions, les villes les souverains, doivent s’adapter. Des réappropriation plurielles sont intervenues avec différents dispositifs pour accueillir les œuvres, et notamment les musées en un seul dispositif quand c’est possible. Ce sont donc les musées, qui nous occupent aujourd’hui. Les musées reprennent leurs œuvres, quand il s'agit de ce dispositif qui les accueille. Mais Bénédicte Savoy questionne aussi le temps qu'il faut, pour les pays, pour les villes, pour les régions qui n'en avaient pas, pour se construire des musées.

L’historienne nous entraine donc à Vienne, à Rome où s'organise ce qui va devenir le musée du Vatican, à Munich, quand la grande Bavière veut se doter d’un musée, emblème de sa puissance et surtout à Berlin, où le retour des oeuvres spoliées va faire naitre un grand musée.  Le roi de Prusse s'interroge quelles collections privilégier dans ce lieu appelé à recevoir un public nombreux et divers? Quelle architecture donner au premier grand musée berlinois ? 

Alors comment le musée royal, entre le retour des œuvres en 1815 et sa construction, est-il devenu à partir de 1830, l’emblème de Berlin, avant la porte de Brandebourg ?

Nous gagnons le Collège de France, le 12 avril 2019 pour le cours de Bénédicte Savoy, aujourd’hui « Le temps des musées »

Pour prolonger

Sa Leçon inaugurale a été publiée chez Fayard en 2014, sous le titre, Objets du désir, désir d’objets

Bénédicte Savoy a aussi publié Patrimoine annexé. Les biens culturels saisis par la France en Allemagne autour de 1800, aux Éd.de la maison des sciences de l’homme, en 2003.

Références musicales :

Générique de fin  : Yokota Susumu, "Flaming love and destiny", extrait de l'album Symbol (Lo Recording, 2004). 

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