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Têtes de rat et de lapin en bronze / buste de V. Hugo par A. Rodin / cour intérieure du Palais d'été, Pékin
Épisode 6 :

Les têtes de bronze du Palais d'Eté de Pékin, du 18eme siècle à aujourd'hui.

59 min
À retrouver dans l'émission

Quelle est l’histoire des bronzes du 18eme siècle du Palais d’Eté de Pékin? Pillés et vendus au siècle suivant, c'est une blessure patrimoniale qui ne passe pas. Biens inestimables pour les Chinois, ils sont aussi le reflet à leur création des phénomènes d’acculturation entre l’Europe et la Chine.

Têtes de rat et de lapin en bronze / buste de V. Hugo par A. Rodin / cour intérieure du Palais d'été, Pékin
Têtes de rat et de lapin en bronze / buste de V. Hugo par A. Rodin / cour intérieure du Palais d'été, Pékin Crédits : Li Xin Xinhua News Agency/Newscom/MaxPPP/WikiCommons - Maxppp

Quel est le prix des prises? Comment partager une oeuvre d’art qui est unique et qu’est-ce que l’héritage partagé pour le monde des musées? Demande l’historienne de l’art Bénédicte Savoy.

Nous retrouverons dans l’heure la lecture par Daniel Koenigsberg de la célèbre lettre de Victor Hugo au capitaine Butler en date du 25 novembre 1861 sur le sac du palais d’été (survenu un an plus tôt). C’est un très beau texte qui a fait date. Dans une interview donnée au journal Le Monde en 2017, Bénédicte Savoy, titulaire au Collège de France de la chaire internationale « Histoire culturelle des patrimoines artistiques en Europe, XVIIIe-XXe siècle », et professeur à l’université technique de Berlin rappelait: 

« Après sa prise de position sur le sac du palais d'été, Victor Hugo est devenu un héros national chinois. Cette blessure patrimoniale n'a jamais été acceptée. En fait il y a toujours un lien entre les êtres humains et les œuvres d'art. L'oeuvre d'art est unique mais, à la différence de l'être humain, elle est immortelle. Faire violence à une œuvre d'art, c'est faire violence à son créateur, mais aussi aux générations qui s'en sont nourries ».

Dans le cadre de sa série de cours donnés en 2017, sous le titre "A qui appartient la beauté, Arts et cultures du monde dans nos musées », elle interroge les déplacements, les appropriations d’objets d’arts qu’ils soient dans un cadre légal ou dans un cadre de vol ou de trophées de guerre, ce qu’elle appelle les phénomènes de translocation pour analyser les désirs d’objets, les sentiments d’identifications individuelles ou nationales et les sentiments de perte pour ceux qui sont privés des œuvres qui ont été prises ou vendues.  Dans l’interview citée plus haut, Bénédicte Savoy indique que 

« Le moment est venu d'écouter ces douleurs, même s'il faut toujours se demander qui réclame, à quel moment et avec quelles intentions politiques. Les demandes de restitution sont toujours politiques. »

Actuellement, Les Chinois réclament la restitution de ce qui a été pillé durant le sac du palais d'été, mais des dissidents comme Ai Wei Wei reprochent aux autorités d'évoquer ce sujet pour détourner les Chinois des vrais problèmes, ils estiment que les œuvres d'art ont été créé pour circuler. 

C’est à ces questions complexes, politiques et sentimentales que l'historienne nous confronte aujourd’hui. 

Et nous gagnons le Collège de France, le 31 mai  2017 pour le cours de Bénédicte Savoy, « A qui appartient la beauté,  » aujourd'hui, « Les têtes de bronze du 18e siècle et le sac du Palais d'Eté de Pékin »

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Concordance des temps par Jean-Noël Jeanneney: L'art comme butin : capture et restitution avec Bénédicte Savoy le 29/04/2017

La lecture par Daniel Koenigsberg de la célèbre lettre de Victor Hugo au capitaine Butler en date du 25 novembre 1861 sur le sac du palais d’été est extraite de la Fabrique de l'Histoire d'Emmanuel Laurentin (Archive INA). Elle a fait l'objet cette année d'une reprise en ouverture de Concordance des Temps.

Un grand merci à Sandra Escamez de l'Ina et aux équipes de la Documentation d'actualité de Radio France.

Intervenants
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