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"Mandu Yenu", trône royal issu de la région Bamum, Cameroun
Épisode 9 :

La venue à Berlin d'un trône royal issu du Cameroun en 1908

59 min
À retrouver dans l'émission

Doit-on restituer les œuvres qui ont été données en cadeaux ou lors d’échanges diplomatiques? Peut-on mesurer dans ce contexte le degré d’asymétrie d’une relation entre deux pays ou entre deux vendeurs? Comment le trône royal issu du Cameroun en 1908 est-il arrivé à Berlin ? demande Bénédicte Savoy.

"Mandu Yenu", trône royal issu de la région Bamum, Cameroun
"Mandu Yenu", trône royal issu de la région Bamum, Cameroun Crédits : Musée ethnologique de Berlin / WikiCommons

Est-ce que "donner, c'est donner "?

Bénédicte Savoy,Titulaire de la chaire internationale « Histoire culturelle des patrimoines artistiques en Europe, XVIIIe-XXesiècle », au Collège de France et Professeur à la Technische Universität de Berlin, poursuit son analyse des translocations des objets d’art, entendez par ce mot, leur déplacement et les phénomènes d’appropriations de biens culturels en Europe, dans le cadre de sa série, « A qui appartient la beauté, Arts et cultures du monde dans nos musées »

Dans une interview du Monde que l’historienne a donnée fin août en 2017, Bénédicte Savoy livre les différents enjeux des questions très complexes soulignées dans la série de ses cours. Tentant de nous livrer une sorte de typologie des translocations d’œuvres d’art au fil de ses cours et en s’appuyant sur des cas concrets et exemplaires, Bénédicte Savoy indique ce que relève pour elle le mot translocation

"Le terme de spoliation parle du point de vue des victimes. Pas des vainqueurs. Je propose le terme plus neutre de "translocation". Non pour dépolitiser le débat, mais pour y  faire entrer toutes les catégories d'appropriation d'œuvres d'art et du patrimoine aux dépens d'un plus faible, économiquement ou militairement. Car les guerres ne sont qu'une sous-catégorie. La dispersion de l'art africain au XIXe et XXe siècle ne résulte pas que de la guerre ou de la colonisation. Après la décolonisation, elle est due au marché de l'art" (Le Monde 19 août 2017)

Par ailleurs, elle rappelait que 

« les Européens les États-Unis sont confrontés à la question des œuvres d’art et des artefacts acquis pendant une période coloniale. Tout ne s'est pas fait sous la violence. Les expéditions archéologique de la fin du XIXe siècle étaient très « propres ».

Mais cela n'empêche pas que ceux qui détenaient ces objets souffrent, deux cents ans plus tard de ne plus les avoir. A côté du sentiment de perte des dépossédés, elle interroge les demandes et les contextes des restitutions. Si elle en voit les enjeux politiques, elle indique la nécessité pour les musées de trouver une solution pour partager ce qui a priori ne se partage pas. Quelles solutions inventer ?

Et nous gagnons le Collège de France, le 21 juin 2017 pour le cours de Bénédicte Savoy, « A qui appartient la Beauté, aujourd’hui, La venue à Berlin d'un trône royal issu du Cameroun en 1908 »

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Bibliographie

Objets du désir, désir d'objets.

Objets du désir, désir d'objets Bénédicte SavoyCollège de France / Fayard, 2017

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