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Comparaison de crânes de primates (Museum of Comparative Zoology, université Harvard)
Épisode 4 :

Adaptation biologique à la prédation - partie 2

59 min
À retrouver dans l'émission

Quelles ont été les modifications anatomiques qui ont permis à l’homme de chasser, de jour, aux heures chaudes? Dans les comportements de prédation, quel est le rôle de la course d’endurance? S’interroge Jean-Jacques Hublin. Quels ont été les adaptations biologiques aux changements d'environnement?

Comparaison de crânes de primates (Museum of Comparative Zoology, université Harvard)
Comparaison de crânes de primates (Museum of Comparative Zoology, université Harvard) Crédits : Christopher Walsh, Harvard Medical School (Wikimedia Commons)

Parmi les hominines, connus à la fin du Pliocène et au début du Pléistocène, quels sont ceux qui se sont engagés dans la consommation de viande et de produits animaux? Quel tournant marque l’apparition d’Homo Erectus, il y a 2 millions d’années environ ?

Jean-Jacques Hublin, professeur à l'Institut Max Planck d'Anthropologie Evolutionnaire (à Leipzig), en Allemagne, professeur invité, titulaire de la chaire internationale de paléoanthropologie au Collège de France, nous entraîne dans une grande exploration de la prédation chez les hominines, dans sa nouvelle série intitulée, « l’homme prédateur ».

Dans les cours précédents, nous avons vu que l’Afrique avait connu une crise climatique, entre 3 et 2,6 millions d’années, crise ayant « accru l’aridité et réduit les surfaces arborées ». 

« Deux lignées nouvelles qui s’enracinent au sein des Australopithèques et qui correspondent à deux réponses adaptatives différentes à ces changements environnementaux » sont apparues, le genre Paranthropus et le genre homo. 

La série de cette année nous introduit dans une approche interdisciplinaire, mêlant études comportementales, anatomie, analyse des fossiles, analyses biochimiques... aux dernières découvertes et aux débats autour de ces découvertes qui animent la communauté internationale des chercheurs. Ainsi aujourd’hui est posée la question de conserver au sein du genre homo, Homo Habilis qui précède Homo Erectus

Dans le récent et passionnant ouvrage collectif, intitulé «  Une histoire des civilisations. Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances » (éditions la Découverte/INRAP), Jean-Jacques Hublin explique : 

"Homo habilis représente probablement une branche éteinte d’un buisson d’espèces encore mal documenté. C’est certainement aussi le cas de l’espèce Homo rudolfensis qui, au sein du genre Homo, a développé des traits faciaux et dentaires qui rappellent ceux des Paranthropes. Parmi ces formes contemporaines, toutes confrontées à de profonds changements environnementaux, on assiste donc à des phénomènes d’évolution parallèle. Quant à l’espèce Homo erectus, qui représente très vraisemblablement notre ancêtre direct, sa première occurrence remonte à 1,87 million d’années et elle est des plus modestes ». Le paélo-anthroplogue note encore que « Les informations les plus complètes sur les premiers Homo erectus viennent de deux régions : (le site de Dmanissi en) la Géorgie et les rives du lac Turkana au Kenya. (…) L’expansion hors d’Afrique d’Homo erectus suit donc de très peu sa première occurrence en Afrique et elle s’est opérée uniquement dans des régions au climat clément". 

Enfin, le paléo-anthropologue souligne :

« L’espèce Homo erectus connaît une longévité exceptionnelle puisqu’elle est connue en Extrême-Orient jusque vers 400 000-300 000 ans. Elle correspond aussi à la première expansion à une échelle transcontinentale d’une espèce humaine unique qui remplace totalement, ou peu s’en faut, toutes les autres formes d’hominines. Ce développement remarquable résulte du succès d’un nouveau modèle adaptatif qui permet en particulier aux hommes de se libérer des milieux arborés et, au-delà des savanes africaines, de s’adapter à des environnements très variés. »

Alors quelles sont les capacités extraordinaires de l’homme pour la chasse par la course d’endurance et l’épuisement de sa proie? 

Et nous gagnons le Collège de France, le 13 novembre 2018 pour le cours de Jean-Jacques Hublin, « l'Adaptation biologique à la prédation? »

Pour prolonger : 

Sa leçon inaugurale a été publiée chez Fayard en 2017 sous le titre, 

Biologie de la culture : paléoanthropologie du genre Homo

Plus récemment, il a contribué à « Une histoire des civilisations. Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances », sous la direction de Jean-Paul Demoule, Dominique Garcia et Alain Schnapp, aux éditions La Découverte/Inrap.

Couverture de l'ouvrage collectif, Une Histoire des civilisations
Couverture de l'ouvrage collectif, Une Histoire des civilisations Crédits : La Découverte/INRAP

Et avec Bernard Seytre, il a publié Quand d'autres hommes peuplaient la terre : nouveaux regards sur nos origines chez Flammarion, en 2008…

Intervenants
  • Paléoanthropologue, professeur au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig, titulaire de la chaire Paléoanthropologie au Collège de France.
L'équipe
Coordination
Avec la collaboration de
Réalisation
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