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Festival d'Avignon, la Cour d'honneur du Palais des papes, à partir des souvenirs de Leah Rabin, l'épouse du Premier ministre qui a été assassiné en 1995, Amos Gitaï a imaginé une « fable » débarrassée de tout formalisme.
Épisode 6 :

Chronique d'un assassinat

58 min
À retrouver dans l'émission

Quel est le pouvoir de la mémoire au cinéma ? Comment témoigner de l’effort d’Yitzhak Rabin, en 1994, en faveur d’une démarche de paix entre Israéliens et Palestiniens? Quelle a été la violence de la campagne diffamatoire contre lui et son projet, avant son assassinat le 4 novembre 1995 ?

Festival d'Avignon, la Cour d'honneur du Palais des papes, à partir des souvenirs de Leah Rabin, l'épouse du Premier ministre qui a été assassiné en 1995, Amos Gitaï a imaginé une « fable » débarrassée de tout formalisme.
Festival d'Avignon, la Cour d'honneur du Palais des papes, à partir des souvenirs de Leah Rabin, l'épouse du Premier ministre qui a été assassiné en 1995, Amos Gitaï a imaginé une « fable » débarrassée de tout formalisme. Crédits : Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon.

Quels sont les rapports entre archives et fiction ? Comment représenter un événement historique au cinéma ? ne cesse de s’interroger le réalisateur, Amos Gitaï, cinéaste engagé, pour lequel l’acte de filmer est « un acte civil » ?

Titulaire de la chaire annuelle de Création artistique, Amos Gitaï revient dans le cadre de sa série de cours « Traverser les frontières », sur son parcours personnel et son rapport à l’Histoire, la sienne, mais aussi celle de son pays d’origine Israël. Sa série s’achève aujourd’hui sur la « chronique d’un assassinat ».

Image extraite du film d'Amos Gitaï, "Le Dernier Jour d'Yitzhak Rabin"
Image extraite du film d'Amos Gitaï, "Le Dernier Jour d'Yitzhak Rabin" Crédits : Amos Gitaï/ LGM Productions/ Les Films du Worso

Le 4 novembre 1995, le Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, « l’homme des accords d’Oslo et Prix Nobel de la paix », est assassiné sur la place des Rois d’Israël à Tel Aviv, après un long discours contre la violence et pour la paix. Son assassin est un étudiant juif religieux d’extrême droite. 

Plus de vingt ans après les faits, Amos Gitaï nous propose de revenir sur cet événement traumatisant, à la fois au travers de son film, Le dernier jour d’Yitzhak Rabin (sorti en décembre 2015) et de son adaptation théâtrale au Palais des Papes, en 2016, dans le cadre du Festival d’Avignon.

" Quand Rabin a été assassiné, le 4 novembre 1995, j’ai senti qu’une page de l’histoire israélienne moderne avait été tournée. J’ai toujours trouvé que cet endroit du monde est… comme un volcan. À l’échelle de la planète, ce n’est pas le conflit le plus important : au cours des deux dernières années, il y a eu plus de morts en Syrie qu’en cent ans de conflit israélo-palestinien. Mais il a une très grande force symbolique pour différentes raisons. D’abord c’est vraiment une collision entre une société occidentalisée et l’Orient. Ce petit territoire est aussi le lieu de naissance des trois religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam. Ensemble, ces trois religions diffusent une imagerie très forte sur toute la planète, alors que la distance entre la mer et le Jourdain n’atteint même pas cent kilomètres ! Donc ce petit territoire a une très forte valeur symbolique."

Le film, Le Dernier jour d’Yitzhak Rabin, mêle reconstitutions et images d’archives. Il s’agit de replacer l’assassinat dans son contexte politique et sociétal, quand l’adaptation au théâtre s’appuie sur le témoignage de l’épouse du Premier ministre, Leah Rabin.

"Il faut faire exister cette mémoire. […] expliquait Amos Gitai en 2016. Je sais que je touche une corde sensible de la société israélienne. Il y a quelques jours, au festival de Jérusalem, le ministre de la Culture a accusé les artistes israéliens d'être le cheval de Troie de l'ennemi."

"Chez nous comme chez vous, la circulation de la haine marche très bien pour être élu, c'est un phénomène mondial, qu'on voit à l'œuvre aux Etats-Unis avec Donald Trump, en Europe, en Israël, au Moyen Orient."

Et c'est ainsi qu'Amos Gitaï s'interroge :

"Dans ce contexte, le problème de l’artiste, du cinéaste, de l’écrivain est de savoir quoi faire quand on vit près d’un volcan. Quelle forme artistique peut-on proposer ? Quelle est la bonne distance ?"

Dès lors, comment le réalisateur israélien se fait-il architecte de la mémoire ?

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 11 décembre 2018, pour le cours d’Amos Gitai, aujourd’hui « Chronique d’un assassinat »

Pour prolonger :

4 novembre 1995. Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, l’homme des accords d’Oslo et Prix Nobel de la paix, est assassiné sur la place des Rois d’Israël à Tel Aviv après un long discours contre la violence et pour la paix. Son assassin est un étudiant juif religieux d’extrême droite. Vingt ans après, Amos Gitaï revient sur cet événement traumatisant. Replaçant l’assassinat dans son contexte politique et sociétal, le film mêle reconstitutions et images d’archives.

  • Yitzhak Rabin : Chronique d'un assassinat, Texte et mise en scène d'Amos Gitai, Cour d'honneur du Palais des papes, Festival d'Avignon, Création 2016

Lumière Jean Kalman
Musique Jean-Sébastien Bach, Claudio Monteverdi, Györgi Ligeti
Direction de choeur Johan Riphagin

Architecte de formation, Amos Gitaï a réalisé Le Dernier Jour d'Yitzhak Rabin, film-enquête et choral sur l'assassinat, le 4 novembre 1995, du Premier ministre israélien au sortir d'une manifestation pour la paix et contre la violence à Tel-Aviv. Cet assassinat projette une lumière froide, brutale, sur un univers sombre et terrifiant – un univers qui a rendu possible le meurtre, comme le découvre une opinion publique traumatisée. Pour la Cour d'honneur du Palais des papes, à partir des souvenirs de Leah Rabin, l'épouse du Premier ministre, Amos Gitaï a imaginé une « fable » débarrassée de tout formalisme et portée par une distribution d'exception. Quatre protagonistes féminines, quatre voix associées dans un mode récitatif, « entre lamentation et berceuse » qui vont remonter le cours de l'Histoire et de la violence inouïe avec laquelle les forces nationalistes se sont opposées au projet de paix en déchirant le pays. Quatre voix prises, comme « dans une chambre d'écho », entre des images-documents et des extraits de la littérature classique – cette mémoire vive qui accompagne depuis toujours le cinéaste et metteur en scène dans sa compréhension du monde. Pour nous, qui laissons circuler dans notre esprit les événements de ce récit historique, la réalité est une juxtaposition des fragments gravés dans la mémoire collective.

Avec Hiam Abbass, Sarah Adler, les musiciens Edna Stern (piano), Sonia Wieder-Atherton (violoncelle), le choeur du Lubéron et la vidéaste Einat Weitzman

Production

Production Agav Films
En partenariat avec RFI, France 24 et Monte Carlo Doualiya

Photographies (dont image de Une) de Christophe Raynaud de Lage (Site Web : www.raynauddelage.com / Instagram : www.instagram.com/christophe.raynauddelage)

Référence musicale du génériquede la série de cours d'Amos Gitai, "Traverser les frontières"

  • Amit Poznansky, BO du film d'Amos Gitai, Le dernier jour d'Yitzhak Rabin(2015, "Rabin, The last Day"), "Opening Thème", écoute disponible sur le soundcloud du compositeurisraélien (partie "films, TV, projects").A

Bibliographie

Amos Gitai. Architecte de la mémoire

Amos Gitai. Architecte de la mémoireGallimard - La Cinémathèque française, 2014

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
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