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Itur-ili - Business Letter, circa 1850-1700 BC, Sent from Itur-ili in Assyria to Ennam-Ashur in Kanesh, this letter concerns the important trade in precious metals.
Épisode 3 :

Comment les lettres étaient-elles écrites et par qui?

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment se passait la rédaction des lettres à l’époque paléo-babylonienne? Y avait-il une dictée directe aux scribes? demande l’assyriologue, Dominique Charpin. Que déduire de la formule « je vais aller faire écouter ma propre tablette »?

Itur-ili - Business Letter, circa 1850-1700 BC, Sent from Itur-ili in Assyria to Ennam-Ashur in Kanesh, this letter concerns the important trade in precious metals.
Itur-ili - Business Letter, circa 1850-1700 BC, Sent from Itur-ili in Assyria to Ennam-Ashur in Kanesh, this letter concerns the important trade in precious metals. Crédits : Walters Art Museum / wikicommons

Dominique Charpin, titulaire de la chaire Civilisation mésopotamienne propose dans sa nouvelle série, "Lire et écrire en Mésopotamie à l'époque paléo-babylonienne : la correspondance", d’analyser les processus de rédaction, d’acheminement et de lecture des lettres diplomatiques, privées ou à usage commercial, tout genre de missives, rédigées entre 2.000 et 1.600 avant notre ère, que les archives archéologiques ont pu livrer - et, en premier lieu, celles de Mari dont il est co-éditeur.

Dans le cours précédent Dominique Charpin, épigraphiste de terrain, jadis à Mari en Syrie et à Larsa en Irak, qui travaille depuis 2015 avec la mission américaine qui a repris la fouille d'Ur, s’était penché sur le rapport entre langue écrite et langue parlée et ses conséquences sur la façon de rédiger les lettres à l’époque paléo-babylonienne. La question de savoir si les dirigeants parlaient l’akkadien, qui est la langue inscrite sur les tablettes d’argiles en écriture cunéiforme, débouchait sur l’idée que les scribes, dans l’hypothèse où l’akkadien n’était pas connu, devaient assurer la traduction au moment de la rédaction. Cette situation paraissant peu probable, émergeait l’hypothèse que les élites étaient au moins bilingues.

Aujourd’hui l’assyriologue s’interroge sur la façon dont les lettres-tablettes étaient dictées, de manière directe ou indirecte, quand le scribe part d’un canevas noté sur une sorte de mémorandum. Qui pratiquait dès lors l’écriture en dehors des scribes ?

Dans un article de 2004, Dominique Charpin expliquait que « Les archives royales de Mari offrent de "nombreuses informations" pour savoir qui pouvait lire et écrire.

"Pendant longtemps a prévalu l'image de hautes sphères fondamentalement illettrées... on ne peut bien entendu pas donner de liste exhaustive des fonctionnaires capables de lire. Mais l'idée que dans ce royaume de Marie du moyen Euphrate au XVIIIe siècle avant J.-C., les détenteurs du pouvoir dépendaient entièrement de scribes spécialistes pour se faire lire leur courrier est manifestement inexact, notait-il. « Plusieurs textes en effet nous montrent de hauts fonctionnaires de Marie capables de lire ou d'écrire eux-mêmes des lettres ».

Alors quel en est-il des rois, des militaires, des administrateurs et des devins...?

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 24 mai 2017, pour le cours de Dominique Charpin, "Lire et écrire en Mésopotamie à l'époque paléo-babylonienne : la correspondance", aujourd'hui, « Comment les lettres étaient-elles écrites et par qui ? »

Bibliographie

La vie méconnue des temples mésopotamiens

La vie méconnue des temples mésopotamiensLes Belles Lettres / Le Collège de France , 2017

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