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Plaque depicting animal fight, Xiongnu, 200-100 BC, gold - Östasiatiska museet, Stockholm
Épisode 4 :

Comment traiter (avec) les « sauvages » ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment la Chine des Han s’est-elle ouverte aux Autres? demande Anne Cheng. Quel est le regard de la centralité chinoise sur les "sauvages" dans l’Antiquité et quel a été le regard sur l'Autre des Européens découvrant les Amérindiens au XVIe siècle?

Plaque depicting animal fight, Xiongnu, 200-100 BC, gold - Östasiatiska museet, Stockholm
Plaque depicting animal fight, Xiongnu, 200-100 BC, gold - Östasiatiska museet, Stockholm Crédits : Wikicommons/Östasiatiska museet

Pourquoi reprendre la réflexion de Tzvetan Todorov sur la question des Autres ?  Et pourquoi revenir sur les controverses du XVIe siècle et sur les débats sur l’humanité des peuples conquis, en Amérique latine? Comment les Han ont-il essayé de mettre en place une diplomatie des mariages et des otages pour dépasser les affrontements avec les Xiongnu, ces nomades aux "cœurs de tigre"?

Nous poursuivons, cette semaine, le 3e cycle, de la série pluriannuelle,"Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Japon, Inde", série initiée en 2015-2016, par Anne Cheng, titulaire de la chaire «Histoire intellectuelle de la Chine».  Selon la formule de la sinologue, nous voici lancés dans une grande « enquête », où il s’agit de « décentrer la Chine » et de « regarder au-delà de son poids géopolitique ». Elle nous propose de questionner les empires antiques Chinois sur la longue durée et un « espace circulatoire plus large » où s’esquissent les interactions avec les marges sauvages mais aussi les grands voisins, l’Inde et le Japon. Il s’agit de « d’interroger », nous dit-elle, la "prétention chinoise à l’universalité ».

Dans une grande et stimulante interview donnée en 2010 à la revue Vacarme, la sinologue notait : 

"Le pouvoir actuel est en train de promouvoir un discours identitariste et nationaliste qui fait référence à une culture chinoise réinventée, voire inventée de toutes pièces : « Nous les Chinois, nous avons une culture continue longue de cinq mille ans. » Il y a peu, on n’en était encore qu’à trois mille ! Dans cette surenchère, l’intention est on ne peut plus claire : il s’agit de damer le pion à la Mésopotamie ou à l’Égypte, et de remettre les Grecs à leur place."

Nous avons vu la semaine dernière comment les Han ont découvert au-delà de leurs marges barbares, loin à l’Ouest, lors des échanges avec l’Empire romain, un "grand et noble" centre de civilisation, comparable au Pays du Milieu.

Dans la même interview, Anne Cheng notait encore, 

"Quant à ce « nous », il faut le rapporter à une classification d’origine stalinienne qui distingue une ethnie majoritaire, les Han, et des minorités ethniques : les Ouïgours, les Mongols, les Tibétains, les Mandchous, les Miao, etc. En réalité, rien ne permet de constituer les Han comme une entité à part."

Au travers du commentaire précis des sources anciennes chinoises, elle revisite l’histoire antique et diplomatique de la Chine entre rêve auto-centré et quête d’universalité.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 7 décembre 2017 pour le cours d’Anne Cheng,  aujourd’hui "Comment traiter (avec) les sauvages"

Pour Prolonger :

Tzvetan Todorov, Nous et les Autres. La réflexion française sur la diversité humaine (Seuil 1989)

Intervenants
  • Sinologue, titulaire de la chaire « Histoire intellectuelle de la Chine » au Collège de France.
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