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Emir Feisal I (right) and Chaim Weizmann (also wearing Arab dress as a sign of friendship) in Syria/King Crane Report, Editor &Publisher, 2 December 1922/Rauf (Orbay) & Mustafa Kemal (Atatürk), at the Sivas Congress, 1919.
Épisode 7 :

Les questions syriennes et anatoliennes

59 min
À retrouver dans l'émission

A l'issue du Premier conflit mondial, qu’est-ce que la Syrie et comment définir la Palestine? Demande l’historien Henry Laurens. Pourquoi la stratégie de l’émir Fayçal, qui aspire à une grande Syrie arabe et indépendante échoue-t-elle? Quelle solution politique à la question anatolienne ?

Emir Feisal I (right) and Chaim Weizmann (also wearing Arab dress as a sign of friendship) in Syria/King Crane Report, Editor &Publisher, 2 December 1922/Rauf (Orbay) & Mustafa Kemal (Atatürk), at the Sivas Congress, 1919.
Emir Feisal I (right) and Chaim Weizmann (also wearing Arab dress as a sign of friendship) in Syria/King Crane Report, Editor &Publisher, 2 December 1922/Rauf (Orbay) & Mustafa Kemal (Atatürk), at the Sivas Congress, 1919. Crédits : Wikicommons

Nouvelle diffusion du 30 janvier 2018

Comment gérer les kémalistes qui défient Constantinople ? Comment l’idée d’un Grand Liban finit-elle par trouver les Français? Dans quel contexte intervient la Commission King-Crane, de juin à août 1919?

Henry Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire contemporaine du monde arabe », nous entraîne juste après la fin de la Première guerre mondiale, en 1919, dans le cadre de sa nouvelle série, intitulée,« Les crises d'Orient : le Moyen-Orient à partir de 1914 ».

Dans le volume IV des Orientales, intitulé L’Orient dans tous ses états, il rappelle : 

« la question syrienne et par là-même la définition de la Syrie restent pendantes au moment où les hostilités se terminent en Europe. Dans une région dévastée par la guerre, la famine et les épidémies, sans parler des transferts de population, la définition de l’avenir politique prend une dimension cruciale. Avec la fin d’un demi millénaire d’appartenance à l’Empire ottoman, on se retrouve devant de multiples options politiques. Les intellectuels et militaires arabes qui entourent l’émir Fayçal, lors de son entrée à Damas en octobre 1918, sont des partisans affirmés d’une unité arabe – d’autant plus que nombre d’entre eux sont originaires de Palestine, d’Irak et du Liban. À la conférence de la paix de Paris, la délégation arabe suit un discours totalement arabiste en invoquant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

Nous avons terminé le dernier cours sur cette volonté indépendiste et arabiste qui se heurte aux système de mandats. Dans le même ouvrage, l’historien souligne que 

« l’héritage le plus durable sera la double malédiction des accords dits Sykes-Picot, servant de cadre aux Etats arabes à naître, et de la déclaration Balfour, précipitant un nouvel affrontement autour de la Terre sainte. Au lendemain de la guerre et d’un immédiat après-guerre marqué  par la guerre d’indépendance de la Turquie, le monde musulman indépendant semble avoir basculé dans le nationalisme modernisateur. »

Dans la présentation vidéo de son cours, Henry Laurens pose la notion de "terres de sang".  

« L’effondrement de l'Empire ottoman, dit-il, a évidemment créé des successions d'États homogènes de population ce qui a engendré, aussi bien dans le Caucase, dans les Balkans, au Proche-Orient, etc., ce qu'on a pu appeler des "terres de sang", c'est-à-dire des espaces dans lesquels les constructions étatiques étaient faites sur la base d'épurations ethniques, de déplacements forcés de populations, voire de génocides. L'Anatolie a été une terrible terre de sang durant la première guerre mondiale et les années qui ont suivi, ce qui fait qu'il y a eu une relative homogénéisation ethnique, relative puisqu'il reste maintenant encore face à face les Kurdes et les Turcs en Anatolie avec des violences qui se poursuivent jusqu'à aujourd’hui. »

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 6 décembre 2017, pour  le cours d’Henry Laurens, « Les crises d'Orient : le Moyen-Orient à partir de 1914 ». Aujourd’hui « les questions syriennes et anatoliennes »

Intervenants
  • Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d'Histoire contemporaine du monde arabe.
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