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Les signataires ottomans du Traité de Sèvres : Riza Tevfik, Damat Ferid Paşa (grand vizir), Hadi Paşa (ministre de l'Éducation) et Reşid Halis (ambassadeur)/Henri Gouraud inspecte ses troupes françaises à Maysaloun, 24 juillet 1920
Épisode 9 :

Deux événements traumatiques pour les nationalismes turc et arabe

59 min
À retrouver dans l'émission

Quels sont les deux évènements traumatiques, les deux échecs du nationalisme turc et du nationalisme arabe? demande l’historien Henry Laurens. Quelles sont les suites de la fin de l’empire ottoman dans le cadre des négociations de paix et de partage de territoires entre 1918 et 1923?

Les signataires ottomans du Traité de Sèvres : Riza Tevfik, Damat Ferid Paşa (grand vizir), Hadi Paşa (ministre de l'Éducation) et Reşid Halis (ambassadeur)/Henri Gouraud inspecte ses troupes françaises à Maysaloun, 24 juillet 1920
Les signataires ottomans du Traité de Sèvres : Riza Tevfik, Damat Ferid Paşa (grand vizir), Hadi Paşa (ministre de l'Éducation) et Reşid Halis (ambassadeur)/Henri Gouraud inspecte ses troupes françaises à Maysaloun, 24 juillet 1920 Crédits : Wikicommons/Archives Turques et archives du Gal Gouraud

Comment les Français et les Anglais gèrent ils leurs mandats? Quelles sont les actions du Général Gouraud, envoyé comme haut-commissaire de la République en Syrie et au Liban et commandant en chef de l'armée du Levant?

Henry Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire contemporaine du monde arabe », nous entraîne dans un grand récit-analyse sur les mutations géopolitiques qui ont suivi la Première guerre mondiale, dans le cadre de sa nouvelle série, intitulée, « Les crises d'Orient : le Moyen-Orient à partir de 1914 ».

Dans Le Monde, en 2016, Henry Laurens rappelait à propos de la légende noire des accords dits Sykes-Picot : « En réalité les frontières du Proche-Orient ont été fixées entre les réunions à Versailles de décembre 1918 et la conférence de San Remo (avril 1920). Ces frontières répondaient à diverses contingences. Par exemple les Français ne voulant pas de colonies juives dans leur mandat, ont tracé le "doigt de Galilée" (aujourd'hui dans le nord de l'État d'Israël). Autre exemple, le corridor qui va de la Jordanie en Irak, isolant la Syrie de l'Arabie Saoudite actuelle, correspond au tracé d'une ligne aérienne et d'un oléoduc que les Britanniques voulaient conserver sous leur contrôle. (...) Excepté le cas du Liban, les frontières étatiques ont été calquées sur les découpages administratifs ottomans. Si les Français et les Britanniques ont dessiné la carte, on peut dire que les Arabes l'ont "coloriée". En effet, sous les mandats franco-britanniques, ont émergé des pouvoirs centraux à Bagdad, à Damas, à Jérusalem, et ils se sont donné pour mission de prendre le contrôle des territoires et des populations qui leur avaient été dévolus par les puissances européennes. »

Alors que le terme "Turquie" devient un terme courant, Henry Laurens revient sur le rejet du Traité de Sèvres, cauchemar pour les nationalistes turcs, tandis que la bataille de Meyssaloun qui marque la fin du royaume de Damas et du rêve de Fayçal en juillet 1920, représente le cauchemar du nationalisme arabe.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 13 décembre 2017, pour le cours d’Henry Laurens, « Les crises d'Orient : le Moyen-Orient à partir de 1914», aujourd'hui : "Deux événements traumatiques pour les nationalismes turc et arabe".

Bibliographie

Orientales

Orientales Henry LaurensCNRS Editions, 2007

Intervenants
  • Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d'Histoire contemporaine du monde arabe.
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