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Miliciennes républicaines à l'entraînement, Gerda Taro, 1936.
Épisode 3 :

Lydie Salvayre : la guerre encore

59 min
À retrouver dans l'émission

Qu'est-ce que le "fragnol?" Comment l'écrivain Lydie Salvayre a-t-elle été "convoquée" par Bernanos, selon ses mots? Quels sont les visages de la guerre? Comment entrer dans les entrailles d'un conflit, écrire sa propre histoire de la guerre?

Miliciennes républicaines à l'entraînement, Gerda Taro, 1936.
Miliciennes républicaines à l'entraînement, Gerda Taro, 1936. Crédits : Wikicommons/NYTimes

Antoine Compagnon, titulaire de la chaire « Littérature française moderne et contemporaine : Histoire, critique, théorie » nous invite à rencontrer dans le cadre de son séminaire, lié à sa série de cours « De la littérature comme sport de combat », l’écrivain, psychiatre, Lydie Salvayre.

Elle nous dit aujourd'hui ce qu'elle doit à Bernanos et nous fera entendre sa prose violente et combattante pendant la guerre d’Espagne. Elle lit des extraits des Grands Cimetières sous la lune. 

En 2014 dans une interview, elle expliquait  :

«  la colère de Bernanos m’avait contaminée. Comment pouvais-je me sentir en fraternité, en humanité, avec ce catholique, monarchiste, ancien membre de l'Action française? Et pourtant… Cet homme avait rompu avec toutes ses croyances en découvrant les massacres auxquels se livraient les nationalistes espagnols avec la bénédiction de l’Eglise. Pendant que la parole christique était dévoyée, il s'était insurgé. Il a fini seul, délaissé par ses anciens compagnons de route, mais libre. Accueillir la vérité d’où qu’elle vienne, même si c’est d'un endroit qui vous gêne affreusement, il n’y a rien de plus beau ».

Pas Pleurer a été la "tentative d'écrire le coup reçu" après la lecture de Georges Bernanos. L'auteure croise la voix du pamphlétaire catholique et celle de sa maman, jeune fille au début de la guerre d'Espagne qui aspire à s'affranchir.

"Deux voix entrelacées. 

Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les Nationaux avec la bénédiction de l’Église contre « les mauvais pauvres ». 

Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et « mauvaise pauvre », qui a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, des jours qui comptèrent parmi les plus intenses de sa vie."

Lydie Salvayre cite aussi en ouverture, L'Iliade ou le poème de la force de Simone Weil, "comment la guerre détruit la pensée".

L'écrivaine nous fera entendre ses propres mots, elle lit des extraits de son roman. Elle explique comment elle a bricolé la langue, redécouvert le « Fragnol » de sa maman, d'origine catalane… En ouverture de son récit Pas pleurer, elle raconte :

« Ma mère est né le 14 mars 1921. Ses proches l’appelle Montse ou Montsita. Elle a 90 ans au moment où elle évoque pour moi sa jeunesse dans une langue mixte et transipyrénéenne qui est devenue la sienne depuis que le hasard l’a jetée, il y a plus de 70 ans, dans un village du Sud Ouest français. »

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 27 mars 2018 pour le séminaire d’Antoine Compagnon, aujourd’hui, "Lydie Salvayre :  la guerre encore".

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