LE DIRECT
Nefertiti Neues Muséum de Berlin/Armana, présentation du buste de Nefertiti en 1912, H. Ranke, P. Hollander & M. es-Senussi/Timbre Deutsche Bundespost en 1988/Nora Al-Badri & Jan Nikolai Nelles, The Other Nefertiti, Le Caire, in Le Monde en 2015
Épisode 2 :

Du Caire à Berlin : le buste de Néfertiti

59 min
À retrouver dans l'émission

A qui appartient le buste de Nefertiti ? Qu’est-ce qui se joue entre l’Egypte, l’Allemagne, mais aussi la France entre 1912 et 1933 ? Comment les oeuvres d’art, les objets culturels, sont-ils arrivés en Europe ? demande l’historienne de l’art, Bénédicte Savoy. Qui peut en être le propriétaire?

Nefertiti Neues Muséum de Berlin/Armana, présentation du buste de Nefertiti en 1912, H. Ranke, P. Hollander & M. es-Senussi/Timbre Deutsche Bundespost en 1988/Nora Al-Badri & Jan Nikolai Nelles, The Other Nefertiti, Le Caire, in Le Monde en 2015
Nefertiti Neues Muséum de Berlin/Armana, présentation du buste de Nefertiti en 1912, H. Ranke, P. Hollander & M. es-Senussi/Timbre Deutsche Bundespost en 1988/Nora Al-Badri & Jan Nikolai Nelles, The Other Nefertiti, Le Caire, in Le Monde en 2015 Crédits : Wikicommons/Neues Museum/J.N. Nelles

Ces objets d’art appartiennent-ils au lieu de leur création ou au patrimoine européen, aux musées qui les conservent ? Comment s’identifie-t-on à ces objets et quel est le sentiment de perte quand ils sont déplacés?  

Bénédicte Savoy, titulaire au Collège de France de la chaire internationale « Histoire culturelle des patrimoines artistiques en Europe, XVIIIe-XXesiècle », normalienne, agrégée d’allemand, titulaire d’un Doctorat d’études germaniques, sous la direction de Michel Espagne (en 2000), vit et poursuit sa carrière en Allemagne, où elle est Professeur à la Technische Universität de Berlin. Elle a contribué au commissariat général de plusieurs expositions en France et en Allemagne.  Aujourd’hui, elle nous entraîne, du côté de Berlin, dans le cadre de sa grande enquête sur le déplacement des oeuvres d’art et l’histoire du patrimoine européen, pour sa série, "A qui appartient la beauté, Arts et cultures du monde dans nos musées ». C’est le Berlin des avant-gardes et des riches mécènes qu’elle ressuscite. Cette société endiablée qui fréquente les cabarets et qui voue une passion pour le tango et le buste de Néfertiti en 1913, date de l’arrivée de l’oeuvre, étonnante et fascinante par sa proximité avec les visages contemporains et son idéal de beauté. 

L’exposition du buste (conservé au Neues Museum de Berlin), c’est aussi l’histoire d’une grande émotion collective qui traverse toutes les classes, d’une révélation. Quant à son mari Akhénaton, il ressemblerait à Rainer Maria Rilke ou bien est-ce le poète allemand enthousiasmé par les antiquités égyptiennes qui lui ressemble. Du peuple aux élites, tous se passionnent pour cette représentation éternelle de la reine égyptienne. La souveraine, aux traits si modernes, est sortie de son long sommeil pluriséculaire, avec d’autres têtes tout aussi bouleversantes, à partir du site de Tell el Amarna, mis à jour en 1912, par un archéologue berlinois avec l'aide des Egyptiens et notamment les "petits enfants" qui portent les paniers de sable et que Bénédicte Savoy met en avant, pour tenter de faire jaillir le point de vue, les sentiments, la tristesse des dépossédés. Ces sentiments de la perte sont toujours toujours plus difficiles à cerner, à faire émerger des sources, nous dit-elle. 

Les Français qui administrent les antiquités d’Egypte ont laissé partir le buste de Nefertiti à Berlin… Mais la guerre arrive et le terrible conflit se poursuit après 1918 et l'armistice, sur le terrain scientifique. Que signifie alors la demande des Français de restituer à l’Egypte le beau portrait de la reine ? Quelles sont les intentions politiques des uns et des autres ? Comment les opinions en faveur d’un retour ou contre cette restitution se mobilisent-elles ?  

Et nous gagnons le Collège de France, le 26 avril 2017 pour le cours de Bénédicte Savoy, « A qui appartient la beauté ? aujourd’hui, du Caire à Berlin, le buste de Nefertiti »

Pour prolonger :

Quelques articles :

La Leçon inaugurale de Bénédicte Savoy vient d’être publiée chez Fayard , sous le titre, « Objets du désir, désir d’objets ».

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Intervenants
L'équipe
Réalisation
Coordination

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......