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Le caractère chinois fă 法, "loi" / Peinture de Bernard d'Agesci (1757-1828), La justice, musée de Niort.
Épisode 5 :

Ritualisme et légalisme

59 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi l’hétérogénéité de la loi en Afrique ? Qu’est-ce que l’Ecole des lois en Chine? Soumission aux lois ou obéissance à un rituel pour garantir l’ordre social? Le juriste Alain Supiot revient sur le ritualisme & questionne ces formes d’organisation des rapports sociaux parmi les plus anciennes.

Le caractère chinois fă 法, "loi" / Peinture de Bernard d'Agesci (1757-1828), La justice, musée de Niort.
Le caractère chinois fă 法, "loi" / Peinture de Bernard d'Agesci (1757-1828), La justice, musée de Niort. Crédits : Wikicommons

Rediffusion du 13/01/2017

Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation », met en valeur l’approche transnationale et trans-disciplinaires des questions posées par la mondialisation et la révolution numérique, qui bouleversent toutes deux nos sociétés et nos institutions. Aussi, nous propose-t-il dans le cadre de sa série consacrée au passage du « gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres », de se pencher sur l’École des lois dans la culture juridique chinoise.

"Penser un ordre en termes de loi n’a en effet rien d’universel", explique-t-il. Dans de nombreuses sociétés, c’est l’observance de rituels qui assure le bon ordre et non l’obéissance à des lois. 

Le juriste ouvre sur l’exemple des "difficultés de traductions rencontrées dans de nombreuses langues africaines pour incorporer cette notion de loi, arrivée avec la colonisation".

Si le cas chinois est particulièrement intéressant, souligne-t-il encore, c’est parce que "les institutions impériales sont nées d’un conflit, puis d’une combinaison du ritualisme et du légalisme".

"Cette symbiose est à l’œuvre dans de nombreux traités classiques chinois sur l’art du gouverner, qui se sont efforcés de tempérer par le ritualisme la dimension proprement totalitaire du légisme. Et aujourd’hui encore, le légisme continue de percer sous le vernis confucianiste qui enduit l’économie socialiste de marché de la République populaire de Chine".

La pratique de l'analyse juridique d'Alain Supiot, son approche qui mêle longue durée, comparatisme et interdisciplinarité, invitent à ouvrir le regard. Son cours a été publié chez Fayard, sous le titre La Gouvernance par les nombres. En ouverture du chapitre, qui présente les "Autres points de vue sur les lois", il remarque :

"chaque civilisation prête spontanément à ses catégories de pensée une universalité qu’elles n’ont pas. Les Occidentaux y sont d’autant plus enclins que, grâce à leur techno-sciences, ils ont dominé depuis trois siècles le reste du monde. Cette période est en train de se clore, il leur faut désormais compter avec d’autres manières de concevoir l’organisation des sociétés humaines." (p.81)

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours d’Alain Supiot , le 28 février 2013 : "Autres points de vue sur la loi, ritualisme et légalisme"

Pour prolonger :

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  • Juriste, docteur honoris causae, professeur émérite au Collège de France
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