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Image de Grégoire VII provenant de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome /Spirit of Justice by Ford Madox Brown (1845) / Dictatus papæ, archives du Vatican
Épisode 4 :

L'essence de la loi dans la tradition juridique occidentale

59 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi "Le Dictatus Papae" de Grégoire VII représente-t-il un moment fondateur en 1075, un tournant dans l'histoire de l'Etat moderne? Le juriste Alain Supiot analyse comment l’autonomisation de la sphère juridique s’est transmise aux premiers états séculiers, nés de la révolution grégorienne.

Image de Grégoire VII provenant de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome /Spirit of Justice by Ford Madox Brown (1845) / Dictatus papæ, archives du Vatican
Image de Grégoire VII provenant de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome /Spirit of Justice by Ford Madox Brown (1845) / Dictatus papæ, archives du Vatican Crédits : Wikicommons

Comment la culture juridique de Common Law est-elle celle qui a le plus de traits communs avec la Rome antique?

Nous poursuivons aujourd’hui l’examen de « L'essence de la loi dans la tradition juridique occidentale » dans le cadre du cours quAlain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités» consacre au passage du "Gouvernement des lois à la gouvernance par les nombres."

Dans sa présentation pour le Collège de France, Alain Supiot rappelle pourquoi il faut situer la notion de gouvernement, mais aussi l'Etat, l’histoire du droit, ce qu’il appelle « le gouvernement par les lois » dans la longue durée. Il s'attache notamment à la matrice juridique romaine de notre culture et à la division des empires romains d’orient et d’occident. Il souligne combien on méconnaît l’importance décisive de cette division dans l’histoire juridique. Nous allons découvrir comment la révolution grégorienne a fait naître une nouvelle conception de l'ordre juridique marquée par la distinction du pouvoir temporel et de l'autorité spirituelle. Droit et théologie sont séparés et cela a ouvert, et cela peut-être non sans paradoxe, la voie à la reconnaissance corrélative d'un pouvoir temporel et à la naissance de l’Etat moderne.

"Dès lors, le droit s’est affirmé comme une technique placée entre les mains d’experts qui n’ont pas besoin de s’interroger sur la raison des lois", nous explique Alain Supiot.

Poursuivant son histoire de l’évolution des institutions, Alain Supiot voit dans le droit dit « continental » et la Common Law « deux rameaux de la culture juridique occidentale", ainsi définie, malgré les spécificités de chacun qui ont pu être accentuées.

"Bien que rivaux, Droit continental et Common Law sont tous deux confrontés depuis l’entreprise coloniale à des montages institutionnels différents avec lesquels ils ont été et demeurent plus que jamais obligés de composer dans le contexte de la mondialisation."

Il s'agit enfin d'interroger la notion de l’Etat de droit qui va naître de l’articulation de la loi et du droit à partir du XIXe siècle.

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours d’Alain Supiot, « L'essence de la loi dans la tradition juridique occidentale », le 12 janvier 2013.

Pour prolonger :

De nombreuses ressources en ligne autour de la page d'Alain Supiot au Collège de France, dont la bibliographie

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Fondateur en 2008 de l'Institut d'études avancées de Nantes, Alain Supiot en préside aujourd'hui le comité stratégique.

Intervenants
  • Juriste, docteur honoris causae, professeur émérite au Collège de France
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