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Portrait de Boccace par A. del Castagno (vers 1450)/ Domenico di Michelino, Dante et la Divine Comédie. Fresque située dans la nef du Dôme de Florence, Italie/Pétrarque peint par Andrea del Castagno, Galerie des Offices, Florence
Épisode 5 :

Après Pétrarque, l’engagement communal

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment le jeu politique italien se polarise-t-il autour de la grande rivalité entre Milan et Florence, la ville toscane, s’affirmant comme la championne de la "libertas" face à la tyrannie des Milanais? Comment en 1375, le modèle de l’engagement communal des poètes entre-t-il en crise?

Portrait de Boccace par A. del Castagno (vers 1450)/ Domenico di Michelino, Dante et la Divine Comédie. Fresque située dans la nef du Dôme de Florence, Italie/Pétrarque peint par Andrea del Castagno, Galerie des Offices, Florence
Portrait de Boccace par A. del Castagno (vers 1450)/ Domenico di Michelino, Dante et la Divine Comédie. Fresque située dans la nef du Dôme de Florence, Italie/Pétrarque peint par Andrea del Castagno, Galerie des Offices, Florence Crédits : Wikicommons

"Comment penser après Pétrarque l’engagement communal?" demande l’historien Patrick Boucheron. "Jusqu’où Boccace a-t-il voulu réécrire Dante et quel sens politique cela peut-il avoir ?" s’interroge-t-il. Comment en réécrivant Dante, Boccace peut-il "répondre à Pétraque et contester le rapport que ce dernier entretient avec le passé dantesque"? 

Patrick Boucheron, titulaire de la chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIᵉ-XVIᵉ siècle, poursuit son exploration des fictions politiques dans l’Italie urbaine et médiévale du XIVe siècle, entre les expériences communales et  seigneuriales, entre l’admiration et la rivalité de Boccace et de Pétrarque.  

A partir de la fin du XIe siècle, des communes ont décidé de se gouverner elles-mêmes, en Lombardie et en Toscane, arrachant des droits, notamment en matière de justice et de fiscalité, à la souveraineté impériale. Dans un article publié dans L’Histoire en 2008, Patrick Boucheron met en valeur cette « expérience » de modernité politique à propos de Florence qui se gouverne par elle-même, 

« c’est-à-dire par l’intermédiaire de 8 à 12 consuls assistés depuis 1167 d’un conseil de 100 à 150 boni homines. Principe électif, rotation des charges et collégialité des décisions politiques sont les trois piliers du système communal qui ne va pas sans conflit » 

Ce système s’enrichit au siècle suivant de différentes institutions régulatrices. 

Mais dans un article de 2013, sur la « commune, laboratoire de la république », Patrick Boucheron note dans L'Histoire que 

"les institutions s’empilent davantage qu’elles se réforment". 

Dans les années 1230-1280, c’est le "temps du popolo, nouvelle phase de l’histoire communale", "correspondant à l’élargissement de la base sociale des régimes au popolo, c’est-à-dire à tous ceux qui ne sont pas nobles". 

"Ce popolo aspire à représenter l’ensemble de la communauté politique", tandis que "le bannissement des ennemis politiques et le recours à la seigneurie sont les deux issues possibles de la crise des sociétés communales". 

A la fin du cours diffusé hier, Patrick Boucheron expliquait que 

"l’expérience seigneuriale, consiste à la fois en un rétrécissement de la base sociale des régimes et en un élargissement de leur ressort administratif. Autrement dit, en une personnalisation d’un pouvoir qui tend à devenir autoritaire et dynastique et en une expansion de sa domination qui tend à devenir territoriale. La seigneurie ne succède pas à la commune, comme deux régimes antagonistes qui se définiraient de manière idéal-typiques. La seigneurie est l’un des devenir possibles de la commune, en cela on peut parler d’une expérience seigneuriale, théoriquement réversible — même si, les expériences se succédant, elles rendent de plus en plus difficiles un retour en arrière". 

Nous avons découvert hier un Boccace dont "le souci philologique à propos de Dante est débordé par l’énergie fictionnelle", selon la formule de Patrick Boucheron. 

Face à Pétrarque, « Ce qui s’y joue, note aujourd’hui l’historien, « n’est rien moins que la reconnaissance de la souveraineté de l’écrivain, et ce par rapport à l’empire du latin, à son engagement politique et à la définition de ce qu’est un public lettré ». 

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 30 janvier et le6 février 2018pour le cours de Patrick Boucheron, aujourd’hui « Après Pétrarque, l’engagement communal »

Pour prolonger :

  • - Patrick BOUCHERON, Les villes d’Italie (vers 1150 - vers 1340) , Belin sup, 2004.
  • - Patrick BOUCHERON et Denis MENJOT, La Ville médiévale. Histoire de l'Europe urbaine, Seuil, "Points", 2011
  • - « La commune italienne, laboratoire d’une république », dossier du magazine L’Histoire, décembre 2013.
Intervenants
  • Historien, professeur au Collège de France, titulaire de la Chaire d’histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe-XVIe siècle)
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