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Agriculture, labourage - L'Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de gens de lettres (1751-80 Diderot)
Épisode 6 :

La vision révolutionnaire de la démocratie économique

59 min
À retrouver dans l'émission

Quelle a été la vision révolutionnaire de la démocratie économique dans la France des Lumières et l’Amérique de Jefferson ? S’interroge le juriste Alain Supiot. Comment conserver les effets bénéfiques du commerce sans saper les bases civiques de la démocratie ? demande Montesquieu.

Agriculture, labourage - L'Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de gens de lettres (1751-80 Diderot)
Agriculture, labourage - L'Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de gens de lettres (1751-80 Diderot) Crédits : (wikisource)

Quelles ont été les forces et les faiblesses de la proclamation des nouveaux droits de l’homme après 1945 ? Comment les droits économiques et sociaux ont-ils été affirmés et avec quelles conséquences ? Pourquoi les libertés économiques et les droits de l’Homme se présentent-ils aujourd’hui comme les deux faces complémentaires du processus de globalisation ?

Alain Supiot, titulaire de la chaire État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités, membre de la Commission mondiale sur l'avenir du travail, nous propose, depuis la semaine passée une grande réflexion autour des "Figures juridiques de la démocratie économique",.

Après avoir rappelé « les liens étroits et anciens entre la face politique et la face économique de la démocratie », le juriste a montré à partir de l’expérience de la Grèce Antique et de Solon, confronté aux méfaits des inégalités économiques à Athènes,  comment la démocratie pose dès lors la règle de la répartition des richesses. « Le travail indépendant pour tous », s’avère la base d’un régime démocratique, « que chacun puisse vivre, dans l’indépendance, du fruit de son travail », postulat que nous allons retrouver encore aujourd’hui. 

Alain Supiot s’est ensuite attaché à poser les bases juridiques et médiévales de nos démocraties. Il a mis en valeur le recours aux idées de consentement et de contrat, tandis  que 

« la plupart des cités italiennes ont eu le souci d’éviter l’accaparement du pouvoir par les plus riches. » 

Enfin il a montré comment les formes antiques et médiévales de la démocratie ont pu articuler « la loi divine, les lois humaines, et les lois de la nature, donc la Religion, le Droit et la science », la « référence religieuse commune », s’avérant un ciment essentiel. 

Le cours précédent a étudié après l’effacement de la référence religieuse commune, au moment des Lumières, la montée en puissance de la dualité entre les lois humaines et scientifiques, les impasses du scientisme et le grand rôle de la Référence à l’Humanité. Le cours s’est achevé sur la déclaration contenue dans la Constitution de l'Organisation internationale du Travail, d'après laquelle 

« une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale ».

Cette semaine s’ouvre le chapitre de l’économie politique de la démocratie en France et aux Etats-Unis. Alors comment s’est imposée progressivement une conception purement procédurale de la démocratie économique, dont la fonction essentielle serait de protéger les droits des individus et non pas de faire prévaloir un conception partagée du bien commun ? 

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 9 décembre  2016, pour le cours d’Alain Supiot.

Présentation de l'Institut d'études avancées Nantes dont ALain Supiot est lefondateur en 2008 ; il en préside aujourd'hui le comité stratégique.

Intervenants
  • Juriste, docteur honoris causae, professeur émérite au Collège de France
L'équipe
Coordination
Avec la collaboration de
Réalisation
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