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Du cahier précurseur de la bande dessinée chez Rodolphe Töppfer (1799-1846) au cahier-bande dessinée chez Emil Ferris de "Moi, ce que j'aime, c'est les monstres" (Fantagraphic, 2017; Editions Monsieur Toussaint Louverture).
Épisode 1 :

Du fantôme nommé Jabot aux inventions de Richard Felton Outcault

58 min
À retrouver dans l'émission

Qu’a d’unique la bande dessinée et quel est son génie? S’interroge Benoît Peeters, qui revient sur l’extrême liberté des auteurs de BD et leur créativité, dès Rodolphe Töpffer. Comment la planche a-t-elle conquis albums et journaux? Pourquoi la bulle et le phylactère ne font pas la bande dessinée?

Du cahier précurseur de la bande dessinée chez Rodolphe Töppfer (1799-1846) au cahier-bande dessinée chez Emil Ferris de "Moi, ce que j'aime, c'est les monstres" (Fantagraphic, 2017; Editions Monsieur Toussaint Louverture).
Du cahier précurseur de la bande dessinée chez Rodolphe Töppfer (1799-1846) au cahier-bande dessinée chez Emil Ferris de "Moi, ce que j'aime, c'est les monstres" (Fantagraphic, 2017; Editions Monsieur Toussaint Louverture).

Pourquoi Goethe voit-il un "fantôme", en Monsieur Jabot, le personnage créé par Rodolphe Töpffer ? demande l'écrivain Benoît Peeters quand il ouvre l'Année de la bande dessinée au Collège de France.

En ce XXIe siècle, faut-il le rappeler, la vitesse et la révolution  numérique portent à la fois le meilleur et le pire, dans un monde où  depuis l’aube des premiers humains, « l’attrait mystérieux pour le sang  répandu », selon la formule de l’écrivain François Mauriac, — en pleine  montée des fascismes,  en 1934 —, demeure, hélas, la  composante d’une humanité qu’il faut sans cesse pousser à se sauver d’elle-même. Nous sommes assaillis, déboussolés, sidérés, sinon terrorisés par la créativité des serviteurs  du mal radical. Terroristes en tout genre, par le verbe ou  par le sang, cette espèce là, pullule par temps de crise, nous contamine  insidieusement. On étouffe, on suffoque, au sens propre et au sens  figuré, car les catastrophes se présentent désormais en escadrille,  alors que nous vivons une pandémie, elle aussi insidieuse. 

Nous avons appris par cœur, les vers publiés en pleine guerre par le poète Eluard… 

« Sur mes cahiers d'écolier, / Sur mon pupitre et les arbres / Sur le sable sur la neige / J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues / Sur toutes les pages blanches / Pierre sang papier ou cendre / J'écris ton nom (…)

Je suis né pour te connaître / Pour te nommer / Liberté. »

Ce n'est pas un hasard si le mariage du texte et de l’image commence dans des cahiers. Tous les auteurs de bande dessinée ont commencé à exercer leur liberté de créateur dans un cahier. 

Et c’est dans un amphithéâtre Marguerite de Navarre, où nous étions assis,  masqués, au Collège de France, le 7 octobre 2020, un fauteuil sur  d’eux, pour cause de mesures sanitaires, que nous nous sommes affranchis  de la gravité, tels Tintin, Milou et la Capitaine Haddock, dans l'album d'Hergé, « On a  marché sur la lune ». 

"Les Cités obscures", scénario de Benoît Peeters, dessin de François Schuiten. Extraits de "La route d'Armilia" & "Revoir Paris." B. Peeters analyse la mixité du texte & de l'image dans sa conférence. Il se demande comment on monte un escalier en BD.
"Les Cités obscures", scénario de Benoît Peeters, dessin de François Schuiten. Extraits de "La route d'Armilia" & "Revoir Paris." B. Peeters analyse la mixité du texte & de l'image dans sa conférence. Il se demande comment on monte un escalier en BD. Crédits : B. Peeters/F. Schuiten/Casterman

Un itinéraire dans la mixité du texte et du dessin

Des années 1830, avec le précurseur Rodolphe  Töpffer, aux monstres contemporain de l'Américaine, Emil Ferris, nous avons plongé dans  l’histoire de la bande dessinée, dans cette très créative "mixité du texte, du dessin et de l’image", en compagnie de Benoît Peeters,  écrivain, scénariste, spécialiste de la bande dessinée et visiting professor à l’université de Lancaster.

Portraits, planches de BD ont été projetés sur grand écran, pendant la conférence de Benoît Peeters, au Collège de France, qui s'est ouverte sur l'écrivain, pédagogue genevois, Rodolphe Töpffer.
Portraits, planches de BD ont été projetés sur grand écran, pendant la conférence de Benoît Peeters, au Collège de France, qui s'est ouverte sur l'écrivain, pédagogue genevois, Rodolphe Töpffer. Crédits : Patrick Imbert / Collège de France

Ce fut à la fois une surprise et un émerveillement de découvrir au fil de son beau  et grand récit-analyse, les planches de bandes dessinées du fameux Töpffer qui a détourné Goethe de sa mélancolie, de Caran d’Ache, de Benjamin Rabier, de Richard Felton Outcault, de Winsor McCay, d’Hergé,  de Franquin, mais aussi de la mangaka japonaise Kiriko Nananan. 

Alors aujourd'hui et demain, nous vous proposons d'ouvrir la fenêtre, en  compagnie de Benoit Peeters, de prendre de la hauteur, de jouer avec la réalité, avec les possibles, avec les rêves, avec les fantômes — ceux-là  sont moins inquiétants que les spectres, de jouer avec un imaginaire qui  se met souvent au service du rire, de la dérision, mais qui sait dire, aussi puissamment, nos petits travers humains, la douleur, la tragédie,  le cauchemar, un imaginaire qui s’avère un incroyable espace de  créativité et de liberté… qui fait voyager, rêver, méditer, — petits et grands —, donne une foule de grandes émotions sans y toucher, avec  parfois une fausse économie de moyens, une fausse simplicité… que d’art  et que d’inventions dans les cases ou hors cases (car décidément, tout  est possible dans la bande dessinée) !

Caran d'Ache, "Comment on fait un chef-d'oeuvre", Le Figaro, 1888. Benjamin Rabier, "La journée d'une paire de jambes", La jeunesse illustrée, 1908.
Caran d'Ache, "Comment on fait un chef-d'oeuvre", Le Figaro, 1888. Benjamin Rabier, "La journée d'une paire de jambes", La jeunesse illustrée, 1908.

Un précurseur nommé Töpffer

Benoît Peeters ouvre son interrogation du génie créatif dans la bande dessinée, par l'oeuvre du pédagogue genevois, Rodolphe Töpffer, qui s'avère un auteur précurseur du 9e art, dès les années 1830. L'écrivain scénariste souligne :

"Plutôt que la gravure, pourtant privilégiée tout au long du XIXe siècle, Töpffer valorisa le dessin linéaire, comme allaient le faire, au XXe siècle, presque tous les auteurs de bande dessinée. A propos d’un de ses premiers récits Töpffer écrit : ''Si l’auteur est un artiste, il dessine faiblement, mais il a quelque habitude d’écrire; si c’est un littérateur, il écrit médiocrement, mais en revanche il a, en fait de dessin, un joli talent d’amateur''. Transformant en force innovatrice l'imprécision de sa vision, Töpffer avait tenté de conduire le texte et l'image à un même niveau d’épure." (« D'un simple trait », Les cahiers de médiologie, 2000/1, N° 9)

"Histoire d'Albert", Genève, 1845, page présentée par B. Peeters : Rodolphe Töpffer y explore les possibilités offertes par la BD. Une seule et même case se répète à l'infini, dessin et texte se simplifiant jusqu'à l'abstraction.
"Histoire d'Albert", Genève, 1845, page présentée par B. Peeters : Rodolphe Töpffer y explore les possibilités offertes par la BD. Une seule et même case se répète à l'infini, dessin et texte se simplifiant jusqu'à l'abstraction. Crédits : R. Töpffer/B. Peeters/Collège de France

Le "vieux Goethe" est un des premiers lecteurs des « étranges petits livres » de Töpffer, narre Benoît Peeters. Il est "frappé d'emblée par la nouveauté de cette économie graphique et narrative", note l'écrivain-historien, qui cite Goethe :

"Dans les romans caricaturaux, il faut admirer les motifs multiples qu’il sait déduire de très peu de figures. Il humilie l’inventeur le plus fertile en combinaisons." (...) "On doit admirer au plus haut point, note encore Goethe, la manière dont un fantôme comme celui de monsieur Jabot reproduit son individualité impossible sous les formes les plus variées et dans un entourage qui donnent l'illusion de la réalité." 

Pour Benoît Peeters, "Töpffer n'est pas seulement celui qui crée les premiers récits de bandes dessinées, c'est celui et c'est fondamental, qui a "la conscience de forger un médium, de forger quelque chose de neuf et non seulement de le forger, mais de réfléchir à son propos", notamment dans une sorte d'essai graphique, publié sous le titre "l'essai de physiognomonie", qui est un art poétique, "qui prend d'emblée une forme proche de la bande dessinée :

"Les exemples arrivent à l'instant même où il en a besoin, note Benoît Peeters, pour prouver quelque chose sur ce nouvel art, c'est qu'il tire véritablement son impulsion de ses fantômes, comme les nommait Goethe, qui se répètent image après image. Il ne s'agit pas pour Töpffer d'imaginer un récit d'ordre littéraire, puis de l'accompagner d'images. Il ne s'agit pas de légender ou d'illustrer, mais bien de proposer une nouvelle forme, un art mixte qui ne ressemble pas plus à un roman qu'à autre chose. Il est persuadé du potentiel de cet art, de sa diversité."

Vous pourrez entendre, entre les différentes parties de la conférence de  Benoît Peeters, les voix de nos chers auteurs de bande dessinée, ce sera notre contribution sonore à cette belle histoire du 9ème art, en cette année de la BD. 

Richard Felton Outcault, New York Journal, 25 octobre 1896. Planche présentée par B. Peeters : la transmission même du phylactère va de la machine aux personnages vivants. Il note le rôle malicieux des machines sonores et des perroquets dans la BD
Richard Felton Outcault, New York Journal, 25 octobre 1896. Planche présentée par B. Peeters : la transmission même du phylactère va de la machine aux personnages vivants. Il note le rôle malicieux des machines sonores et des perroquets dans la BD Crédits : R.F. Outcault, New York Journal

C’est le philologue, Administrateur du Collège de France, Thomas Römer, Titulaire de la chaire Milieux bibliques, qui introduit la Conférence inaugurale de Benoit Peeters intitulée, « Génie de la  bande dessinée. De Töpffer à Emil Ferris ». Nous gagnons le Collège de  France le 7 octobre 2020, aujourd’hui "Partie 1 : Du fantôme nommé Jabot aux inventions de Richard Felton Outcault".

Richard Felton Outcault, "Hogan's Alley", The World, 13 septembre 1896, planche présentée par Benoît Peeters au Collège de France
Richard Felton Outcault, "Hogan's Alley", The World, 13 septembre 1896, planche présentée par Benoît Peeters au Collège de France Crédits : Richard Felton Outcault / The World

Pour prolonger :

Avec le dessinateur François Schuiten, Benoît Peeters a publié la série de bande dessinée Les Cités obscures (Casterman), série traduite dans le monde entier, et pour laquelle, les deux auteurs ont obtenu de nombreux prix. La Fièvre d'Urbicande (Volume 2 des Cités obscures, Prix du Meilleur Album à Angoulême en 1985) vient d'être publiée en édition couleur et en édition de luxe chez Casterman.

Spécialiste d’Hergé, théoricien de la BD, Benoît Peeters a publié trois ouvrages qui sont devenus des classiques : Le Monde d’Hergé (Casterman, 2004), Hergé fils de Tintin (Flammarion, 2016) et Lire Tintin, les bijoux ravis (Impressions Nouvelles en 2007, pour la 1re édition ; celle de 2015 est suivie d’un grand entretien avec Hergé).

Benoît Peeters a également publié des monographies sur Rodolphe Töpffer et des articles qui reviennent sur le précurseur de la BD :

L'année de la bande dessinée au Collège et BD 2020

L'année de la bande dessinée au Collège de France s'inscrit dans BD 2020. Sur le site du Collège de France, vous retrouverez l'agenda actualisé, pour cause de mesures sanitaire, des prochaines conférences-rencontres, avec les contributions Catherine Meurisse, en compagnie de Bénédicte Savoy, d'Emmanuel Guibert en compagnie de Patrick Boucheron et de Jean-Marc Rochette, en compagnie de Vinciane Pirenne-Delforge.

Extrait de Little Nemo de McCay pour l'affiche de la conférence de B. Peeters au Collège de France, et extraits des affiches des conférences de C. Meurisse, E. Guibert et J.-M. Rochette pour l'Année de la BD au Collège de France
Extrait de Little Nemo de McCay pour l'affiche de la conférence de B. Peeters au Collège de France, et extraits des affiches des conférences de C. Meurisse, E. Guibert et J.-M. Rochette pour l'Année de la BD au Collège de France Crédits : McCay/Peeters/Meurisse/Guibert/Rochette/Collège de France
  • Nous vous recommandons la vidéo de la conférence de Benoît Peeters qui ouvre l'année de la BD  au Collège de France pour retrouver toutes les planches commentées par l'historien-théoricien de la bande dessinée. Nous avons pu ainsi découvrir, entre autres, en grand format, projetés sur l'écran géant de l'amphithéâtre, le "chef d'oeuvre" de Caran d'Ache, On a marché sur la lune d'Hergé, version magazine et version album, les planches en noir et blanc, d’une symbolique coupe de cheveu, celles de Kiriko Nananan pour le roman graphique Blue (Casterman) — les  petites mèches noires qui tombent sur 3 cases- colonnes, découpage et graphismes extraordinaires, qui nous ont donné l’impression et l'émotion d’être face à un grand tableau d'art abstrait...
Extrait du roman graphique "Blue", Scénario et dessin de Kiriko Nananan (Casterman)/Adaptation : Atelier Nouvelle Manga, Kaoru Sekizumi - Traduit (Japonais) par C. Quentin. B. Peeters a présenté dans sa conférence cette scène minimaliste, "admirable"
Extrait du roman graphique "Blue", Scénario et dessin de Kiriko Nananan (Casterman)/Adaptation : Atelier Nouvelle Manga, Kaoru Sekizumi - Traduit (Japonais) par C. Quentin. B. Peeters a présenté dans sa conférence cette scène minimaliste, "admirable" Crédits : K.Nananan/Casterman

"La bande dessinée entre au Collège de France" : à l'occasion de "BD 2020", Benoît Peeters a été reçu en compagnie de Thomas Römer,dans le cadre du magazine Rayon BD de Victor Macé de Lépinay

Archives INA et références musicales :

Références musicales :

Archives INA :

  • ARCHIVE 1 : Interview de René Goscinny sur le gag et le rythme, en BD,  JT d'Inter de 13H, 26 janvier 1974, archive extraite de l'émission "Dans le chaudron de Goscinny" :

"La bande dessinée, ça signifie surtout un moyen d'expression qui me  convient parfaitement, qui a ses possibilités et ses limites. Mais en ce  qui me concerne, moi qui me spécialise dans l'humour, qui a une chose  extraordinaire : vous pouvez faire un tout petit gag et le lecteur peut  s'y attarder aussi longtemps qu'il le veut, c'est à dire que le rythme  est imposé par le lecteur lui même, ce qui est un énorme avantage par  rapport à tous les arts du spectacle, que ce soit le cinéma, la  télévision ou le théâtre, où c'est l'auteur qui impose un rythme et qui  ne peut pas parfois utiliser un gag parce qu'il est trop léger, il est  trop petit, il passe trop vite. Chez nous, c'est le lecteur qui décide ça..."

  • ARCHIVE 2 : Extrait d'interview d'André Franquin sur la "lecture à 2 étages" dans la BD, dans l'émission "Quotidien pluriel", France Inter, diffusée le 08 mars1985. Pour André Franquin, il s'agit d' "occuper le lecteur à 2 degrés différents" :

" Il faut d'abord que le lecteur lise la bande dessinée facilement pour savoir ce qui arrive, pour savoir ce qu'est l'histoire. Ensuite, il faut  donner aux lecteurs de quoi revenir et voir des détails dans la bande  dessinée. Des détails qui l'amusent, qui lui font des surprises qui lui  font plaisir. Un petit détail, un objet par-ci, un petit détail bien observé par-là, et c'est une lecture à deux étages, je crois, la bande dessinée."

  • ARCHIVE 3 : extrait  du documentaire "Toute la mémoire du monde", court métrage d'Alain  Resnais sorti en 1956 consacré à la Bibliothèque nationale de France et à l'organisation de ses archives, musiques de Maurice Jarre et Georges  Delerue.
En 1956, alors qu'Alain Resnais explique les rouages de la Bibliothèque Nationale de France, dans le plan final qui explique le dépôt légal, il prédit "par une image malicieuse" que la presse BD pourrait devenir un enjeu de recherche à l'avenir...
En 1956, alors qu'Alain Resnais explique les rouages de la Bibliothèque Nationale de France, dans le plan final qui explique le dépôt légal, il prédit "par une image malicieuse" que la presse BD pourrait devenir un enjeu de recherche à l'avenir... Crédits : A. Resnais

Le  dernier plan de la séquence du film d'Alain Resnais sur ce qui fera  objet de civilisation est une vue sur la collection des magazines BD de la BNF. En l'absence de voix off sur ce plan prémonitoire, nous avons  proposé un très bref extrait de l'interview de Roland Barthes,  professeur au Collège de France, à la sortie d'une soutenance de thèse sur l'oeuvre de Schultz et la BD américaine, dans le cadre  du magazine  "Les après-midi de France Culture" du 9 mars 1977. 

"La bande dessinée est un merveilleux objet de réflexion sur notre civilisation", souligne Roland Barthes

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  • ARCHIVE 4 : Interview de Claire Bretécher, diffusée sur "Temps libre" le 19 janvier 1974. De son "tas de pensées inavouables", Claire Bretécher a tiré ses dessins  et sa page satirique au Nouvel Obs : "Quand j'étais gosse, je faisais  des histoires à tour de bras" raconte-t-elle. Mais ce qu'elle aime, c'est faire de l'absurde: "Plus votre histoire est bête, meilleure, elle est, dit-elle. Je fais de la récupération (...), je fais des pages pour le "Nouvel Obs" sur la Vie courante... c'est absurde et réjouissant... de voir les  gens se contredire avec le plus grand sérieux..."
  • ARCHIVE 5 : Umberto Eco sur les rapports entre les auteurs de BD et l'art, extrait de la séquence "Voix  d'ailleurs : Umberto Eco", dans le magazine "Surpris par la nuit",  France Culture, diffusée le 17 novembre 2004 :

"D'un côté, la bande dessinée s'inspirait des modèles, et seulement plus tard, l'art d'avant garde s'est inspirée de la bande de la bande dessinée, donc il y a un double mouvement."

Extrait de "Flash Gordon" 28 août, 1938, par Alex Raymond
Extrait de "Flash Gordon" 28 août, 1938, par Alex Raymond Crédits : A. Raymond/B. Peeters
  • ARCHIVE 6 : Franquin en 1977 sur la rencontre du texte et du dessin :

"La  bande dessinée, c'est très bien, mais il faut, il faut un fond de  dessin d'après nature, tout de même, si on veut pousser cette bande  dessinée un peu plus loin et si on veut avoir dans la main et dans le  souvenir certaines formes. Si on veut pouvoir en jouer, si on ne veut  pas se limiter à la routine commerciale, simplement de la bande  dessinée." "Elle se fait de mille façons différentes parce que toutes  les solutions sont possibles. J'ai moi même essayé toutes. C'est à dire?  Je crois que l'idéal, c'est de se trouver, d'être soi même son propre  scénariste. Vous vous exprimez vraiment parce tout en faisant votre  dessin, vous pouvez transformer, transformer jusqu'à la dernière image.  Vous voulez transformer votre idée, la perfectionner et la pousser plus  loin et tout à coup, faire une trouvaille à la cinquième image d'une  planche qui fera vraiment tout le plaisir de la planche."

Un grand merci à Benoît Peeters et à Anne Brulant, Documentaliste Multimédia à l'Ina.

Intervenants
  • Ecrivain, spécialiste de BD, scénariste, éditeur et professeur à l’Université de Lancaster
L'équipe
Production
Réalisation
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