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Glyptodon, peinture de Heinrich Harder (1858-1935).
Épisode 9 :

L’aube de l’Anthropocène

59 min
À retrouver dans l'émission

Quelle est l’interaction des Homo sapiens, des hommes modernes avec leur environnement ? Jean-Jacques Hublin s'interroge comment ils ont pu modifier avant même l'anthropocène la faune, les paysages, voire l’atmosphère si l'on songe aux conséquences de la maîtrise du feu...

Glyptodon, peinture de Heinrich Harder (1858-1935).
Glyptodon, peinture de Heinrich Harder (1858-1935). Crédits : Wikicommons/Heinrich Harder

Le paléoanthropologue, Jean-Jacques Hublin, professeur invité au Collège de France, depuis 2014 et directeur du département d'Évolution humaine à l'Institut d'anthropologie évolutive Max Planck de Leipzig en Allemagne, achève ce matin sa série « Homo sapiens : l’espèce orpheline », par une grande interrogation sur l’impact de cet homo sapiens sur son entourage et son environnement à l’heure des débats scientifiques autour de "l’aube anthropocène".

Le Prix Nobel de chimie de 1995, Paul Crutzen a popularisé ce terme d' "anthropocène". "A la suite de l’holocène (terme proposé par C. Lyell en 1833, « l’ère récente », située entre -18 000 et - 8 000 ans), l’anthropocène" se caractérise par "l’influence massive de l’espèce humaine sur l’environnement" (cf. Gilles Boeuf, "Qu’est-ce que la biodiversité ? Quels sont les mécanismes de son érosion ?", Annales des Mines, oct. 2012, p. 9). Or cette influence massive, on la trouve déjà au moment de l’expansion d’Homo Sapiens, espèce humaine sans doute aussi innovante que prédatrice.

Dans son ouvrage, Quand d'autres hommes peuplaient la terre, co-écrit avec Bernard Seytre, Jean-Jacques Hublin rappelle :

"C'est paradoxalement l'installation d'un climat extrêmement froid auquel ils étaient biologiquement peu préparés qui consacre le triomphe des hommes modernes sur leurs prédécesseurs néandertaliens ». (...) « Confronté à des conditions extrêmes, [l'homme moderne] a dû inventer des techniques et des modes de vie, des structures sociales pour survivre dans un environnement hostile. Il a inventé vite à l'échelle de quelques générations. Au cours de son expansion en Afrique puis hors de ce continent, l'homme moderne inventa l'invention, l'innovation rapide devint un moyen d'adaptation systématique à des environnements nouveaux. En quelques générations des groupes humains de régions tempérées s’adaptèrent à la toundra glacière achevant ainsi un tome de notre histoire".

Et Jean-Jacques Hublin de conclure :

« l’évolution humaine continuait à être biologique mais devenait avant tout culturelle. ».

Cela posé, l’expansion de l’homme moderne s’est accompagnée nous l’avons vu la semaine passé par de grandes extinctions d’espèces animales. La méga-faune a disparu en particulier... les ours des cavernes en Europe, le kangourou géant en Australie…ils n’ont pas résisté à la chasse intensive des hommes modernes. Des grands carnivores en concurrence avec les hommes, leurs proies se raréfiant ont eux aussi disparu. A côté de la faune, ce sont aussi les paysages qui ont été modifiés.

Sans exonérer l’homme moderne quelle est son interaction avec son environnement ?

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 13 décembre 2016, pour le cours de Jean-Jacques Hublin, intitulé « Homo sapiens : l’espèce orpheline », aujourd’hui "L’aube de l’Anthropocène".

Intervenants
  • Paléoanthropologue, professeur au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig, titulaire de la chaire Paléoanthropologie au Collège de France.
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