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Détail de la couverture des cours de R. Aron au Collège de France (EHESS éditions) et page de garde de sa leçon inaugurale
Épisode 6 :

Leçon inaugurale de Raymond Aron

59 min
À retrouver dans l'émission

Quel est le libéralisme de Raymond Aron? Comment la sociologie est-elle "une science de la société moderne ?" Pourquoi revenir sur l'opposition entre Durkheim et Weber?

Détail de la couverture des cours de R. Aron au Collège de France (EHESS éditions) et page de garde de sa leçon inaugurale
Détail de la couverture des cours de R. Aron au Collège de France (EHESS éditions) et page de garde de sa leçon inaugurale Crédits : EHESS Editions et Collège de France

A la disparition de Raymond Aron, en 1983, Claude Lévi-Strauss qui s’est rapproché de l’auteur de la Sociologie allemande (1935) et de l’Opium des Intellectuels (1955), lui rend hommage ainsi :

« Il entra sur le tard au Collège, déjà paré d’un prestige de légende ». Cet « Intime de Sartre à l’École Normale, observateur en Allemagne de la montée du nazisme, proche de De Gaulle à Londres, collaborateur de Combat aux côtés d’Albert Camus », lecteur de « Kant et Proust », de Clausewitz, a été le « témoin, dans ses rapports avec les individus comme au spectacle du monde, des ravages de l’esprit de système, des méfaits des idéologies ». « Il s’est, sa vie durant, imposé une sorte d’ascèse pour penser contre soi-même et tout soumettre au contrôle de la raison. »

Raymond Aron s’interroge d’ailleurs ainsi dans sa leçon inaugurale :

« Quelles relations s'établissent entre les sens vécus par les acteurs et le sens que l'observateur, contemporain ou rétrospectif, historien ou sociologue, substitue aux sens vécus? ».

Très attaché à sa liberté et à la croisée de plusieurs approches du monde, Raymond Aron souligne que c’est

"Grâce à Max Weber, qu’il a cru à la possibilité de joindre, sans les confondre, curiosité scientifique et souci politique, réflexion détachée et action résolue. »

Pierre Viansson-Ponté qui fait son portrait dans le journal Le Monde en 1967, rappelle que

« sur son épée, en tant que membres de l'Institut, le philosophe-sociologue avait fait graver une phrase d'Hérodote : ‘nul homme n'est assez dénué de raison pour préférer la guerre à la paix’ et citant cette formule, Raymond Aron ajoutait avec délectation, ‘mais ce n'est pas vrai’ ! ».

« Tout l’homme est dans ces quelques variations » en conclut Pierre Viansson-Ponté, qui énumère, « l’orgueil de la fière modestie, l’extrême agilité intellectuelle, le goût du paradoxe qui conduit à orner une lame d'une banalité pacifiste et rassurante pour la ridiculiser sur le champ, l’horreur d'être classé », chez l’intellectuel qui se partage entre la philosophie, la sociologie et l’économie, le journalisme et l’enseignement dans les plus prestigieuses institutions, de Sciences Po, à la Sorbonne, Harvard et Columbia, avant sa nomination au Collège de France à l’âge de 65 ans, à la chaire de Sociologie de la civilisation moderne [1970-1978] .

Le normalien qui s’est opposé aux totalitarismes, qui a ferraillé avec les plus illustres penseurs de son temps, Sartre et Merleau-Ponty, qui a créé le Centre européen de sociologie historique, avec Pierre Bourdieu en « directeur effectif », malgré tous ses titres de gloire et une réputation d’animal « froid » et « impassible » se présente néanmoins et selon le témoignage de Georges Duby, « vert de peur » pour passer le rituel de la leçon inaugurale, le 1er décembre 1970. Cette peur qui accompagne tous les nouveaux entrants, Claude Lévi-Strauss avaient les mains tremblantes pour la sienne, il vous faudra l’imaginer. C’est Clémence Azincourt qui prête sa voix à Raymond Aron pour la lecture de sa leçon intitulée : « De la condition historique du sociologue ».

Et nous gagnons le grand amphithéâtre du Collège de France, 1er décembre 1970 au collège de France.

Mise en ondes de Diphy Mariani.

Pour prolonger :

La revue Commentaire fondée par Raymond Aron : https://www.commentaire.fr

Bibliographie

La Politique des chaires au Collège de France Sous la direction de : Wolf FEUERHAHN, Préface de : Antoine COMPAGNON

La Politique des chaires au Collège de FranceLes Belles Lettres/Collège de France et avec le soutien de PSL Research University, 2017

Intervenants
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