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Programme de la pièce d'Israel Zangwill, intitulée "The Melting Pot", en 1916
Épisode 4 :

De la France aux Etats-Unis : assimilation et intégration

58 min
À retrouver dans l'émission

Quelles sont les réticences face à l’immigration, dès la fin du XVIIIe siècle aux Etats-Unis? S’interroge François Héran. Qu’est-ce que le melting-pot et quels sont les paradoxes liés au choix de ce terme? Après la France, le démographe-anthropologue analyse les débats autour du "creuset" américain.

Programme de la pièce d'Israel Zangwill, intitulée "The Melting Pot", en 1916
Programme de la pièce d'Israel Zangwill, intitulée "The Melting Pot", en 1916 Crédits : University of Iowa Libraries Special Collections Department / Wikicommons

Peut-on tracer des correspondances entre la vocabulaire français de l’intégration et de l’assimilation avec la terminologie américaine?

Titulaire de la chaire « Migrations et société », François Héran questionne  aujourd’hui les controverses américaines sur l’immigration dans le cadre de sa série intitulée « l'Intégration : constats et débats ». 

Avant d'aborder le continent américain, le démographe achève son analyse sur les avatars de l’assimilation en France, à partir de l’approche ethnographique et socio-historique d’Abdellali Hajjat. Il a présenté notamment les travaux de thèse de ce sociologue dans le cours précédent. Abdellali Hajjat  s'est intéressé aux _"_origines du concept d’assimilation, en France et en Grande-Bretagne ; il a aussi pratiqué toute une ethnographie de l'usage des concepts d'assimilation par l'administration française".

Au XIXe siècle, avec la conquête de l’Algérie et des populations colonisées qui résistent, s’est posée la question : « comment imaginer une conquête sans assimilation des vaincus ? », dans le contexte de l’expansion de l’empire colonial français. François Héran a cherché à comprendre pourquoi un droit de la naturalisation s’est développé en France et pourquoi naturaliser les « indigènes », comme on appelait alors les populations colonisées par la France, alors que pour l’essentiel, on les juge "inassimilables"? ». Si la terminologie raciale est absente de la loi, le démographe note cependant qu’elle est présente dans la doctrine et qu’il se dessine un racisme et un vocabulaire discriminatoire sous la IIIe République. 

Or la dénatalité précoce et la révolution industrielle qui a besoin d’une multitude de bras, ont fait de la France une terre d’immigration. L’historien Eric Vial, spécialiste de l’émigration anti-fasciste italienne, rappelle :

"En 1927, l'accès à la nationalité est simplifié : après la saignée de la guerre, on manque de citoyens et de soldats. (…) La naturalisation est facilitée : elle peut être demandée à 18 ans au lieu de 21 ans, après trois ans de séjour au lieu de 10, un seul pour l'époux d'une française, les naturalisés restant inéligibles 10 ans". 

Et c’est cette loi de 1927 avec ses paradoxes que nous retrouvons en début de cours.

Nous gagnons le Collège de France, pour la fin du cours de François Héran, du 20 décembre 2019  et la première partie du cours du 10 janvier 2020, aujourd’hui « De la France aux Etats-Unis : assimilation et intégration »

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