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Jean-Paul Laumond

Jean-Paul Laumond : la robotique, une récidive d’Héphaïstos

59 min
À retrouver dans l'émission

"Quel degré d’autonomie peut-on attendre des robots"? "Comment les doter de plus de flexibilité et faciliter leur programmation?" demande Jean-Paul Laumond, en faisant entrer la robotique au Collège de France, dans le cadre de la chaire annuelle d'Innovation technologique Liliane Bettencourt.

Jean-Paul Laumond
Jean-Paul Laumond Crédits : Patrick Imbert / Collège de France

Rediffusion du 23 août 2016

Jean-Paul Laumond, roboticien, enseignant à l’ENS et directeur de recherche au Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes, à Toulouse, affirme son enthousiasme, dans une interview donnée au Point en 2012 : 

« Le précédent millénaire s’est terminé sur la révolution informatique, le nouveau millénaire commence sur celle de la robotique. En 50 ans, on a vu arriver le smartphone, les moteurs de recherche, le GPS dans les voitures… c’est au tour des robots, de l’explorateur spatial à l’assistant chirurgien ». La robotique médicale, nous dit-il, c’est « la possibilité offerte aujourd’hui au chirurgien d’améliorer la précision de son geste : plus d’un million de patients ont aujourd’hui été opérés avec un robot ». 

Les premiers succès de la robotique remontent aux « robots assembleurs, soudeurs ou peintres, largement répandus » dans les usines du monde entier « depuis l'apparition en 1961 du robot «Unimate» sur une chaîne de production de General Motors ». Il rappelle que « La robotique traite du rapport avec le monde réel, que peut entretenir une machine, qui bouge et dont les mouvements sont dirigés par un ordinateur »

De 2005 à 2008, il codirige un laboratoire franco-japonais dédié à la robotique humanoïde. Ses travaux actuels portent sur l'étude des fondements calculatoires de l'action anthropomorphe. 

« Le défi majeur auquel on s’attaque aujourd’hui, c’est l’interaction avec l’humain. Les robots sont enfermés dans des cages ou fixés au sol parce que, s’ils disjonctent, au sens propre comme au figuré, ils peuvent être extrêmement dangereux. Pouvoir interagir en toute sécurité avec un robot va tout changer. C’est la voie ouverte au robot d’appartement », au robot de service, au robot humanoïde.

Jean-Paul Laumond voit dans Héphaïstos, le dieu de la robotique. Il rappelle que le dieu boiteux s’est fabriqué des « servantes en or qui l’aident à se déplacer, en clair, des robots d’assistance ». Mais Héphaïstos dans sa relation à la déesse Athéna, c’est aussi la « tension » entre « savoir » et « faire », tension que notre roboticien a expérimenté dans ses travaux. 

« Toute une génération de roboticiens français, dont je fais partie, a été élevée dans cette vision tendue entre le rêve du chercheur et le pragmatisme de l’ingénieur. »

A ceux qui craignent l’arrivée des robots, il rappelle que les inventions ont souvent des applications surprenantes. « Que dire des petits robots Nao que des équipes éducatives utilisent aujourd’hui pour assister les enfants autistes ? Aucune « commande » n’a été passée, pourtant, pour cette « petite machine communiquant par la voix et le mouvement pour aider ces enfants à sortir en partie de leur isolement.

Et nous gagnons le grand amphithéâtre du collège de France, pour la leçon inaugurale de Jean-PaulLaumond « La robotique : une récidive d'Héphaïstos », le 19 janvier 2012.

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