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Pwanchir Pitu, shaman et chef spirituel du peuple Achuar (Equateur)
Épisode 1 :

Introduction

59 min
À retrouver dans l'émission

Quelles sont les formes d’hybridation qui touchent les collectifs humains et non humains (esprits, animaux, plantes...) ? s’interroge Philippe Descola. Quelles sont les 4 modes d’identification, les 4 façons contrastées de détecter des continuités et des discontinuités dans les plis du monde ?

Pwanchir Pitu, shaman et chef spirituel du peuple Achuar (Equateur)
Pwanchir Pitu, shaman et chef spirituel du peuple Achuar (Equateur) Crédits : Patricio Realpe / Wikipedia Commons

A quoi ressemblent les genres de collectifs formant l’armature au sein de laquelle chaque régime ontologique peut s’épanouir, qu’il s’agisse du régime animiste, totémiste, analogiste ou naturaliste ?

Philippe Descola, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Anthropologie de la nature, directeur d'études à l’EHESS, normalien, auteur d’une thèse d’ethnologie sous la direction de Claude Lévi-Strauss, spécialiste des Indiens Achuars en Haute Amazonie qu’il a étudiés à la fin des années 1970, interroge à nouveau son grand sujet de recherche, "la composition des collectifs". Il s’attache cette année "aux formes d’hybridation" dans la perspective de l’anthropologie comparative des rapports entre humains et non humains qu’il a développée depuis plusieurs années. 

J’ambitionne, nous dit-il, d’examiner les conditions de compatibilités et d’incompatibilités au sein d’un même collectif, entre des logiques qui paraissent relever de deux régimes ontologiques différents. Je procéderai par études de cas… en concentrant mes efforts sur deux formes d’hybridation, entre l’animisme et le totémisme, d’une part et entre l’animisme et l’analogisme, d’autre part.

L’anthropologue revisite pour ce cours d'introduction, à la fois les définitions qu’il a données à chaque régime ontologique et son riche parcours, fait de rencontres, de terrains américains et de lectures qui nous entrainent d'un continent à l'autre. 

Dans La Composition des mondes, publié chez Flammarion, Philippe Descola explique qu’il n’est "pas un adepte des néologismes" :

J’ai suivi une habitude classique de l’anthropologie, qui consiste à employer des termes sanctionnés par la tradition, en les définissant de façon différentes, enrichissant ces termes "d’une couche de sens alternatif" (p. 218). 

Ma formation philosophique explique aussi en partie (la) volonté de présenter un monde synthétique dès le départ (p. 222). 

La combinatoire que je propose est d’abord et avant tout un modèle anthropologique destiné à résoudre des problèmes anthropologiques, c’est-à-dire à expliquer des corrélations ou des incompatibilités observées depuis longtemps entre des classes de faits qu’étudient les anthropologues (p. 223).

Alors comment en venir à interroger les formes d’hybridation ? Et quels sont les rapports "contrastifs" entre totémisme et animisme? 

Nous gagnons tout de suite l’amphithéâtre du Collège de France, le 31 janvier 2018, pour le cours de Philippe Descola, "La composition des collectifs : formes d'hybridation", aujourd'hui "Introduction"

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