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 la "face de la paix" de l’Etendard d'Ur retrouvé dans une des sépultures du complexe des tombes royales, par Leonard Woolley, datant des environs des XXVè siècle av JC.
Épisode 10 :

La domination babylonienne et sa fin

59 min
À retrouver dans l'émission

Que pouvons-nous savoir des événements politiques agités et de la vie des habitants d'Ur entre 1763 et 1738 avant J.-C. ? S’interroge l'assyriologue Dominique Charpin. Quelles sont les traces de la présence du roi-conquérant Hammu-rabi dans la puissante cité mésopotamienne ?

 la "face de la paix" de l’Etendard d'Ur retrouvé dans une des sépultures du complexe des tombes royales, par Leonard Woolley, datant des environs des XXVè siècle av JC.
la "face de la paix" de l’Etendard d'Ur retrouvé dans une des sépultures du complexe des tombes royales, par Leonard Woolley, datant des environs des XXVè siècle av JC. Crédits : British Museum / Domaine public (Wikimedia)

Quelle fut la place faite par Hammu-rabi à la ville d’Ur? Comment dater la révolte de Rim-sin II  et que nous révèlent de la reconquête de Samsu-Iluna, les fouilles de 2017 de la maison du général Abisum? 

Enfin, quels sont les facteurs qui ont conduit à l’abandon d'Ur  par ses habitants après 1738 avant J.-C. ? 

Après des études d’histoire, d’archéologie et de philologie à la Sorbonne, Dominique Charpin, qui s’est pris de passion pour la région de l’ancienne Assyrie, dès sa jeunesse, s’est spécialisé sur la Mésopotamie au deuxième millénaire avant J.-C., l’époque « paléo-babylonienne », qui est dominée par la figure illustre du roi Hammu-rabi. 

Nous voici aujourd’hui au terme, de la série que l’épigraphiste-archéologue, titulaire de la chaire « Civilisation mésopotamienne » au Collège de France, a consacré à « La ville d'Ur à l'époque paléo-babylonienne »

Nous voici aussi entraînés dans une histoire politique agitée, tandis que Dominique Charpin essaie de retrouver comment les habitants d’Ur qui contrairement à l’historien, ne connaissaient pas la suite des événements, ont pu s’adapter et organiser leur existence.

Dès l'ouverture du cours, l'assyriologue entre en discussion avec l'historiographie et au fil de l’heure avec les travaux de ses collègues, notamment ceux de Woolley et de Marc van De Mieroop. 

Il pose la question de l'abandon de la ville d'Ur en fin de cours. Il se demande comment les habitants qui sont restés après la reconquête de Samsu-iluna ont pu réorganiser, face à la menace des pillards, la garde des trésors du temple de Ningal ? 

Dans sa leçon inaugurale, « Comment peut-on être Assyriologue ? » où Dominique Charpin a présenté les enjeux d’approches et de méthode de sa discipline, il rappelait : «

Depuis les travaux de Michel Foucault, notamment, le monde savant a compris qu’il ne peut pas y avoir de représentation fidèle d’une civilisation ; il ne peut y en avoir que des approches successives, inévitablement tributaires de leur propre enracinement culturel. 

En dépit de titres célèbres, nous ne pourrons jamais ressusciter Babylone : ce que l’assyriologue peut offrir, c’est un discours de plus en plus riche sur la civilisation mésopotamienne, qui change constamment, à la fois en fonction des matériaux disponibles, de plus en plus nombreux, et des centres d’intérêt des savants modernes. La relecture des textes connus et la publication de nouveaux documents ne doivent pas être opposées : ces deux activités s’enrichissent mutuellement. 

Trace de pillage antique au milieu du caveau funéraire de la maison d'Abisum (avril 2017)
Trace de pillage antique au milieu du caveau funéraire de la maison d'Abisum (avril 2017) Crédits : E. Stone/P. Zimansky

C’est dans cette richesse de discussion et de la recherche que nous entrons aujourd’hui. En première partie, Dominique Charpin s’attache à nous présenter la domination babylonienne contrastée, (de la conquête d'Hammu-rabi au début du règne de son fils, Samsu-iluna, de la révolte de Rim-sin II à la reconquête de Samsu-iluna), avant de retrouver en seconde partie, les quartiers révélés par les fouilles archéologiques avec leurs noms de rue britanniques, la fameuse Quiet Street, baptisée ainsi par Sir Charles Leonard Woolley avec laquelle nous nous sommes familiarisés ces deux dernières semaines.

Fidèle à sa méthode, Dominique Charpin fait le va-et-vient entre le résultat des fouilles et l'analyse des textes retrouvés. Il souligne : 

En dépit de cette histoire politique agitée, l'historien relève de nombreux éléments de continuité. La plupart du temps, ce sont les mêmes familles qui continuèrent à exercer leurs responsabilités, depuis le temps de Rim-Sin I jusqu'à la fin de l'occupation paléo-babylonienne de la ville.

Visiteurs irakiens sur la ziggourat d'Ur un vendredi
Visiteurs irakiens sur la ziggourat d'Ur un vendredi Crédits : Dominique Charpin/Collège de France

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 20 juin 2018, pour le cours de Dominique Charpin.

Bibliographie

La vie méconnue des temples mésopotamiens

La vie méconnue des temples mésopotamiensLes Belles Lettres / Le Collège de France , 2017

Intervenants
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