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Daniel d'Arthez met en garde Lucien de Rubempré sur les dangers du journalisme (Les Illusions perdues de Balzac) et dessin extrait de L'étoile de Séville : neuf maquettes de costumes par Paul Lormier en 1845
Épisode 2 :

L’écrivain en athlète

58 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi le portrait de l’écrivain en athlète ? Quelles relations entre le monde des lettres et la salle des armes ? Qui étaient Saint-Georges et Grésier ? Du poète à l’écrivain-journaliste, Antoine Compagnon s'interroge sur les auteurs qui manient leur plume comme une épée, du XVIe au XIXe siècles.

Daniel d'Arthez met en garde Lucien de Rubempré sur les dangers du journalisme (Les Illusions perdues de Balzac) et dessin extrait de L'étoile de Séville : neuf maquettes de costumes par Paul Lormier en 1845
Daniel d'Arthez met en garde Lucien de Rubempré sur les dangers du journalisme (Les Illusions perdues de Balzac) et dessin extrait de L'étoile de Séville : neuf maquettes de costumes par Paul Lormier en 1845 Crédits : Adrien-Moreau/Paul Lormier/Source gallica.bnf.fr / BnF

Nouvelle diffusion du 29 août 2017

Pourquoi la figure du bravo?

Antoine Compagnon, titulaire de la chaire « Littérature française moderne et contemporaine : Histoire, critique, théorie » poursuit son exploration des tropes de la guerre littéraire ? Cette guerre littéraire, il l’emprunte aux Illusions perdues de Balzac. Il installe sa réflexion dans la période faste de l’écrivain-journaliste escrimeur des années 1820-1870. Il analyse la métaphore, mais aussi le lieu commun, de la « plume d’acier ». Alors qu’il se penche aujourd'hui sur le XIXe siècle, ce temps où l’âge industriel, voit le développement de la presse, la naissance des pratiques sportives moins élitistes, la compétition fait rage dans le monde littéraire et le sport de référence est l’escrime. Antoine Compagnon souligne la place des salles d’armes dans la vie littéraire, mais aussi le rôle de deux grands maîtres d’armes, deux esthètes, Saint-Georges à la fin du XVIIIe siècle et Grésier, auteur Des Armes et du Duel en 1847.

Edouard Launet, présentant le cours sur la Grande Guerre littéraire pour le centenaire de 1914, évoquait les grands traits de l’approche d’Antoine Compagnon et sa liberté au Collège de France pour le journal Libération et c’est bien cette méthode que nous retrouvons cette semaine :

"Comme à son habitude, le spécialiste de Proust, Montaigne et Baudelaire semble avoir décidé de flâner, de proposer le spectacle de sa propre heuristique, de se donner le droit d’hésiter et, pourquoi pas, de se contredire. »

Dans ce laboratoire du Collège de France, Antoine Compagnon analyse l’incontournable et durable image de l’écrivain en athlète « aguerri » et « infatigable ». Même Hugo, qui pourrait y échapper, se définit en athlète et notre historien de la littérature le cite

« Je suis le poète farouche, le songeur ailé, l’âpre athlète ».

Dans le cadre de sa série intitulée « De la littérature, comme sport de combat », de Balzac, à Baudelaire et Dumas qui affectionne le mot athlète, Antoine Compagnon ouvre donc ce « dossier », de l’Athlète mais aussi de son corollaire sombre, l’homme de main, le bravo. Et il cite Jules Janin qui peut défendre les journalistes et critiquer Les Illusions perdues de Balzac pour nous éclairer sur ces bravi à l’âge des as de la polémique :

« Dans les régions infimes de la presse, il est des hommes qui tiennent une plume comme les bravi italiens tiennent leur poignard, à la disposition de qui les paie. Pénétrez dans une de ces boutiques de calomnies et d'injures et pour très peu d'argent notre homme va vous distiller toute la calomnie dont vous aurez besoin. »

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 10 janvier 2017, pour le cours d’Antoine Compagnon, « De la littérature comme sport de combat », aujourd'hui, "L’écrivain en athlète".

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