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Enterrement de victimes de la peste à Tournai. Détail / miniature des "Chroniques et annales de Gilles Le Muisit", abbé de Saint-Martin de Tournai
Épisode 2 :

Dernières nouvelles de la peste

58 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi revenir sur une "épidémie de peste", présentée en 1983, au festival d’Avignon et quelle est la terreur à exorciser ?

La peste de Marseille - Vue du côté du Cours - Dessinée sur le Lieu en 1720. N°143 : [estampe] Éditeur, Basset [ca 1790]
La peste de Marseille - Vue du côté du Cours - Dessinée sur le Lieu en 1720. N°143 : [estampe] Éditeur, Basset [ca 1790] Crédits : BNF/Gallica

Pourquoi l’historien, Patrick Boucheron, nous invite-t-il à prendre au sérieux, avec l’écrivain Antonin Artaud, l’analogie entre le théâtre et la peste? Enfin de quelle façon la société de peste chez l’historien Jean Delumeau devient-elle d’une certaine manière une fiction littéraire, quand chez le philosophe-historien Michel Foucault, elle devient une fiction politique?

Dans le cours qui a introduit sa nouvelle série consacrée à la "peste noire", Patrick Boucheron,  titulaire de la chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIᵉ-XVIᵉ siècle, a indiqué que cette 2e pandémie de peste, survenue au milieu du XIVe siècle, était "un laboratoire dynamique d’interdisciplinarité", sinon d’une "révolution cognitive". La peste noire est aussi "une épreuve de narration", nous a dit l'historien. Elle pose des défis de récit.

"Comment écrire une histoire globale d’un événement de longue durée soumis aujourd’hui à un triple débordement (chronologique, géographique et disciplinaire) sans s’éloigner pour autant des exigences de l’histoire sociale" ? S’interroge Patrick Boucheron dans sa présentation. 

"Car si la peste est « bonne à penser », pour une histoire des pouvoirs, poursuit le médiéviste, ce n’est pas seulement parce qu’elle met à l’épreuve ce que peut l’histoire dès lors qu'elle se montre accueillante à l’apport de toutes les sciences du passé, y compris lorsqu’elles fouillent les archives du vivant et celles de la Terre. C’est aussi parce qu’elle fut, historiquement, une mise à l’épreuve de la capacité des sociétés humaines à faire face à la mort de masse". 

Après Marseille face à la peste au milieu du XIV siècle, nous reviendrons aujourd’hui sur Marseille, touché à nouveau par le fléau, -- un fléau qui ne dit pas tout de suite son nom, en 1720. Et une fois encore Marseille nous réserve des surprises loin des clichés...

"La peste de Marseille en 1720 est la dernière à avoir frappé l’Europe occidentale, rappelle l'historien. Dans le récit traditionnel, donc eurocentrique, de l’histoire de la maladie, la deuxième pandémie de peste commence en 1347 et s’achève en 1722 — la troisième pandémie ne concernera par l’Europe, sinon comme événement de connaissance, puisqu’elle permet à la science européenne de comprendre après coup ce qui l’affecté dans le passé. Dans l’historiographique, et particulièrement dans l’historiographie de langue française, l’événement de 1720 est donc le point de répulsion à partir duquel se ressaisit, par une boucle de rétroaction, l’ensemble d’une chronologie". 

Mais pour l’heure, Patrick Boucheron interroge, comme il l’explique "la constitution des savoirs historiens sur les épidémies de peste dans les années 1975-1985". Il s’interroge sur son lien avec "une certaine hantise contemporaine, ramenant le théâtre de la contagion aux structures narratives d’un récit épidémique". 

En ouverture du cours du jour, Patrick Boucheron rappelle :

"Le 9 juillet 1983, on donnait dans la cour d’honneur la première représentation de « Dernières nouvelles de la Peste ». Les spectateurs du festival d’Avignon y étaient accueillis par un programme où le metteur en scène, Jean-Pierre Vincent, avait écrit : « dans ce palais, il y a eu la peste et la papauté, ensemble, en 1348 »."

Alors par quoi sommes-nous hantés ?

Dernières nouvelles de la peste, texte de Bernard Chartreux / photographies de Brigitte Enguérand
Dernières nouvelles de la peste, texte de Bernard Chartreux / photographies de Brigitte Enguérand Crédits : Bernard Chartreux / photographies de Brigitte Enguérand / BNF/Gallica

Nous gagnons le Collège de France le 12 janvier 2021, pour le cours de Patrick Boucheron, aujourd’hui, « Des nouvelles de la peste ».

Intervenants
  • Historien, professeur au Collège de France, titulaire de la Chaire d’histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe-XVIe siècle)
L'équipe
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