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 Caverne de Liang Bua où les restes de l'Homme de Flores (Homo floresiensis), surnommé le « hobbit », ont été découverts en 2003 en Indonésie.
Épisode 3 :

Jean-Jacques Hublin : Les plus anciens peuplements de l’Eurasie

59 min
À retrouver dans l'émission

Qui est sorti d'Afrique en premier ? Serait-ce une forme plus primitive qu’Homo Erectus ? Que nous apprennent les restes paléontologiques et l’archéologie des phénomènes de dispersion humaine ?

 Caverne de Liang Bua où les restes de l'Homme de Flores (Homo floresiensis), surnommé le « hobbit », ont été découverts en 2003 en Indonésie.
Caverne de Liang Bua où les restes de l'Homme de Flores (Homo floresiensis), surnommé le « hobbit », ont été découverts en 2003 en Indonésie. Crédits : Rosino via Wikimedia Commons

Pourquoi « aucun des sites eurasiens de découvertes du Pléistocène inférieur ne se situe au-delà de 40° de latitude nord ? ». Que sait-on de « l’extraordinaire » fossile surnommé le « hobbit », pour sa petite taille en Indonésie ?

Jean-Jacques Hublin, professeur invité au Collège de France depuis 2014, titulaire de la chaire de paléoanthropologie et directeur du département d'Évolution humaine à l'Institut d'anthropologie évolutive Max Planck de Leipzig en Allemagne nous entraîne aujourd’hui en Chine du Nord, dans l’île de Java et en Europe.

Dans sa présentation, il indique :

Pendant une longue période de temps suivant la première sortie d’Afrique, c'est avant tout les industries lithiques, bien plus que les restes humains, qui permettent de jalonner la colonisation de l'Eurasie. Les premières traces de l'homme hors d'Afrique bien datées et qui ne prêtent guère à discussion remontent à environ 1,85 million d'années. Les premiers vestiges eurasiens sont représentés par les outillages lithiques oldowayens du gisement de Dmanisi, en Géorgie.

En 2014, dans une interview donnée au journal, Le Monde, Jean-Jacques Hublin soulignait :

« il y a eu ces dernières années un énorme effort de recherche sur le terrain et une explosion des découvertes de fossiles » tandis que « de nouvelles technologies ont permis d’améliorer considérablement leur étude anatomique, en particulier les techniques d’imagerie et la réalité virtuelle ».

Il déplorait cependant :

Il faut bien comprendre que les fossiles humains sont souvent des reliques intouchables. Une fois découverts, ils sont mis au musée et considérés comme des trésors nationaux, ce qui parfois réduit considérablement les possibilités d’accès par les spécialistes.

Pour résoudre cette difficulté, il explique :

Notre idée a été de créer des avatars numériques de ces fossiles qu’il serait possible d’analyser sans faire courir de risque aux originaux. En 2004, nous avons fait l’acquisition de deux scanners à rayons X de haute précision, que nous avons envoyés en Afrique du Sud, au Kenya, au Maroc, en Croatie, etc., pour produire de tels avatars. L’accès ainsi facilité aux fossiles a permis à un grand nombre de travaux d’être conduits. Ces avatars autorisent des possibilités infinies de démontage, de correction de déformation, de reconstruction de parties manquantes, et surtout d’étude des structures internes.

Si l’anthropologue, spécialiste de l’évolution humaine, peut rappeler le caractère lacunaire, biaisé, incertain des matériaux, des découvertes, il montre en même temps comment l’approche interdisciplinaire et la révolution technologique, des travaux sur le génome au dosage de certains éléments, comme le strontium, qui permet pour sa part de tracer les déplacements des sujets tout au long de leur vie, peuvent ouvrir bien des perspectives...

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours de Jean-Jacques Hublin, intitulé : " Les plus anciens peuplements de l'Eurasie", le 4 novembre 2014.

Intervenants
  • Paléoanthropologue, professeur au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig, titulaire de la chaire Paléoanthropologie au Collège de France.
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