LE DIRECT
Cérémonie de sortie des MBA, HEC Paris, France, 12 juin 2015
Épisode 10 :

Le modèle des grandes écoles de commerce

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment les grandes écoles de commerce peuvent-elles être une combinaison du modèle français & du modèle américain? Que produisent-elles? Pourquoi ont-elles une position d'écoles leaders? Pourquoi leur internationalisation est-elle "un des leviers de leurs stratégies de différenciation compétitive"?

Cérémonie de sortie des MBA, HEC Paris, France, 12 juin 2015
Cérémonie de sortie des MBA, HEC Paris, France, 12 juin 2015 Crédits : Jebulon / wikicommons

Mêlant grandes enquêtes et données originales, - issues de son équipe du Collège de France, Pierre-Michel Menger, titulaire de la chaire de Sociologie du travail créateur et directeur d'études à l'EHESS, nous propose "une étude de cas" autour des "business schools" françaises : il en tire un certain nombre d'enseignements liés, à leur internationalisation, à la rémunération, l'autonomie, la compétition, la technologie éducative...

Revenant sur la création des Ecoles de Commerce entre 1819 et 1907, de l'ESCP à l'Essec en passant par HEC en 1881, il rappelle ensuite que la coopération des ESC avec les Etats-Unis a débuté entre 1945-57, instaurant le stage obligatoire à l'étranger, avant la création du programme MBA à HEC en 1969 (le MBA étant la référence internationale américaine des business schools), ont suivi la création de campus à l'étranger en 1973 et la création de collaborations, de doubles diplômes internationaux...

Dans une interview récente donnée au magazine, L’Etudiant, Pierre-Michel Menger rappelle :

"Dès les années 1960, HEC a commencé à observer l'évolution des business schools américaines, qui adoptaient un modèle plus scientifique et académique que professionnel : "académisation" du personnel, création de formations doctorales, importance accordée à la recherche et aux publications dans des revues académiques... Les deux écoles françaises leaders (HEC, Essec) ont été les premières à se caler sur ces évolutions."

Il explique encore :

"La différence avec le système américain est dans la technologie de sélection des étudiants, fondée en France sur les classes préparatoires, puis sur les concours d'admission qui opèrent le matching entre la réputation des écoles et la valeur des étudiants. Elle est aussi dans les mécanismes de gouvernance et de financement."

Enfin mettant en évidence, leur réels atouts qu’elles savent faire fructifier, il note que :

"L'histoire a permis l'accumulation d'un capital social par ces écoles. elles dominent le marché lucratif de la formation continue, et elles sont plus offensives pour lever des fonds pour les fondations qu'elles ont créées et qui leur procurent une autonomie accrue. Et elles maintiennent la sélectivité de leur recrutement, pour garantir la valeur de leur marque."

Avec ce cas d’école des business schools s’achève ce matin, son exploration du dualisme universités - grandes écoles, cette modalité française de stratification.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours de Pierre-Michel Menger, « La production du savoir. Carrières, disciplines et organisations » le 26 février 2016.

Pour prolonger

Intervenants
  • sociologue, titulaire de la chaire Sociologie du travail créateur au Collège de France
L'équipe
Réalisation
Coordination

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......