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Photo de classe au lycée Henri IV (Paris, 5e arrond.). Vers 1914, le professeur àla table est le philosophe Alain. Photographe inconnu.
Épisode 9 :

Quel contrat entre l’enseignant et les élèves des filières sélectives ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Que savons-nous des professeurs des classes préparatoires aux grandes écoles, des professeurs de chaire supérieure? Quel rôle joue cette spécialisation intensive dans le rôle d’enseignant, sans activité publique de recherche? Comment sont-ils promus? Comment s’impliquent les étudiants de ces cursus?

Photo de classe au lycée Henri IV (Paris, 5e arrond.). Vers 1914, le professeur àla table est le philosophe Alain. Photographe inconnu.
Photo de classe au lycée Henri IV (Paris, 5e arrond.). Vers 1914, le professeur àla table est le philosophe Alain. Photographe inconnu. Crédits : Association des anciens élèves - Photos de classe

Ces professeurs, souvent "maîtres de sagesse", anciens khâgneux ou taupins, "ne cessent-ils jamais de passer le concours" avec leurs étudiants comme a pu le souligner impitoyablement Pierre Bourdieu dans La Noblesse d’Etat : grandes écoles et esprit de corps ? Quel pacte, quel contrat se noue entre l’enseignant et les élèves des filières sélectives ? Quelle est la demande d’encadrement, d’intensité d’effort, de suivi, de technologies éducatives particulières ? Quel est le mécanisme qui crée l'écart entre filières sélectives, comme les classes préparatoires, les IUT et les non sélectives, comme les universités ? Quand retrouve-t-on un mécanisme de sélection endogène dans le cursus universitaire ?

Pourquoi les filières littéraires dans la structure des motivations paraissent-elles comme un cas paradoxal? Qu'advient-il du contrat d'effort des élèves si la garantie de réussite au concours est affaiblie? Pourquoi parle-t-on d’ "une loyauté à l'égard de cet enseignement" ? Pourquoi les banques communes d’épreuves ?

Pierre-Michel Menger, spécialiste du monde du travail, directeur d’études à l’EHESS et titulaire de la chaire, sociologie du travail créateur au Collège de France joue de différentes enquêtes et focales pour analyser le système et les finalités du "teaching only ", cette spécialisation dans l’enseignement seul, au niveau du supérieur, qui apparaît comme étant le parfait miroir de la spécialisation en recherche seule.

Quelle est l’implication et la performance dans l’activité d’enseignement des Professeurs de chaire supérieure ? A cet encadrement poussé répond l’implication de leurs étudiants. Le sociologue en montre les ressorts et rappelle comment Pierre Bourdieu a pu souligner justement l'intensité d'effort dans les classes préparatoires aux grandes écoles. Pierre-Michel Menger le cite longuement, en voici déjà un extrait éclairant :

L'effet le plus caractéristique de l'encadrement total des classes préparatoires consiste dans le fait qu'elles parviennent à obtenir de la quasi-totalité des élèves la productivité maximum : c’est ainsi que les trois quarts des élèves de taupe s'imposent régulièrement des exercices supplémentaires (à raison de cinq heures au moins par semaine pour un cinquième d'entre eux), discipline à peu près inconnue des étudiants en sciences (6 % déclarent faire souvent – et 43,5 % occasionnellement, des travaux en dehors de ceux qui leur sont proposés par les enseignants".

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours de Pierre-Michel Menger, intitulé « La production du savoir. Carrières, disciplines et organisations » le 19 février 2016.

Intervenants
  • sociologue, titulaire de la chaire Sociologie du travail créateur au Collège de France
L'équipe
Réalisation
Coordination
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