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Les fouilles du site archéologique d'Ur en 1931, faite par l'expédition conjointe du British Museum et du musée de l'Université de Pennsylvanie, en Mésopotamie.
Épisode 8 :

Le quartier AH et la vie économique d'Ur

59 min
À retrouver dans l'émission

Quelle est l’histoire des fouilles du grand quartier sud-Est d’Ur ? Que pourrait avoir en commun la ville d’Ur en Mésopotamie antique et la ville de Bath en Grande-Bretagne ? Que pouvons-nous savoir de l’architecture des maisons dans la ville d’Ur ? S’interroge l’assyriologue Dominique Charpin.

Les fouilles du site archéologique d'Ur en 1931, faite par l'expédition conjointe du British Museum et du musée de l'Université de Pennsylvanie, en Mésopotamie.
Les fouilles du site archéologique d'Ur en 1931, faite par l'expédition conjointe du British Museum et du musée de l'Université de Pennsylvanie, en Mésopotamie. Crédits : Wikicommons

Que pouvons-nous connaître du commerce à longue distance au temps du règne de Rim Sin (entre 1822 et 1763 avant J.-C.) ? 

L’épigraphiste Dominique Charpin, qui a une formation d’archéologie et de philologie, titulaire de la chaire « Civilisation mésopotamienne », nous entraine en Irak dans le cadre de la série de cours qu’il consacre à « La ville d'Ur à l'époque paléo-babylonienne », entre recherches de terrain et analyse de textes.

Dans sa leçon inaugurale, intitulée "Comment peut-on être Assyriologue", Dominique Charpin explique  : 

Cent soixante-dix ans de fouilles au Proche-Orient ont livré des centaines de milliers de textes. Ces écrits sont le plus souvent gravés dans l’argile sur des tablettes . Ces tablettes, souligne-t-il, ne nous sont pas parvenues, nous sommes allés les extraire (des tells – des sites en forme de monticules). 

On ne devrait pas non plus parler du « hasard des fouilles », car le fait que l’échantillon est biaisé n’est pas dû au hasard : c’est fonction des régions auxquelles les archéologues se sont intéressés, c’est dû au choix des quartiers qu’ils ont décidé de fouiller, privilégiant le plus souvent les grands sites et les grands bâtiments, où de fait on a le plus de chance de faire de « belles découvertes ». 

Les fouilles de sauvetage, souvent liées à la construction d’un barrage, ont plus d’une fois permis l’affluence de renseignements nouveaux sur des zones jusqu’alors peu connues. Des changements juridiques ont également joué un rôle dans l’histoire des découvertes : la loi des antiquités de 1933 en Irak, mettant fin au partage des objets jusqu’alors pratiqué, a entraîné l’arrêt des fouilles d’Ur ou la longue suspension de celles de Larsa, qui venaient à peine de commencer. 

Cette question des conditions des fouilles revient dans le cours d’aujourd’hui.

Dominique Charpin nous propose une exploration du quartier le plus vaste, au Sud-est d’Ur, le quartier AH pour les archéologues. Sa visite se déploie entre les apports des fouilles de l’Anglais Woolley dans l’entre-deux-guerres sous mandat anglais en Irak au XXe siècle, et celles plus récentes de l’Américaine Elizabeth Stone, en 2017 et les questions ouvertes sur le passé paléo-babylonien de la puissante cité mésopotamienne. 

Nous découvrons un plan labyrinthique dont les noms de rue émergent en anglais… Ainsi le célèbre Ea-Natsir qui faisait du commerce avec Tilmun, entendez l’île de Bahreïn en langage contemporain, habite-t-il au numéro 1 Old Street, et Apil-Kittim, responsable des troupeaux du temple du temps de Rim-Sin, au n°2 Church-lane.  

Tombe encore intacte dans une maison déjà fouillée par Woolley (mars 2017)
Tombe encore intacte dans une maison déjà fouillée par Woolley (mars 2017) Crédits : E. Stone/P. Zimansky / Collège de France

Les maisons qui ont été fouillées ont révélé des archives  « importantes pour étudier la vie économique d’Ur, notamment celle du marchand Ea-naṣir ». L’épigraphiste s’attache donc aux lettres et contrats au temps de Rim-Sin. Que nous révèlent-elles du commerce à longue distance ?

Mais avant de porter le regard sur ces activités économiques, partons à la découverte du quartier AH et aux questions qu’il pose.

Quel est le rôle de l’ethnoarchéologie ? Comment a-t-on découvert que les maisons étaient construites avec des caveaux funéraires pour la famille ? Que faisait-on des maisons avec les ancêtres enterrés dans ces caveaux si les propriétaires étaient amenés à vendre leur bien ? 

Deux escaliers dans la maison d'Abisum (fouilles avril 2017)
Deux escaliers dans la maison d'Abisum (fouilles avril 2017) Crédits : Dominique Charpin/Collège de France

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 13 juin 2018,  pour le cours de Dominique Charpin, intitulé La ville d'Ur à l'époque paléo-babylonienne, aujourd’hui « Le quartier AH et la vie économique d'Ur"

Bibliographie

La vie méconnue des temples mésopotamiens

La vie méconnue des temples mésopotamiensLes Belles Lettres / Le Collège de France , 2017

Intervenants
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