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Grotte de Lascaux (Aquitaine), peinture rupestre du Paléolithique supérieur avec scène de chasse
Épisode 5 :

Adaptation biologique à la prédation et cohabitation des hominines avec les carnivores

59 min
À retrouver dans l'émission

Quels sont les changements anatomiques, les renforcements mécaniques qui donnent à l’homme ses capacités à la course d’endurance et à la chasse, qui distinguent Homo erectus des autres formes d’hominines plus anciennes? Demande le paléo-anthropologue Jean-Jacques Hublin.

Grotte de Lascaux (Aquitaine), peinture rupestre du Paléolithique supérieur avec scène de chasse
Grotte de Lascaux (Aquitaine), peinture rupestre du Paléolithique supérieur avec scène de chasse Crédits : DEA / C. SAPPA / De Agostini - Getty

Quel est le rôle de la transpiration et de l’expansion de la circulation veineuse dans le crâne? Pourquoi nos ancêtres préhistoriques recherchaient-ils la viande grasse, les os à moelle? En devenant chasseurs de proies et de charognes, comment sont-ils entrés en interaction avec les autres carnivores et ont-il pu co-évoluer avec les grands félins, les hyènes ou les canidés?

Jean-Jacques Hublin, professeur à l'Institut Max Planck d'Anthropologie Evolutionnaire (à Leipzig), en Allemagne, professeur invité, titulaire de la chaire internationale de paléoanthropologie au Collège de France, nous entraîne dans une grande exploration de la prédation chez les hominines, dans sa série intitulée, « l’homme prédateur ».

Dans le cours précédent, le paléo-anthropologue a ouvert le dossier de « l'Adaptation biologique à la prédation », en analysant nos « capacités extraordinaires » pour « la course d’endurance dans des terrains découverts et par forte chaleur ». Il a présenté les changements anatomiques qui ont permis des foulées plus longues, les systèmes de stabilisation, le rôle du labyrinthe membraneux dans l’oreille interne… Cette analyse anatomique et biologique, se poursuit aujourd’hui, tout en soulignant à partir des cas présentés, les adaptions culturelles et techniques.

Dans le récent ouvrage collectif, intitulé «  Une histoire des civilisations. Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances » (éditions la Découverte/INRAP), Jean-Jacques Hublin revient sur l’apparition de "l’espèce Homo erectus", qui marque un tournant dans l’évolution et qui "représente très vraisemblablement notre ancêtre direct, sa première occurrence remontant à 1,87 million d’années". 

Dans ce livre, le paléo-anthropologue présente en particulier 

« Le squelette presque complet de l’individu de Nariokotome, spécimen très spectaculaire, découvert en 1984 sur la rive ouest du lac Turkana. Il est daté entre 1,6 et 1,5 million d’années ».

« Sa description a révélé l’importance des changements évolutifs chez les formes anciennes du genre Homo. Par ses proportions et sa taille, cet individu se rapproche d’Homo sapiens et se distingue clairement des Australopithèques et sans doute aussi des premières formes du genre Homo. Il possède de longues jambes, un bassin moins évasé que celui des Australopithèques et un tronc avec une taille marquée ». 

Jean-Jacques Hublin note encore - et nous en découvrirons le détail aujourd’hui, que : 

« Les nombreuses empreintes de pas laissées par des groupes d’Homo erectus qui ont arpenté les berges des lacs est-africains sont celles de marcheurs qui ont un appui du pied très semblable à celui des hommes d’aujourd’hui. Le crâne présente le fort bourrelet sus-orbitaire et une boîte crânienne basse et allongée, mais sa face avec un nez saillant est bien différente de celle des Australopithèques. On pense aussi que ces hommes possédaient une peau dénudée et riche en glandes sudoripares. » Il en conclut qu’ « une bonne partie de ces caractéristiques est à mettre en relation avec une adaptation nouvelle : la capacité à la course d’endurance, qui a permis à Homo erectus de développer sa capacité de prédation »

Et nous gagnons le Collège de France, le 13 novembre 2018 pour le cours de Jean-Jacques Hublin, l'Adaptation biologique à la prédation (partie 2) et la cohabitation des hominines avec les carnivores.

Pour prolonger : 

Sa leçon inaugurale a été publiée chez Fayard en 2017 sous le titre, 

Biologie de la culture : paléoanthropologie du genre Homo

Plus récemment, il a contribué à « Une histoire des civilisations. Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances », sous la direction de Jean-Paul Demoule, Dominique Garcia et Alain Schnapp, aux éditions La Découverte/Inrap.

Couverture de l'ouvrage collectif, Une Histoire des civilisations
Couverture de l'ouvrage collectif, Une Histoire des civilisations Crédits : La Découverte/INRAP
Intervenants
  • Paléoanthropologue, professeur au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig, titulaire de la chaire Paléoanthropologie au Collège de France.
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