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Mossoul le 8 juillet 2017. Libération encore partielle de la ville par les troupes irakiennes.

L’Après Etat islamique, reconstruction ou non de l’Etat en Syrie et en Irak

59 min
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Quelle peut être la reconstruction, entre résilience et désintégration, de l'Irak et de la Syrie? S’interroge Eberhard Kienle, directeur de recherche au Centre de Recherche Internationale. Ces deux pays ont connu des régimes très autoritaires et brutaux, subi des guerres sanguinaires, impitoyables.

Mossoul le 8 juillet 2017. Libération encore partielle de la ville par les troupes irakiennes.
Mossoul le 8 juillet 2017. Libération encore partielle de la ville par les troupes irakiennes. Crédits : Ahmad Al-Rubaye - AFP

Qu’est-ce que l’Etat islamique ? Comment l’émergence de l’Etat islamique s’inscrit-elle dans un cadre de clivages internes et anciens dans les Etats irakiens et syriens ? 

C’est une nouvelle interrogation de la culture politique arabe, que nous vous proposons aujourd’hui, après les conférences de Jean-Pierre Filiu, de Matthieu Rey et d’Hamid  Boszarslan, dans le cadre du séminaire, "Les crises d'Orient",  d’Henry Laurens, titulaire de la chaire, Histoire contemporaine du monde arabe

Aujourd’hui, la parole est donnée à Eberhard Kienle, spécialiste d’économie politique, directeur de recherche au CERI à Sciences-Po, un « chercheur européen », dont Henry Laurens rappelle le riche parcours international en ouverture de son exposé.

La conférence intitulée « De la défaite de l’Etat islamique à la résurrection de l’Etat, la Syrie et l’Irak entre désintégration et résilience » a été donnée au Collège de France le 20 décembre 2017.

Quelques jours avant cet exposé, Paula Boyer  rappelait dans le journal _La Croix_, dans son article, Daech n'a pas fini de nuire (11.12.2017) que malgré la victoire militaire contre l'Etat Islamique annoncée en Syrie et en Irak, les djihadistes restaient présents dans ces deux pays. 

Certes, écrivait-elle,

Le « califat » autoproclamé en 2014, à l'issue d'une offensive éclair, sur un territoire aussi vaste que l'Italie, à cheval sur la Syrie et l'Irak, avec ses deux capitales, Mossoul l'irakienne et Rakka la syrienne, est en lambeaux. 

En Irak, le groupe djihadiste a subi une défaite militaire (…). Cependant, il a encore des cellules dans des villes irakiennes, comme l'ont montré de récents attentats, tandis que l’Etat islamique reste une menace en Syrie, tenant encore quelques poches de territoire.

Un an après, dans Le Figaro, du 8 janvier 2019, le grand reporter, Georges Malbrunot, dans son article "Privé de sanctuaire, l'État islamique reste menaçant", note :

En Syrie et en Irak, les djihadistes ne contrôlent plus qu'une poignée de villages, mais leur capacité de nuisance demeure. 

En Irak, vaincu militairement, l'Etat Islamique (…) après s'être dispersé à travers le pays, continue de lancer des opérations de guérilla. Même très affaibli l’État islamique garde dans ce pays une réelle capacité de nuisance, qui empêche un retour à une stabilisation complète de la situation, laquelle pèse sur le retour des investisseurs étrangers dans l’Irak post-Daech.

Dans un stimulant essai, intitulé L’Affolement du monde (Tallandier), publié en ce début 2019, Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des relations internationales, note pour sa part que :

L’effondrement de Daech en tant que proto-Etat ne signifie pas son anéantissement, dans la mesure où son idéologie et ses méthodes se sont répandues dans le monde entier. Le régime de Damas n’a pas encore retrouvé sa complète souveraineté territoriale. Toute transition politique et toute amorce de reconstruction se heurtent à la question du sort du clan Assad. 

L’historien rappelle :

La région se caractérise aujourd’hui par le recours à une violence extrême, utilisée par des états pour maintenir des institutions ne répondant ni à la composition ni aux aspirations de leurs sociétés ou, au contraire, par des groupes désireux de créer des nouveaux états et de redessiner les frontières. 

D’un côté, la Syrie ou l’Irak qui se maintiennent. De l’autre, les kurdes qui entendent toujours pouvoir fonder un État-nation et évidemment Daech, qui a tenté d’imposer son califat sur deux pays et de porter le djihad en Europe. 

C'est ce cadre complexe que nous retrouvons pour la conférence d'Eberhard Kienle, suivie d'un extrait de l'échange du chercheur avec l'historien Henry Laurens.

Alors, quelle pourrait être l’évolution des Etats syriens et irakiens après la défaite de Daech ? 

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 20 décembre 2017.

Pour prolonger :

Eberhard Kienle (Centre de recherches internationales) a donné une interview pour le site de Scienecs -Po : "Les multiples trajectoires des printemps arabes" (30.07.2018-07-30).

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