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Pompéi : Objets romains en verre /Paysage agricole et Vésuve/outils
Épisode 4 :

Pompéi : panorama de l’artisanat

59 min
À retrouver dans l'émission

Y avait-il une industrie du verre à Pompéi? Que pouvons-nous savoir des vanniers, des fouleries dans la cité campanienne? Quelle était l’importance de l’artisanat lié au cuir? Où étaient installés les parfumeurs? En sait-on plus sur les ateliers des peintres que sur les maçons mobiles et invisibles?

Pompéi : Objets romains en verre /Paysage agricole et Vésuve/outils
Pompéi : Objets romains en verre /Paysage agricole et Vésuve/outils Crédits : Wikikommons/Claus Ableiter/Lordwigg

Jean-Pierre Brun, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Techniques et économies de la Méditerranée antique » nous propose un état des lieux des découvertes et des connaissances autour de l’artisanat à Pompéi. Depuis le cours précédant et jusqu’à demain, il nous propose un tour d’horizon des métiers et des hypothèses que l’on peut tirer des sources archéologiques, des peintures, des contenants, des déchets absents ou très présents, pour évaluer l’essor économique de la cité et de ses industries et la vie quotidienne des travailleurs.

Dans une interview donnée à La Vie des Idée, Jean-Pierre Brun rappelle l’évolution considérable de sa discipline :

"Les archéologues du XIXe s’intéressaient principalement aux œuvres d’art et éventuellement aux batailles, parce que c’était une grande époque de batailles. On fouillait donc des forteresses, des temples et des champs de bataille éventuellement. Nous nous sommes intéressés au cours du XXe siècle a quelque chose qui devenait prépondérant dans notre vie, c’est-à-dire la vie économique. On a donc développé des techniques pour essayer de reconstituer l’évolution économique de l’antiquité en étudiant les amphores (qui servaient à transporter du vin, de l’huile ou des conserves de poisson)."

Dans sa leçon inaugurale donnée au Collège de France en 2012, il marque son attachement à

"l’étude de l’archéologie de la production, secteur fondamental", selon ses mots, car "il embrasse l’infrastructure de la société et restitue les vestiges laissés par les gens du peuple qui n’ont ni le pouvoir, ni la culture pour fournir des témoignages écrits. Il s’agit donc de compenser un biais permanent de l’histoire en faveur des dominants et des franges marginales de l’activité économique, tel le commerce de biens de luxe, éclatant et bruyant. Il faut donc s’efforcer de contrebalancer le poids des couches supérieures de la société par l’étude des masses rurales et urbaines dans leur fonction de production".

Il rappelle encore que

"La croissance, dans l’Antiquité comme aujourd’hui, est le fruit d’une évolution profonde de la population, de son bien-être et de son éducation qu’on peut entrevoir au travers de l’habitat, des lieux et des formes du travail, de l’alimentation et de l’état sanitaire."

Enfin, dans une interview récente, notant encore l’évolution des questions posées au passé, il souligne notre intérêt pour les « crises » et comment ce questionnement peut influencer les fouilles. Du coup, des périodes tardives qui étaient négligées sont minutieusement étudiées et « nous essayons de voir comment les populations se sont adaptées aux changements », nous dit-il.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 18 octobre 2016, pour le cours de Jean-Pierre Brun, Le développement urbain de Pompéi de la fin du VIIe s au IIIe av JC : panorama de l’artisanat

Intervenants
  • Archéologue, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Techniques et économies de la Méditerranée antique.
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