LE DIRECT
Lokaksema, moine bouddhiste Yuezhi / manuscrit sutra section 42
Épisode 5 :

Le dire et l’écrire : les différences entre la Chine et l’Inde

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment à partir de l’Inde s’est diffusé le bouddhisme en Chine ancienne? Quelles sont les différences contrastées entre l’Inde et la Chine dans la transmission des textes sacrés et le rapport à l’écrit et l’oral ? Demande la sinologue Anne Cheng.

Lokaksema, moine bouddhiste Yuezhi / manuscrit sutra section 42
Lokaksema, moine bouddhiste Yuezhi / manuscrit sutra section 42 Crédits : Wikicommons

Comment la Chine des Han, en tant qu'empire très centralisé et fier de sa civilisation, a-t-elle pu accepter de se décentrer vers l’Inde et de s’ouvrir à une autre culture, une autre langue, totalement différentes, pour s’initier au bouddhisme aux premiers siècles de notre ère? 

Nous poursuivons, cette semaine, le 4e cycle de la série pluriannuelle, intitulée,"Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Inde, Japon", série initiée en 2015-2016, par Anne Cheng, titulaire de la chaire «Histoire intellectuelle de la Chine». Selon la formule de la sinologue, nous voici lancés dans une grande « enquête », où il s’agit de « décentrer la Chine » et de « regarder au-delà de son poids géopolitique ». Elle nous propose de questionner les empires anciens Chinois sur la longue durée (de l'Antiquité à aujourd'hui) et un « espace circulatoire large » où s’esquissent les interactions avec le grand voisin indien et bouddhiste, comme nous l’avons vu la semaine passée, mais aussi le Japon (à partir du prochain cycle, l'an prochain). Il s’agit de « d’interroger », nous dit-elle, la "prétention chinoise à l’universalité ».

Ce 4e cycle s’attache à la diffusion du bouddhisme en Chine sous les Han, dès les premiers siècles de notre ère et se concentre sur la relation Chine-Inde.

Si le cours précédent nous a présenté, les moines traducteurs étrangers installés longuement en Chine, aujourd’hui, nous découvrons ceux qui sont partis en Inde, tel le célèbre Faxian pour un voyage périlleux, en quête de textes sacrés, dans une Inde où l’écrit est tenu en suspicion,  jugé "mortifère", comme va nous expliquer Anne Cheng. En fait l’Inde valorise la transmission orale, le sage, dont l’immense savoir est contenu dans sa mémoire et qui est pénétré par "l’océan de paroles",  alors que la tâche du scribe est jugée "basse".

Anne Cheng cite de nombreux travaux dans son cours, dont ceux de Charles Malamoud et elle  rend hommage à Gérard Fussman, titulaire de la chaire, Histoire du monde indien au Collège de France. Celui-ci écrit à propos de son cours sur la progression du bouddhisme dans l’Inde du Nord Ouest

"Nous ne disposons pas pour l'Inde d'une documentation comparable à celle qui a permis à Monsieur Drège d'étudier le fonctionnement des bibliothèques chinoises, c'est-à-dire de savoir qui les a crées et pour quel public. L'absence même de documentation est l'indice d'une spécificité du bouddhisme indien et plus généralement de la culture indienne. Alors qu'en Chine, en Grèce ancienne, à Rome, en Inde musulmane, souverains et particuliers étaient fiers de posséder des collections de livres, de construire des bâtiments pour les abriter et parfois d’en permettre l'accès à un public plus ou moins restreint, rien n’indique que les particuliers indien eu le même soucis."

Alors comment nos moines chinois en quête de textes sacrés indiens écrits se sont-ils trouvés fort dépourvus, arrivés en Inde ? 

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 20 décembre 2018 pour le cours d’Anne Cheng , aujourd’hui  "Le dire et l’écrire : les différences entre la Chine et l’Inde".

Intervenants
  • Sinologue, titulaire de la chaire « Histoire intellectuelle de la Chine » au Collège de France.
L'équipe
Coordination
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......