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 Portrait du Sultan Selim III par Konstantin Kapidagli (palais de Topkapi)
Épisode 5 :

Comment retrouver les voix des Ottomans?

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment au-delà de la voix de la bureaucratie et de ses "scribes" au style ampoulé et sans âme, retrouver les voix directes des Ottomans aux XVIII-XIXe siècle, dans les sources écrites ? N’y aurait-il que le sultan pour faire entendre ses sentiments, grâce à une expression très directe et vivante?

 Portrait du Sultan Selim III par Konstantin Kapidagli (palais de Topkapi)
Portrait du Sultan Selim III par Konstantin Kapidagli (palais de Topkapi) Crédits : Wikicommons/Konstantin Kapidagli

Comment mesurer l’impact des sources ? Demande l’historien turc Edhem Eldem. Comment gérer le problème des sources décontextualisées? Que pouvons-nous apprendre de la note de Selim III à son vizir, où il exprime sa satisfaction à la réception d’un portrait de Napoléon?

Grand spécialiste du monde ottoman, professeur à l’université du Bosphore, Edehm Eldem a été nommé, pour cinq ans, titulaire d’une nouvelle chaire Internationale du Collège de France, consacrée à l’histoire turque et ottomane, qu’il aborde selon deux axes majeurs : les processus de modernisation et les rapports avec l’Occident.

Le cours précédent a présenté un Empire ottoman traumatisé par la perte du joyau égyptien en 1798, devant se mobiliser et penser sa transformation face à une Europe conquérante qui affiche une modernité à la fois attirante et repoussante. 

La Sublime Porte s’est retrouvée  "à la merci d’alliances internationales pour assurer sa propre survie dans un environnement de plus en plus menaçant." souligne l’historien turc. 

En fin de cours, Edhem Eldem s’est attaché aux techniques et aux publications qui pouvaient introduire une modernité, tout en notant la superficialités de ces nouveautés, entre érudition, ignorance et tirage limité.  

"C’est une question qui nous force à nous interroger sur la représentativité et l’impact de ces innovations, écrit-il dans sa présentation. Des ouvrages ottomans traitent de l’Amérique depuis le début du seizième siècle ; mais ce savoir reste en surface, incapable de pénétrer les couches d’une population tenue à l’écart de cette production intellectuelle. D’où l’importance de ne pas se contenter d’examiner les documents (production) mais d’essayer d’en étudier la diffusion (distribution) et la réception (consommation). C’est là une des faiblesses majeures de l’histoire ottomane qui se limite souvent à prendre ces documents « au pied de la lettre », sans se soucier de l’ampleur ou même de l’absence d’une réception. Il en découle aussi une prédilection pour les textes « canoniques » auxquels on attribue plus d’importance sans même savoir s’ils étaient vraiment lus".

L’historien poursuit son analyse des rapports entre l’Etat Sublime et l’Europe, tout en nous introduisant à l’atelier de l’historien en quête d’une approche fine et solide.

Nous gagnons tout de suite l’amphithéâtre du Collège de France, les 26 janvier et 2 février 2018 pour le cours d’Edhem Eldem, "L’Empire ottoman et la Turquie face à l’Occident",, aujourd’hui "Comment retrouver les voix des Ottomans?"

Intervenants
  • professeur d'histoire à l'Université de Bogaziçi à Istanbul.
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