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Le sultan Mahmud II en costume traditionnel (à gauche) et moderne (à droite). 1837
Épisode 8 :

Images, symboles, réformes : vers les bases d’un Etat moderne ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Quels sont les signes d’une révolution par le haut dans l’Empire ottoman au tournant des années 1830 ? S’interroge l’historien Edhem Eldem. A-t-on affaire à une modernité un peu bancale ? Comment le sultan Mahmud II bouscule-t-il les codes ottomans, fait-il "étalage d’images" ?

Le sultan Mahmud II en costume traditionnel (à gauche) et moderne (à droite). 1837
Le sultan Mahmud II en costume traditionnel (à gauche) et moderne (à droite). 1837 Crédits : Henri Guillaume Schlesinger / illustrations extraites de "Tanzimat", Maarif 1940

Rediffusion du 16/10/2019

Edhem Eldem se partage entre Paris et Istanbul où il est professeur à l’université anglophone de Boğaziçi. Titulaire de la chaire internationale d'Histoire turque et ottomane au Collège de France, pour 5 ans, l’historien turc nous entraîne dans une grande série sur plusieurs années, intitulée, L’Empire ottoman et la Turquie face à l’Occident. Depuis la semaine passée, il s’attache à l’ère des reformes, entre 1820-1830.

Après le massacre des janissaires, ce corps d’élite de l’armée ottomane, après cette purge dans la société turque, Mahmud II s’est lancé dans une série de transformations qui ont militarisé Istanbul et l’Etat ottoman. 

C’est le Règlement de la nouvelle armée en juillet 1826, puis le Premier voyage en bateau à vapeur en 1827, la Réforme de l’uniforme et du costume en mars 1829, présentée dans le cours précédent, le développement des Médailles et des décorations,  en 1831 et enfin comme nous allons le découvrir aujourd’hui toute une politique de l’image autour de l’usage du portrait officiel du sultan, de la Première remise du portrait impérial en 1832 au Portrait accroché à la Sublime Porte en 1836… Tout un symbole. Ce sont aussi les tentatives pour échapper à la saisie, au système des confiscations. Cela posé, jusqu’où pénètre cet esprit réformateur dans l’Etat et  la société ottomane ?

Dans sa leçon inaugurale, Edhem Eldem rappelait le contexte dans lequel la nécessité de moderniser a pu prendre forme : 

"La rébellion grecque des années 1820, suivie de la crise égyptienne des années 1830, porta le coup de grâce à l'illusion du maintien des structures de l’empire, à l'aide de quelques réajustements et d'une simple réorientation de sa politique sur la scène internationale. Dans le cas grec, la manière dont un soulèvement avait acquis les proportions d'une guerre d'indépendance et, surtout, la capacité des puissances européennes et de leur opinion publique à peser sur le destin de l'empire et de ses territoires, amenèrent les élites ottomanes à prendre la mesure de leurs faiblesses face à des phénomènes d'une nature tout à fait nouvelle. De même la fulgurante montée en puissance de l'Égypte, au point de mettre en péril l'existence même de l'Empire, donnait à réfléchir sur la fragilité de l'édifice impérial face a une province vassale, dont la modernisation et l'intégration avec l'Europe semblaient la préparer à supplanter son état suzerain dans la reconfiguration politique de la région. S'il est vrai que ce danger fut écarté grâce a une intervention franco-britannique et que l'Égypte fut en fin de compte vouée à une destinée quasi coloniale, la course vers l'occidentalisation dans laquelle s'engagèrent Le Caire et Istanbul, pendant les décennies à venir reste un sujet qui mériterait une étude approfondie."

Alors à quelle sorte de modernité sommes-nous confronter à la fin du règne de Mahmud II ?

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, les  8 et 15 février 2019, pour le cours d’Edhem Eldem, aujourd’hui « Images, symboles, réformes : vers les bases d’un Etat moderne ? » 

Intervenants
  • professeur d'histoire à l'Université de Bogaziçi à Istanbul.
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