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Détail, fresque dite "L'Ordonnateur de sacrifice" du palais de Zimri-Lim, prince de Mari, vers -1780 : en tête, 1 personnage de grande taille, le  cortège et le taureau à sacrifier (Tell Hariri, Irak)
Épisode 3 :

La conclusion des alliances

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment les alliances étaient-elles conclues dans le Proche-Orient ancien ? Comment les termes en sont-ils discutés ? Quels sont les rites qui peuvent accompagner la prestation de serments ?

Détail, fresque dite "L'Ordonnateur de sacrifice" du palais de Zimri-Lim, prince de Mari, vers -1780 : en tête, 1 personnage de grande taille, le  cortège et le taureau à sacrifier (Tell Hariri, Irak)
Détail, fresque dite "L'Ordonnateur de sacrifice" du palais de Zimri-Lim, prince de Mari, vers -1780 : en tête, 1 personnage de grande taille, le cortège et le taureau à sacrifier (Tell Hariri, Irak) Crédits : Wikipedia / Louvre

Dominique Charpin, titulaire de la chaire Civilisation mésopotamienne, nous entraîne ce matin dans la première moitié du 2e millénaire avant notre ère pour nous présenter deux façons de s’engager dans cette diplomatie au travers de gestes symboliques :

"l'immolation d'un ânon", "hayaram qatâlum" et le toucher de la gorge "lipit napishtim"

Ces deux gestes renvoient à l’alliance en réunion, alliance de rencontre face à l’alliance à distance.

L’assyriologue ouvre son exposé avec l’un des plus beaux textes, selon lui : une lettre de Yasim-El, représentant de Zimri-Lim à Andarig, qui présente l’alliance entre le roi Atamrum d’Andarig et le roi Asqur Adda de Karana. L'extrait s'ouvre ainsi :

Avant de mettre à mort l'ânon, lors de leur discussion, Atamrum, en présence d'un Babylonien, d'un Eshnunnéen, d'un Turukkéen et des sept rois qui se tiennent devant lui, et devant toutes les troupes de renfort, a parlé sans détours en ces termes: "il n'y a pas d'autre roi que Zimri-Lim, notre père, notre frère aîné et celui qui nous ouvre la marche!" [...]

"Cette déclaration provoque un incident avec les autres rois qui assistent à la scène" explique Dominique Charpin. Nous suivons dès lors les différents échanges, les péripéties et les litiges jusqu'aux négociations entre les partis. Nous sommes face à une cérémonie de l’alliance, avec un engagement par des liens, l’immolation d’un animal et le geste des deux rois qui boivent dans la même coupe pour conclure une paix face à un ennemi commun.

Au travers d’autres exemples de prestations de serments accompagnés de rites précis au cours de cérémonies complexes pour sceller les alliances, l’épigraphiste présente la question des formulations, celle du sang, du « transport des dieux » et il termine avec le cas d'une alliance de rencontre annulée au dernier moment. Dominique Charpin met en garde contre la généralisation des pratiques à partir de cas spécialement bien décrits et contre la « sur-interpréation ». Cependant, remarque-t-il encore,

« on relève une différence essentielle entre les alliances conclues en réunion et celles conclues à distance. Dans les deux cas, des gestes symboliques accompagnaient la prestation du serment, dont les termes étaient au préalable soigneusement discutés. »

C’est bien toute une gamme de conduites qui apparaît avec une variante selon les occasions.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours de Dominique Charpin, Les alliances au Proche-Orient ancien, entre diplomatie et religion, ‘’La conclusion des alliances’’ le 18 mai 2016.

Pour prolonger :

ARCHILAB : base de données internationale qui présente les « Archives babyloniennes des XXe-XVIIIe siècles avant notre ère.

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